MPI Montréal et Québec - Un congrès pour les organisateurs de congrès!

Réginald Harvey Collaboration spéciale
Des études sur l’impact des réunions et congrès montrent que le rendement de l’investissement atteint parfois dix dollars pour un dollar dépensé, selon le type d’événement.
Photo: Pierre Cramer Des études sur l’impact des réunions et congrès montrent que le rendement de l’investissement atteint parfois dix dollars pour un dollar dépensé, selon le type d’événement.

Ce texte fait partie du cahier spécial Congrès et tourisme

Meeting Professionnals International (MPI) se présente comme une association élargie de professionnels de l’événement, dont les quelque 24 000 membres se livrent à des activités de soutien à l’industrie des réunions et des congrès dans 71 divisions réparties entre 86 pays. Au Québec, cette organisation évolue depuis une vingtaine d’années et elle est connue sous le vocable de l’Association internationale des professionnels en planification de réunions et congrès (MPI Montréal Québec).

 

Président du conseil d’administration de MPI Montréal Québec, François Lanouette en explique le fonctionnement : « Il y a des sections dans les différentes villes à travers le monde ; celles-ci regroupent, d’une part, des fournisseurs en événementiel (hôtels, centres de congrès, spécialistes en audiovisuel et en décors, etc.) et, d’autre part, des planificateurs d’événements. De cette façon, on couvre pas mal tous les champs de compétence et tous les services qui gravitent autour des réunions et congrès : c’est donc le meilleur endroit pour les gens de former des réseaux afin de développer leur carnet de contacts professionnels et de profiter d’une formation éducative dans le perfectionnement de leur carrière. »

 

Il ne faut pas croire que l’association apporte un soutien direct à la tenue d’événements : « Les gens ne nous appellent pas en tant que tel pour organiser leurs affaires, mais, par contre, ils viennent assister à nos activités pour raffermir leurs compétences en échangeant avec d’autres et pour assister à des conférences sur des sujets qui les touchent dans leur travail quotidien. Parmi nos membres, il y a des planificateurs en organisation d’événements qu’on peut rencontrer et dont on peut, par la suite, obtenir des services. »

 

Sujets de rencontres

 

M. Lanouette pose un regard sur le calendrier des réunions auxquelles sont conviés les membres : « Il y a notre assemblée générale annuelle, qui s’est tenue récemment au Palais des congrès de Montréal ; on y fait le bilan de l’année précédente, on dévoile le déroulement des activités pour l’année suivante et on y applique aussi la formule de réseautage. » Il met l’accent sur le « Convivium » : « C’est notre principal congrès de formation pour les professionnels en événementiel au Québec. Les dix premières éditions se sont tenues une fois par deux ans, mais, à compter de 2014, on se tournera vers une présentation annuelle, dont la première aura lieu le 10 janvier prochain ; c’est la principale activité sur le plan éducatif. »

 

Il énumère certains des sujets au programme en éducation : « On aborde différents sujets. Il peut être question des médias sociaux, du choix des conférenciers, de la négociation de contrats ou des nouvelles tendances en audiovisuel et en décor ; en fait, on traite principalement de tout ce qui est susceptible d’être pertinent pour un planificateur de congrès, quoique certaines formations s’adressent également aux fournisseurs. » MPI puise largement ses outils pédagogiques dans la certification américaine très reconnue de l’industrie appelée Certified Meeting Professionnals(CMP) : « Il y a là-dedans tout un ensemble de compétences qu’on doit assimiler pour en devenir détenteur. On choisit donc souvent nos thèmes en fonction de ce document, qui fait vraiment le tour de A à Z du métier de planificateur. »

 

Et quel est le soutien que l’industrie recherche principalement de nos jours ? « Il y a un besoin constant de réseautage de la part des fournisseurs, qui veulent entrer en communication avec les planificateurs. Quant à ceux-ci, ils veulent être à l’affût de tout ce qui est nouvelle tendance en matière de technologies ou de l’audiovisuel et du décor, étant donné que c’est une sphère d’activité qui requiert beaucoup de créativité et qui regorge de produits disponibles sur le marché. Le plus possible, on essaie de leur servir de laboratoire et de vitrine pour voir ce qui est possible et souhaitable d’appliquer ou non dans leurs événements. » L’impact des technologies sur l’industrie a été majeur.

 

200 membres québécois

 

L’Association québécoise compte autour de 200 membres, dont 40 % sont des fournisseurs de services, 40 % des planificateurs et 20 % des étudiants en provenance de l’Institut d’hôtellerie, du Collège Lasalle ou d’ailleurs : tout en profitant d’une tarification avantageuse, ils peuvent faire le pont entre l’école et le marché du travail.

 

Ce nombre est demeuré relativement stable au cours des dernières années, dans une industrie sur laquelle le président pose ce regard : « La situation est plutôt stable. Il y a eu des soubresauts après la récession de 2008-2009, qui s’est soldée par une certaine baisse, mais, depuis ce temps, on voit qu’il y a quand même eu une reprise sur le plan des événements. » Il pose donc ce diagnostic : « Le monde des réunions et des congrès est en mutation et les entreprises ont tendance à effectuer un grand nombre de leurs réservations à la dernière minute ; elles penchent en faveur d’une diminution de la durée et de la distance dans le déroulement de leurs événements. Les organisations administrent des budgets beaucoup plus serrés et demandent d’avoir une meilleure analyse du rendement de l’investissement avant de consentir à verser des sommes importantes ; le temps des cartes blanches est révolu et il faut maintenant avoir en main, entre guillemets, un bon Business Case pour justifier les dépenses encourues. »

 

François Lanouette préfère parler d’investissements plutôt que de dépenses : « L’industrie, en réaction à la récession et à des coupes qui ont eu lieu, a dû finalement se retrousser les manches et faire valoir le bien-fondé de sa raison d’être ; on a fait conduire des études sur la scène internationale pour déterminer l’impact des réunions et des congrès tant sur l’économie que sur les organisations ; elles montrent que le rendement de l’investissement atteint parfois dix dollars pour un dollar dépensé, selon le type d’événement. Il nous reste maintenant à en faire la démonstration auprès des dirigeants d’entreprise. »

 

En bout de ligne, il se réjouit de la meilleure gouvernance qui dicte maintenant les lois du marché. Et il cite une statistique éloquente émanant de la Fondation canadienne MPI sur les impacts économiques des réunions et des congrès au Canada : « Les retombées directes et indirectes sur l’économie tournent autour de 23 milliards de dollars, ce qui est supérieur au marché manufacturier automobile. »

 


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