Le nouveau vieux Ritz

Comme d’autres parties de l’hôtel Ritz-Carlton Montréal, la cour des palmiers a été conservée et restaurée.
Photo: Ritz-Carlton Montréal Comme d’autres parties de l’hôtel Ritz-Carlton Montréal, la cour des palmiers a été conservée et restaurée.

Il n’y a pas plus mythique à Montréal. L’hôtel de la rue Sherbrooke, qui à l’origine devait s’appeler simplement le Carlton, fut le premier au monde à porter le nom de Ritz-Carlton, résultat d’une étroite collaboration avec le légendaire hôtelier suisse César Ritz, pionnier de l’hébergement de luxe.

 

Depuis le soir du 31 décembre 1912, où la belle société montréalaise assistait au gala officiel d’ouverture, de grosses pointures de tous les milieux ont martelé le sol de marbre de ce qui allait devenir une véritable institution.

 

Quelques années plus tard, l’établissement ne sera-t-il pas choisi pour faire le premier appel téléphonique transcontinental ? Elizabeth Taylor et Richard Burton y ont même célébré leur mariage en 1964, et la liste des célébrités qui ont posé leurs valises dans l’enceinte du Ritz-Carlton est imposante.

 

Si, avec le temps, l’aura de la vénérable maison avait fini par souffrir quel que peu d’un certain relâchement, elle a regagné les étoiles perdues et repris du galon depuis sa réouverture, au printemps 2012 - année de son centenaire -, à la suite de rénovations majeures qui ont entraîné sa fermeture complète pendant quatre ans.

 

Ses 98 chambres et 31 suites ont donc été retapées suivant les nouveaux standards technologiques, tout en préservant l’âme de cet édifice néoclassique de style Palazzo. La façade, le foyer, la cour des palmiers, le salon ovale et le jardin ont été conservés et restaurés. Jusqu’au lustre de la salle de bal qui est d’origine. Quant à la suite royale, avec ses 4700 pieds carrés, ce serait la plus grande à Montréal.

 

Au coeur du Golden Square Mile, le Ritz-Carlton, regorgeant d’oeuvres d’art, abrite également une nouvelle piscine intérieure - d’eau salée -, une rareté, surtout dans le centre-ville, chauffée à même l’excédent d’énergie provenant des cuisines, en plus du restaurant du célèbre chef Daniel Boulud où, contrairement à d’autres établissements de même acabit, le service est tout sauf guindé.

 

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Chics, les condos

Dans la foulée des importantes rénovations dont a fait l’objet l’hôtel Ritz-Carlton Montréal ces dernières années, des condos ont été aménagés dans une partie de l’immeuble convertie à cette fin, à laquelle une aile a également été ajoutée. Certaines des 45 résidences Ritz-Carlton sont donc entièrement logées dans le nouveau segment, alors que d’autres chevauchent l’ancien et le nouveau. Mais toutes bénéficient des standards d’un hôtel de luxe, y compris les services de voiturier et de concierge.

La clientèle des acheteurs pour ces chics habitations serait à plus de 95 % québécoise, selon la directrice des ventes Rucsandra Calin. Et, noooooooon, Pauline Marois ne fait pas partie des propriétaires aux résidences du Ritz, comme l’a propagé la rumeur il y a quelques mois, rumeur qui court toujours, d’ailleurs.

L’explication de Mme Calin : « Le mari de la première ministre aurait été aperçu au restaurant de l’hôtel, Maison Boulud, en compagnie d’un agent immobilier muni d’un contrat… » Les déductions, on ne peut plus faciles, ont donc vite circulé ! Mais elles étaient erronées, tranche-t-elle une fois pour toutes.