Le Soléal, dernier-né d’une gracieuse famille

Le Soléal à Glengarriff, en Irlande. Le navire se définit comme un « yacht de croisière ».
Photo: Gary Lawrence Le Soléal à Glengarriff, en Irlande. Le navire se définit comme un « yacht de croisière ».

Qu’il a fière allure, ce paquebot tout neuf qui n’en est pas un. Fraîchement lancé en juin dernier, Le Soléal préfère en effet l’appellation « yacht de croisière », ce qui lui sied fort bien compte tenu de sa taille modeste et de son élégance généralisée.

 

Comme ses jumeaux pres que identiques que sont Le Boréal et L’Austral, Le Soléal est conçu à hauteur de croisiériste, avec un design, une décoration intérieure et une finition à faire baver d’envie tout styliste patenté.

 

Vu de l’extérieur, ses lignes fluides rappellent celles des grands yachts privés de luxe avec ses ponts effilés couverts de lattes de bois, sa poupe tout en retenue, ses cheminées métallisées inclinées dynamiquement vers l’arrière.

 

À l’intérieur, tout concourt à créer l’impression qu’on séjourne dans un hôtel-boutique, tant dans les harmonieux espaces publics qu’au sein des ultraconfortables cabines aux teintes claires. Rien là de bien surprenant quand on sait qu’on a fait appel au designer hôtelier Jean-Philippe Nuel (Radisson Blu, Intercontinental, Taj…) pour l’aménagement, ainsi qu’à de prestigieux fournisseurs pour les matériaux, comme la Maison Pierre Frey, en ce qui a trait à certains tissus.

 

Silencieux et stable pour un navire de sa taille (142 mètres sur 18), exempt de vibrations lors des manoeuvres d’approche, Le Soléal a été conçu autant pour se glisser sous les doux alizés que pour se faufiler entre les icebergs des mers turbides, avec sa double coque, son sonar 3D et ses phares détecteurs de bourguignons.

 

Car dans un monde où on voit naître de plus en plus de mégapaquebots obèses, la Compagnie du Ponant a fait non seulement le pari des navires luxueux de petite taille, elle a aussi joué la carte des itinéraires en régions polaires et quasi polaires.

 

« Ces destinations et nos programmes d’expéditions sont les plus adaptés à ce type de navire et ils comptent désormais pour 40 % de nos itinéraires, explique Jean-Emmanuel Sauvée, cofondateur et actuel président du directoire de la Compagnie du Ponant. Cette niche accuse moins de concurrence et nous permet de mieux nous démarquer. »

 

Avec son faible tirant d’eau, Le Soléal peut aussi s’immiscer là où peu de navires de croisière osent s’aventurer, com me ce fut le cas la semaine dernière lors de la croisière Lisbonne-Reykjavik, avec des escales à Glengarriff et Galway (Irlande), ou encore Iona et Tobermory (îles Hébrides). Et même lorsqu’il ne peut s’amarrer à quai, il mouille au large et jette à la mer ses « chaloupes », des navettes ultrarapides.

 

Cela dit, Le Soléal ne craint pas pour autant la chaleur, loin s’en faut, et après avoir franchi le passage du Nord-Ouest au cours de l’été, il mettra le cap sur l’Asie l’automne prochain.

 

Pour l’heure, peu de Québécois - à peine 150 par année - figurent parmi les 20 000 passagers annuels de la Compagnie du Ponant, tous navires confondus. Il est vrai qu’à 2500 euros par semaine, au bas mot, ces croisières visent une clientèle de privilégiés, dont beaucoup de retraités sur l’essentiel des itinéraires. Mais la plupart de ceux qui tâtent du produit tendent à récidiver.

 

« Plus de la moitié de nos croisiéristes sont d’anciens passagers qui reviennent, assure Jean-Emmanuel Sauvée. Certains sont même très fidèles : aujourd’hui, à bord du Soléal, l’un d’eux en est à sa 24e croisière avec nous… »

 

Pour attirer davantage de Québécois, la Compagnie du Ponant invite régulièrement à bord une vedette de la chanson de chez nous : après Fabienne Thibeault et Claude Dubois, il n’est pas impossible qu’une croisière ait comme invité Robert Charlebois au cours des prochains mois.

 

Mais puisque la gastronomie et l’art de vivre font intrinsèquement partie de l’expérience à bord du Soléal et de ses sister-ships, pourquoi ne pas plutôt organiser une croisière gastronomique avec un Normand Laprise ou un Martin Picard, ou encore une croisière oenologique avec la Québécoise Véronique Rivest, meilleure femme sommelière au monde ?

 

En attendant, on vient tout juste d’annoncer la construction d’un autre « clone » du Soléal pour 2015, et on ambitionne d’en ajouter d’autres à la flotte d’ici 2020, si la demande le justifie. Une histoire - et un sillage - à suivre…

 

Renseignements :ponant.com. Pour une galerie de photos du Soléal, consultez le blogue « Voyage » de L’actualité, à lac tualite.com/blogue-voyage.

 


L’auteur était l’invité de la Compagnie du Ponant.

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