L’oenotourisme aujourd’hui

Photo: Hervé Lefevre

L’accueil plus moderne des visiteurs à Saint-Émilion pourrait bien n’être que la partie émergée d’un iceberg commercial et d’une révolution technologique. Beaucoup invoquent l’effet UNESCO, soit l’afflux de visiteurs doublé de la curiosité des gens pour ce qui est dans leur assiette et dans leur verre.

 

Certes, l’objectif de l’oenotourisme à la californienne — repris avec beaucoup de succès en Ontario, dans la région des vins du Niagara — consiste à attirer le touriste à la propriété par diverses activités, pour le sensibiliser au produit, pratiquer la vente directe et le fidéliser.

 

Mais la concurrence d’autres régions du monde, propices elles aussi à la culture de la vigne, a dû aussi bousculer les habitudes au pays du merlot des vins de Bordeaux.

 

Une nouvelle génération de vignerons semble avoir accepté de relever le défi international en mariant patrimoine et modernité, tradition et technologie, alors qu’une autre menace pointe à l’horizon : les changements climatiques et la modification de ce terroir idéal pour la culture des raisins, qui remonte à l’époque des Romains.

 

Au final, le vigneron fait penser à un peintre. Sa palette de goûts provient des différents cépages et de la diversité du terroir, des sols, du relief et des conditions hydriques. Il mélange ces tons lors de l’assemblage à l’intérieur du chai pour créer son tableau liquide, le vin, avec des nuances différentes chaque année, selon les conditions climatiques.

 

Aussi, la couleur du temps change la donne. Beaucoup d’exploitants notent une hausse du degré d’alcool au fil des années, le résultat de raisins plus sucrés car il y aurait plus de soleil et de chaleur. La menace est prise très au sérieux et des recherches sont menées par l’Institut national de recherche agronomique, pour tester sur le terroir local 52 cépages du monde, afin d’anticiper l’adaptation éventuelle du vignoble bordelais.