L’hôtel de ville né dans les champs

La chambre supérieure Le Clos de l’hôtel La Ferme
Photo: Gary Lawrence La chambre supérieure Le Clos de l’hôtel La Ferme

Dès que l’on franchit l’immense porte de grange rouge de la façade et qu’on s’immisce dans le lobby, les yeux s’écarquillent d’eux-mêmes. Car « le plus urbain des hôtels de campagne » est non seulement une réussite de design, c’est aussi une rareté dans son genre, en dehors des grands centres du Québec, voire du Canada.

 

Étalé en plein champ aux limites de Baie-Saint-Paul, sur le site d’une ancienne ferme rasée par un incendie monstre, l’hôtel La Ferme s’éclate en plusieurs volumes qui forment autant de pavillons : Le Clos, La Bergerie, La Basse-Cour… Des clins d’oeil au précédent bâtiment, mais avec une facture, une élégance et une sobriété aussi contemporaines qu’empreintes d’urbanité.

 

Si les jolies chambres standards de la Bergerie demeurent petites, les chambres supérieures y sont plutôt étroites, mais tout en hauteur (comme dans un silo) ; les chambres familiales de La Basse-Cour comportent de ludiques lits superposés ; alors que les chambres Loft du Clos comprennent un lit king, un salon bureau et… plus d’espace.

 

Voyageurs en sac à dos

 

Contrairement à ce qu’on serait porté à penser, l’hôtel La Ferme n’est pas réservé qu’aux hôtes aisés. « Quand il voyageait sac au dos, le propriétaire, Daniel Gauthier, dormait souvent dans des auberges de jeunesse, et il a voulu en recréer l’esprit avec les chambres Dortoir », dit Katherine Laflamme, porte-parole du Groupe Le Massif, dont La Ferme forme l’une des trois composantes, avec le Train et la montagne.

 

Dans l’aile attenante à la gare, des chambres à 4 lits escamotables sont ainsi accessibles individuellement (à compter de 55 $ en basse saison) ou en famille. Chaque « coloc d’un soir » dispose de son placard verrouillable et peut exiger de ne séjourner qu’avec des personnes de même sexe… ou pas.

 

Outre sa gare, d’où arrivent et partent les passagers du Train, l’hôtel La Ferme se démarque aussi par son café, où sont exposées des oeuvres de la galerie Iris, ainsi que par la brochette d’artistes qui se produisent dans la salle Multi ou au « Pit à feu », de Peter Peter à Michel Faubert en passant par les Soeurs Boulay. Chaque dimanche, la place publique de l’hôtel sert également à la tenue d’un marché des saveurs du terroir charlevoisien et à des ateliers gratuits pour petits (musique, poterie, etc.) et grands (en cuisine, notamment).

 

Le restaurant Les Labours, piloté — encore pour un temps — par le chef David Forbes, mérite à lui seul le détour, pour l’éclectisme de sa cuisine du marché (superbes raviolis au Deo Gratias et coriandre, sapide truite fumée et ses rabioles, fleurs d’hémérocalle) et l’ambiance qui prévaut autour du vaste îlot central, où grenouille une brigade de touilleurs disciplinés. Sans compter l’excellence du service, surtout si c’est Pierrot qui décline le menu, invente un kir à base de cidre mousseux et se pointe avec trois ou quatre bouteilles de fins crus importés, rien que pour goûter… pour commencer.

 

Quant au très stylé spa du Verger, il propose une sorte d’itinéraire lénifiant où on alterne entre le chaud et le froid, des bassins thermaux extérieurs à la fontaine à neige, jusqu’au bain vapeur. Une façon comme une autre d’éliminer les toxines et de soulager le mal de cheveux inhérent à la prolifération d’accords mets-vins…
 

 

Pour une galerie de photos sur La Ferme et sur le Train, consultez le blogue Voyage de L’actualité.