Tourisme Belgique - Mange, vis, aime

Le village Frahan, en Wallonie.
Photo: Jean-Luc Flemal Wallonie-Bruxelles Tourisme Le village Frahan, en Wallonie.

On connaît bien la capitale et ses inévitables attraits, à commencer par la grandiose Grand-Place, les fins plaisirs gourmands et les bédéesques institutions. Mais la séduction bruxelloise, si puissante soit-elle, n’occulte en rien le charme des régions au royaume de Tintin. Voici une virée dans le sud rural de la Wallonie, où les cultures du terroir le disputent au bouillon de culture grand C. En savourant tout de même Bruxelles à l’apéro, ou encore au dessert. Hum… D’aucuns y gagneront peut-être quelques (kilo?)grammes, mais ceux-ci pèseront lourd sur la balance du plaisir.

 

Parmi les destinations gastronomi ques mondiales, la Belgique est un incontournable, aus si bien pour ses restaurants étoilés que pour ses bouis-bouis de quartier.

 

Si les Belges eux-mêmes, magnanimes, n’en font pas tout un plat, reste que les autres paradis de la bonne chère n’ont qu’à bien affûter leurs couteaux.

 

Des moules ? Pas mangé cette fois-ci. Des frites ? Un peu, avouons-le. Du chocolat, alors ? Bon, d’accord, une petite ration. Mais du jambon d’Ardenne, des froma ges locaux et autres douceurs du terroir? Ça oui !

 

Nous n’avons fait qu’un saut de puce à Namur, une ville jumelée à Québec où notre séjour fut un amuse-gueule, le temps d’avaler quel ques bonnes bouchées : rien à faire, on ne vous laisse pas repartir sans. Mais une visite éclair avec notre greeter, Bernadette Devaux, a suffi à la promesse d’y revenir.

 

Un greeter ? Ça se nourrit de touristes qui veulent découvrir un endroit en compagnie d’un résidant qui en connaît bien les moindres secrets. « Sans prétendre remplacer les guides professionnels, les greeters, qui offrent gratuitement leurs services, proposent aux visiteurs un point de vue différent et plus intimiste », explique-t-elle.

 

Quant aux Namurois, eux dont l’emblème est l’escargot, ils ont toutefois bien compris notre empressement à mettre le cap sur Bouillon, plus au sud, un charmant village fortifié dominé par son imposant château fort, stratégiquement positionné pour gérer les rapports de forces qui se jouaient jadis dans cette zone. Authentique, le mastodonte médiéval semble à toute épreuve.

 

Quand on pense que certaines de nos installations modernes peinent à tenir le coup… Et puis, la corruption dans la construction ne faisait pas partie du vocabulaire de l’époque ! Une visite de ce château demande un certain effort, pour cause de sentiers pentus, à l’image des rues du village.

 

Mais la vue superbe à son sommet saura récompenser les plus hardis. Attention, mesdames : talons aiguilles à éviter !

 

Tabac, bière, fromage

 

Offrons-nous donc un court arrêt au Musée de la lavandière, à Ucimont, une minuscule halte historique à l’endroit où les femmes du hameau se retrouvaient deux fois l’an pour faire les grandes lessives… et où les hommes célibataires leur tournaient autour pour trouver fille à marier…

 

Puis, un autre saut au village de Botassart, où le « tombeau du géant », en fait un caprice géographique, alimente les légendes. Mais ce sont surtout les magnifiques paysages vallonnés de cette région qui charment le passant.

 

Plus de 600 kilomètres de sentiers pédestres balisés sont proposés dans le Grand-Bouillon. On peut aus si y faire des promenades avec pique-nique au BBQ et du kayak sur la rivière Semois.

 

À Corbion, l’altitude à 400 mètres permet de splendides points de vue sur les alentours, où les vestiges de la Maison des Couleuvres, qui abrita vers 1885 le poète en exil Verlaine, tiennent lieu d’attraction touristique.

 

Et dans le grand bouillon de culture et d’agriculture de l’Ardenne, celle du tabac trô ne au petit musée-boutique de Semois, tenu par un couple d’artisans passionnés par la fabrication de cigares et la récolte de tabac à pipe.

 

Des artefacts illustrent les étapes de cette production, autrefois victime de l’arrivée des cigarettes américaines sur le marché.

 

Quant à l’abbaye de l’Orval, les cisterciens y accueillent chaque année 70 000 visiteurs, y élaborent 200 tonnes de fromage inspiré du port-salut français et y brassent 70 000 hectolitres d’une bière trappiste, disponible au Québec. Douze moines vivent toujours sur place.

 

On peut visiter certaines de ses anciennes bâtisses, dont l’intrigant « chapitre ». Petite pause historico-linguistique : puisque c’était le seul endroit où les moines cloîtrés, donc contraints au silence, pouvaient demander la parole au grand monial, le mot « chapitre » aurait inspiré une expression du langage courant. C’est que, en cas de refus pour le requérant, on disait alors qu’il n’avait « pas voix au chapitre ».

 

Le tournis à Torgny

 

Un peu plus loin, Torgny, qu’on a surnommé à raison « l’un des plus beaux villages de Wallonie », étale à en donner le tournis ses charmes bucoliques au milieu des poules, des agneaux et des champs agricoles.

 

Réputé pour son microclimat exceptionnellement doux, ses maisons aux couleurs pastel, aux pierres dorées et aux toits de tuiles romaines donnent une vague impression de Toscane.

 

Sur le versant de cette vallée, tout juste à la frontière avec la France, on cultive aussi la vigne.

 

Et à la sympathique auberge La Grappe d’or, le craquement des pas sur le sentier de gravier qui mène aux chambres arrière rappelle l’ambiance d’une autre époque.

 

Bruxelles au dessert

 

Si on a réservé Bruxelles pour le dessert, après une virée dans le ventre de l’Arden ne, il faudra se garder un peu de temps pour aller à la place du Grand Sablon et son Marché des antiquaires.

 

Ou encore pour voir la brocante, plus populaire, du quartier des Marolles : on pourra faire quel ques belles trouvailles parmi le dédale de gadgets qui y sont étalés.

 

La rue des Renards, adjacente, abrite quant à elle des boutiques chouettes. C’est là aussi que nous avons dégusté des mets typiques d’une saveur inégalée au Restobière, un petit resto de cuisine à la bière qui installe quelques tables sur le trottoir. Le proprio, Alain Fayt, poète et auteur à ses heures (dont La cuisine à la bière), ne tarit pas de calembours devant les clients. Un parmi d’autres : « Le monde s’effrite, mais pas en Belgique ! »

 

Le dessert, vous disais-je, en ce pays si semblable au Québec, où, d’ailleurs, les discussions sur… la langue occupent une place de choix, y compris à table.

 

***

 

En vrac

La brasserie François, à Namur, est l’un de ces estaminets typiquement belges.

À l’hôtel La Ferronnière, à Bouillon, le copieux petit-déjeuner est rempli de bons plats maison et de produits du terroir. La terrasse de l’une des chambres de la bâtisse originale (il y a une nouvelle partie avec un spa) offre une vue imprenable sur le château médiéval.

La Table de Maxime, à Our, est un restaurant-hôtel installé dans une ancienne maison villageoise, où la belle terrasse au milieu d’un paysage bucolique n’a d’égale que les savoureux plats qu’on y sert.

Au resto Le Sanglierdes Ardennes, à Durbuy, on propose le terroir ardennais dans un décor bordé par la rivière Ourthe.

La Grappe d’or, à Torgny, est un hôtel-resto où la table regorge de produits régionaux, dont un excellent plateau, pardon, un véritable « chariot » de fromages.

Le restaurant Aux Armes de Bruxelles accueille depuis 1921 des célébrités de tous les milieux.

Le Belga Queen de Bruxelles, aménagé dans l’ancien Entrepôt aux grains du XIIIe siècle, non seulement offre des mets délicieux, mais le resto lui-même est une curiosité, y compris les toilettes… mais on ne vous en dira pas plus ici !

Pour ceux qui aiment se frotter à la boue, à l’eau, à la terre, enjamber des roches, gravir des collines et… voir un peu de paysage à travers champs, Durbuy Aventure propose des randonnées accompagnées en quad.

Pour du magasinage à Bruxelles, on trouve de tout sur la rue Neuve, même de bons prix.

Lors d’un séjour à Bruxelles, une visite s’impose au musée Magritte, mais on souhaite aussi avoir du temps pour tous les autres, y compris le Centre belge de la bande dessinée.

Renseignements généraux.


Diane Précourt était l’invitée de Wallonie-Bruxelles Tourisme et d’Air Canada.

À voir en vidéo