Une luxuriance certifiée biologique

Un coucher de soleil sur la plage de Tamarindo, appréciée des surfers.
Photo: Émilie Parent-Bouchard Un coucher de soleil sur la plage de Tamarindo, appréciée des surfers.
Mondialement reconnu pour sa biodiversité, le Costa Rica recèle plusieurs petits secrets encore bien gardés que les nombreux touristes aiment découvrir un à un, comme une chasse au trésor avec eux-mêmes. Le voyage sac au dos est donc tout indiqué pour prendre le temps d’apprécier les merveilles qu’offre la nature dans ce petit joyau de l’écotourisme en Amérique centrale.​
 

L’envie de prendre rendez-vous avec dame Nature, un peu de temps, l’appel du soleil et un bon vieux sac à dos : voilà réunis les ingrédients d’une escapade réussie dans la luxuriante et grouillante abondance du Costa Rica.

Reconnu pour sa biodiversité (plus de 4 % des plantes et animaux de la planète y seraient répertoriés, pour 0,03 % de la superficie terrestre), le Costa Rica accorde une importance de premier ordre à la préservation de l’environnement.

Cela est particulièrement vrai depuis que l’industrie du tourisme a supplanté l’exportation de denrées alimentaires (aujourd’hui centrée sur la culture des bananes et du café arabica) au sein de l’économie costaricaine, confie Max, le guide qui nous fera découvrir l’embrumé cratère du volcan Poàs et la plantation de café La Doka, à moins d’une heure de route dans les hauteurs surplombant San José.

La « Suisse d’Amérique centrale », ainsi surnommée pour son caractère historiquement pacifique — l’armée a été supprimée en 1948 et le président Óscar Arias Sánchez a reçu le prix Nobel de la paix en 1987 pour son rôle de médiateur dans les tentatives de pacification des pays voisins —, voit l’écotourisme comme un avantage comparatif qui lui permet de se distinguer des autres destinations soleil de la région.

Et elle agit en conséquence. Son réseau de parcs nationaux, réserves et autres refuges, qui couvre le quart du pays, est bien entretenu et sécuritaire, au grand plaisir de plus de deux millions de voyageurs qui le découvrent chaque année.

La situation géographique du Costa Rica, où se rencontrent la faune et la flore des deux Amériques, fait en sorte qu’il propose une variété surprenante de climats. Bordé à l’ouest par plus de 1200 kilomètres de côte du Pacifique, dont les surfeurs apprécient la puissance des vagues, à l’est par la côte des Caraïbes, plus décontractée et propice à la baignade, le pays offre ainsi l’embarras du choix.

Les infrastructures touristiques bien développées permettent, à condition de se lever tôt ou de payer le prix, de voir le soleil se lever sur l’océan Atlantique et de le voir se perdre dans l’océan Pacifique le soir venu.

Ceux qui aiment prendre leur temps couperont la poire en deux pour voir disparaître la grosse boule jaune dans le relief escarpé de l’une des quatre chaînes de montagnes qui traversent le pays du nord-ouest au sud-est et qui abritent plus de 100 volcans — dont cinq sont en activité et deux « endormis ».

Et pourquoi ne pas en profiter pour siroter un verre, tout en se prélassant dans une source d’eau thermale réchauffée par l’activité volcanique dans la zone du célèbre monstre Arenal, à quelques kilomètres de la coquette agglomération de La Fortuna ?

L’aventurier à la recherche de sensations fortes qui trimballe tente, allumettes hydrofuges et bottes d’ascension misera sur les attraits de la côte Pacifique, plus chaude, mais dont le développement touristique récent facilite le repérage des coins isolés. Il trouvera notamment son compte dans le parc national du Rincón de la Vieja, situé dans le Guanacaste, province agricole du nord-ouest du pays qui s’enorgueillit d’être à la fois la plus chaude et la moins populeuse.

Les volcanologues sont attentifs à son cratère fumeux qui menace surtout le flanc nord, pratiquement inhabité. Il est recommandé d’être accompagné d’un guide si l’on désire s’aventurer entre les geysers et les bassins de boue qui dégagent des vapeurs composées de soufre, de fer et de cuivre.

Les randonneurs aguerris apprécient également le parc Corcovado pour la nature dense et sauvage de ses huit habitats naturels différents et ses aires de camping.

L’entrée du parc est située à Puerto Jiménez, dans le sud-ouest du pays.

Quant au bobo un peu distrait qui cherche un endroit tranquille où lire un livre ou faire du yoga sur la plage tout en suivant une diète végétarienne, il optera pour la côte est, où les petits bouts de plage discrets abondent entre Puerto Viejo et Manzanillo — il suffit de quitter la route et d’emprunter l’un des petits sentiers qui s’ouvrent dans le couvert forestier tropical. La méditation et le zen semblent régner en rois dans ce coin du pays aux sonorités reggae. Il est possible d’y louer un vélo pour quelques dollars afin de trouver un endroit calme où se prélasser sous le soleil généreux des Caraïbes. Attention, tout de même, aux puissants courants de fond : plus de 200 noyades sont recensées chaque année dans le pays découvert par Christophe Colomb et dont le nom signifie « côte riche ».

Il est aussi utile de savoir que les réserves privées — qui sont de plus en plus nombreuses grâce à des incitatifs gouvernementaux favorables au reboisement des terres — sont généralement moins achalandées, car moins publicisées. Comme dans les parcs nationaux, il est souvent possible d’arpenter leurs sentiers seul ou en compagnie d’un guide, généralement bien renseigné sur les habitudes de la faune locale et les propriétés parfois inattendues de la flore.

Les observateurs d’oiseaux apprécieront pour leur part la réserve Curicancha, à proximité de Santa Elena Monteverde, où ils sont susceptibles de voir le quetzal resplendissant, une espèce emblématique de la civilisation maya menacée de disparition, en plus des colorés et minuscules colibris.

Et le dense couvert forestier du parc national Monteverde del bosque nuboso (de la forêt pluvieuse), l’un des plus fréquenté, satisfera ceux qui souhaitent simplement prendre un bol d’air frais et qui ne sont pas gênés par la présence d’autres touristes.

Arpenter le Costa Rica à pied permet de suivre le rythme de la nature et des « Ticos », décontractés et souriants, mais il est aussi possible de le faire à dos d’âne, en survolant la canopée en tyrolienne ou en dévalant une rivière en rafting. Les eaux blanches de la rivière Pacuare, dont les remous peuvent être assez violents à la fin de la saison des pluies, se manoeuvrent plus aisément pendant la saison sèche. Des agences touristiques offrent même de vous cueillir le matin au pied du volcan Arenal — apprécié des touristes pour sa forme conique quasi parfaite —, à San José, ou sur la côte caribéenne à Tortuguero, ou encore à Puerto Viejo, et de vous ramener à l’une ou l’autre de ces destinations après une ou deux journées de rame.

Les possibilités sont donc quasiment infinies dans ce petit pays qui s’est fixé comme objectif de devenir le premier du monde à afficher un bilan carbone neutre d’ici 2021. Les amants de la nature y trouvent leur compte, peu importe le budget, pour autant qu’ils acceptent de briser la cadence effrénée du quotidien pour vibrer au rythme ralenti de la nature.

En vrac

La locution ¡Pura vida ! (littéralement : « pure vie »), véritable liant social, résume parfaitement l’humeur décontractée et pacifique des Costaricains. Les « Ticos » l’emploient entre eux, tant pour les salutations ou pour exprimer leur appréciation qu’en guise de remerciement ou pour souhaiter bonne chance à quelqu’un.

Transports Les petits groupes de voyageurs ou les familles apprécieront la flexibilité qu’autorise la location d’une voiture, mais doivent savoir que la conduite peut parfois être assez sportive. En dehors des routes principales, ne pas sous-estimer la durée des déplacements : la distance fournie par les GPS peut être trompeuse, notamment en raison des dénivelés ou des zones pluvieuses — à proximité des montagnes, où se brisent les nuages chargés de l’humidité des côtes. Les couples ou les voyageurs solos peuvent, en fonction de leur budget, opter pour les minifourgonnettes climatisées qui font la liaison entre les principales villes, ou pour l’autobus public, plus lent et non climatisé, mais toujours à l’heure, où ils pourront côtoyer les « locaux ».

Des vols assurent une liaison directe depuis Montréal pendant la haute saison (décembre à avril) vers la capitale, San José, située au centre du pays, ce qui permet de joindre facilement toutes les destinations. Et vers Liberia, petite ville de la région agricole du Nord-Ouest (surnommée la «ville blanche») d’où sont facilement accessibles les vagues et le soleil de la côte Pacifique ou les cimes embrumées des parcs nationaux des volcans Arenal ou du Rincón de la Vieja. Voir avec Air Canada ou Sunwing.

La haute saison correspond à la saison sèche et la saison humide s’étend de mai à novembre. Les prix sont plus bas pendant cette dernière (exception faite de juillet et d’août) et la végétation plus verte. La température est agréable (25-30 °C) toute l’année. Elle est plus élevée sur les côtes qu’en altitude, où des vêtements plus chauds et un imperméable peuvent être utiles.

Périodes à éviter : les plages, les lieux d’hébergement et les parcs nationaux sont particulièrement chargés pendant les périodes qui correspondent aux vacances locales, qui coïncident avec le calendrier catholique. C’est-à-dire la semaine sainte (mars ou avril), les deux semaines de congé scolaire octroyées en juillet et qui s’étirent normalement jusqu’à la fête de la Vierge de Los Angeles, sainte patronne du Costa Rica, le 2 août, ainsi que la période de Noël. Les pluies sont particulièrement abondantes en septembre et octobre, ce qui peut bloquer les routes.

La monnaie est le colon costaricain. Un dollar canadien équivaut à un peu moins de 500 colones. Les prix sont affichés en dollars américains dans les lieux les plus fréquentés. Ils peuvent aussi être négociables, surtout si vous êtes discret et parlez espagnol.
2 commentaires
  • Zohra Joli - Inscrit 25 octobre 2014 09 h 11

    Complément


    Tout cela est vrai , et le pays est propre et l'eau potable.
    mais je mentionnerais aussi, pour y avoir été six fois ou plus, qu'à San José, la capitale, il y a beaucoup de voleurs professionnels, de porte-monnaie et d'autos. Soyez très prudents .Aussi, ni le sable , noir volcanique, ni la mer( agitée et/ou dangereuse ) ne sont beaux, n'y allez pas pour la plage.

    • Marie-Josée Henry - Abonnée 26 octobre 2014 12 h 14

      Nous ne sommes pas allés dans les mêmes régions vous et moi, j'ai adoré les plages et la mer.