Bali, bénie des dieux

Une vue imprenable depuis le Sarinbuana Eco Lodge. Ci-dessous, à gauche: l’île jouit d’une végétation luxuriante digne de jardins d’Éden. À droite: un temple dans la région de Tabanan.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Une vue imprenable depuis le Sarinbuana Eco Lodge. Ci-dessous, à gauche: l’île jouit d’une végétation luxuriante digne de jardins d’Éden. À droite: un temple dans la région de Tabanan.

Lorsqu’on choisit de parcourir plus de 15 000 kilomètres pour se rendre à Bali, l’île des dieux, pourquoi ne pas opter pour un véritable dépaysement et garder pour une autre fois les forfaits tout-compris au bord de la mer ?

Bali est la seule île hindouiste de l’Indonésie, le pays qui a la plus grande population musulmane au monde. Dès l’arrivée, difficile de ne pas ressentir l’ambiance mystique qui plane sur l’île entière. La vie des Balinais est rythmée par des croyances majoritairement religieuses donnant lieu à de fréquents rituels et célébrations, des occasions pour les visiteurs de s’immerger et de comprendre un peu plus la relation très spéciale qu’ont les Balinais avec leur environnement.

 

Cette année, c’est le 31 mars qu’on observera le Nyepi, le Nouvel An balinais marquant la fin du calendrier hindou saka. Une cérémonie à la fois populaire et religieuse qui tient autant du carnaval à la sauce locale que d’un hommage impressionnant au silence, le tout en moins de 48 heures. Pour les touristes, Nyepi intrigue et fascine, mais ne laisse jamais indifférent, et y assister sur place est une autre manière de découvrir Bali.

 

La veille du jour de l’An, les habitants des villes et villages participent à la procession des Ogoh-ogoh, imposantes statues de papier mâché prenant la forme d’êtres mythologiques, pour la plupart des démons. Selon les enseignements hindous, les Ogoh-ogoh personnifient le Bhuta-Kala, c’est-à-dire la nature et son pouvoir destructif.

 

Le but de ces défilés est de purifier l’environnement naturel de tout polluant spirituel émis par les activités des êtres vivants.

 

Montés sur des supports en bambou, les monstres géants sont promenés à travers la ville, le plus bruyamment possible, à l’aide de toutes sortes d’accessoires (casseroles, marmites, gongs, etc.). À l’issue des défilés, les monstres finissent en principe brûlés.

 

Dès 6 h le lendemain commence le Nyepi, le jour du silence. Toute l’île s’éteint. Il n’y a aucun véhicule sur les routes (même l’aéroport international de Denpasar est fermé, un phénomène unique au monde) et on ne peut utiliser l’électricité : on mange froid et on s’éclaire à la chandelle.

 

Les lieux habituellement animés sont déserts, on n’entend ni la radio ni la télévision et on observe peu de signes d’activité même dans les maisons.

 

Cette journée est un moment de recueillement et de mise au point en vue de la nouvelle année. Selon la croyance populaire, c’est le jour où les mauvais esprits survolent Bali. L’ensemble de la population reste donc cloîtrée chez elle afin de laisser croire aux démons qu’il n’y a pas âme qui vive sur l’île et de les inciter à poursuivre leur chemin.

 

Pour plonger dans la nature et vivre une expérience humaine fascinante, un séjour au Sarinbuana Eco Lodge s’avère l’endroit tout indiqué. Depuis Denpasar, il faut compter deux heures et demie en voiture pour enfin découvrir ce petit coin de paradis. Mais le voyage vaut vraiment la peine.

 

Paradis pour les amoureux de la nature, Sarinbuana est situé à 750 mètres sur les pentes du mont Batukaru, dans le centre de Bali, à cinq minutes de la forêt protégée et avec des vues spectaculaires du sud de Bali.

 

Il propose des bungalows conçus manuellement et entourés d’une forêt tropicale luxuriante. La construction à faible impact sur l’environnement, l’utilisation de produits naturels, les aliments biologiques et l’emploi de personnel local font partie de sa politique de développement durable.

 

Le projet est un vrai modèle de tourisme responsable. Les habitants du village voisin organisent excursions et activités.

 

On peut bien sûr profiter d’un massage extraordinaire, mais aussi de cours de cuisine, de langue ou de danse traditionnelle, observer les oiseaux, faire des randonnées en forêt et à travers les risières, ou se joindre aux habitants pour participer aux célébrations comme celle des Ogoh-ogoh.

 

L’accueil est souriant et les gens partagent avec plaisir leur quotidien et leur savoir. Il suffit de leur poser quelques questions. Loin de la circulation et de l’agitation des lieux plus touristiques de l’île, l’endroit donne l’impression d’être un jardin d’éden. En plus de vivre dans un environnement magnifique, on participe en tant que touriste au développement intelligent d’une zone recluse sans entrave aux traditions des villageois.

 

Côté gastronomie, les palais les plus exigeants ne devraient pas être déçus. Chaque jour, le menu change et tout est frais. Ce petit domaine touristique parvient brillamment à concilier nos exigences d’Occidentaux et le respect des coutumes et de l’environnement local.

 

Une fois bien entamée l’immersion au coeur de la vie balinaise, impossible de poursuivre son voyage en retournant dans les hôtels génériques des grandes villes. À 15 minutes de l’Eco Lodge se trouve une maison de bambou construite dans les arbres que Simon, un jeune homme d’origine britannique, loue à prix plus que raisonnables compte tenu de l’expérience inoubliable offerte.

 

Encore une fois, tout y est pensé pour respecter l’environnement qui nous émerveille à tout moment. Et à cette période de l’année, il n’y a pas de moustiques ni d’animaux dangereux. On peut donc s’endormir depuis la plateforme à aire ouverte en admirant la vue spectaculaire.

 

Après avoir vécu des moments extraordinaires et avoir été témoin de célébrations et rituels fascinants, on comprend pourquoi Bali est surnommée l’île des dieux.