Massachusetts - Les fantômes de Cape Cod

La plus ancienne prison de bois aux États-Unis, où se termine la visite « fantomatique » au village de Barnstable.
Photo: Louise Gaboury La plus ancienne prison de bois aux États-Unis, où se termine la visite « fantomatique » au village de Barnstable.

La présence des Européens sur le sol de Cape Cod date de quelques centaines d’années, mais l’endroit était déjà occupé par les autochtones il y a plus de 5000 ans. Si on ajoute les nombreux morts sur les bateaux venus s’abîmer sur les côtes, le potentiel de fantômes serait étonnant. S’il faut en croire ce que j’ai appris lors d’une autre tournée au pays des ectoplasmes, plus les lieux sont vieux, plus ils risquent d’être hantés…

 

Établi à Cape Cod depuis une douzaine d’années, notre guide Derek Bartlett revendique des origines canadiennes-françai ses, mais ne parle pas un mot de notre langue. Son intérêt pour les phénomènes paranormaux est né quand il a vu, enfant, le film L’exorciste.

 

Vivant désormais de sa passion, il combine les histoires de fantômes et les données historiques sur le charmant village de Barnstable, où, tous les soirs, d’avril à novembre, il relate les épisodes macabres qui se sont déroulés dans ce cadre idyllique devant des visiteurs parfois crédules, parfois sceptiques, parfois apeurés, mais toujours intéressés.

 

La plus hantée

 

Selon Derek Bartlett, Barnstable est l’endroit le plus hanté de Cape Cod. Il ne lui en fallait pas plus pour y planter le décor de ses visites. Les braves participants se donnent rendez-vous dans le stationnement du Coast Guard Heritage Museum, voisin de la plus ancienne prison de bois aux États-Unis, où la visite se terminera. La promenade nous amènera devant différents édifices hantés dont on évoquera les fantômes, souvent disparus de mort violente.

 

Mais cette visite ne serait pas complète sans une halte au cimetière. La nuit est tombée. La table est mise pour les histoires troublantes ayant pour cadre Cobb’s Hill, où les plus anciennes sépultures datent du tout début du XVIIIe siècle, et notre guide n’en manque pas. Il laisse ensuite chacun déambuler à son aise après avoir indiqué les lieux les plus « actifs ».

 

Le tout se termine à l’intérieur de la prison où, après avoir été instruits des conditions de vie atroces des prisonniers, les « braves » participants seront laissés dans le noir pendant quelques minutes, le temps de sentir la présence de quelques-uns d’entre eux.

 

Doit-on y croire ? Faut-il en rire ? Le serrement dans l’estomac ressenti au cimetière n’est-il qu’une manifestation de la faim à cette heure tardive, ou alors est-il provoqué par la proximité des esprits ? Et ce bracelet qui a glissé de mon poignet était-il bien attaché ?

 

Qu’on croie ou non aux fantômes, cette balade permet de passer un bon moment en glanant ici et là quelques bribes de l’histoire du village, et plus globalement de celle des États-Unis. Quelques habitants de Barnstable ont joué un rôle dans la Révolution américaine, notamment James Otis Junior (« Taxation without representation is tyrany ») et sa soeur, l’intellectuelle révolutionnaire Mary Otis Warren, dont les statues trônent devant l’imposant édifice de la cour sur la rue principale.

 

De plus, on apprend au fil de l’activité que le village se trouvait sur la route de l’Underground Railroad, un autre réservoir inépuisable de fantômes.

 

Tous les soirs d’avril à novembre, de 19h à 21h, sauf le lundi et le vendredi, où on passe aux choses sérieuses, une chasse aux fantômes de trois heures : armés de magnétophones, les participants apprennent à devenir de vrais « chasseurs ».

 

 

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