Atterrir aux îles de la Madeleine... à vélo

Le Sentier de la Confédération, un sentier cyclable aménagé sur le tracé du chemin de fer abandonné en 1989, traverse la province d’un bout à l’autre. La piste de poussière de pierre passe au creux de l’île: il faut donc troquer le bord de mer pour les arbres, et les mûriers, qui encadrent le sentier.
Photo: Mélissa Guillemette Le Sentier de la Confédération, un sentier cyclable aménagé sur le tracé du chemin de fer abandonné en 1989, traverse la province d’un bout à l’autre. La piste de poussière de pierre passe au creux de l’île: il faut donc troquer le bord de mer pour les arbres, et les mûriers, qui encadrent le sentier.

Pour qui veut s’initier au cyclotourisme, les côtes du Nouveau-Brunswick et de l’Île-du-Prince-Édouard sont à considérer. Les routes sans trop de dénivelé sont accessibles à tous et la mer n’est jamais bien loin s’il fait chaud. Récit d’une lune de miel de Moncton à Cap-aux-Meules.

 

Ce sont les îles de la Madeleine qui nous attiraient. Pour s’y rendre, trois options s’offraient à nous : le bateau, l’avion ou un road trip d’une bonne douzaine d’heures, sans compter le traversier entre l’Île-du-Prince-Édouard et Cap-aux-Meules. Le hic, c’est que la croisière au départ de Montréal, c’est peu flexible, que l’avion, ce n’est pas donné pour une si courte distance et que la route en auto m’ennuie à en dormir (danger !). Je ne sais plus si c’est lui ou moi qui a lancé l’idée, mais elle n’avait rien de saugrenu : pourquoi ne pas y aller à vélo ?

 

En partie, du moins : le train a fait le reste.

 

Le point de départ : une gare VIA Rail, dans notre cas celle de Charny, où l’on a embarqué nos vélos, une petite tente et quatre sacoches. Direction Moncton, où le train de nuit allait nous déposer, pour que commence le voyage à vélo.

 

Une fois arrivés, il y a une trentaine de kilomètres à pédaler avant d’arriver à Shediac. Après un arrêt obligé pour une photo avec le plus gros homard du monde - une sculpture de 90 tonnes -, on met de côté nos montures à Parlee Beach, parce qu’« y fait chaud, faut baisser l’chauffage du soleil qui rôtit nos peaux », comme le chante la Néo-Brunswickoise d’origine Lisa LeBlanc.

 

Une saucette, un pique-nique, une pause lecture, une sieste pourquoi pas, c’est les vacances et il faut bien trouver un juste équilibre entre efforts et farniente, surtout après un train de nuit. Si le cours nous en dit, on peut reprendre la monture pour explorer la côte ou encore dormir en ville.

 

Pittoresque Île-du-Prince-Édouard

 

La route en direction du pont de la Confédération a un fort pouvoir d’attraction, avec les nombreuses plages croisées sur la route du littoral. La traversée des 13 kilomètres du pont de la Confédération se fait à bord d’une navette pour les cyclistes et les piétons.

 

Arrivés à l’Île-du-Prince-Édouard, nous avons choisi de longer la côte vers l’est, en passant par Victoria, pittoresque village où une dizaine de voiliers et embarcations siestent dans un champ près du quai. C’est inspirant, alors, dans les eaux rouges du parc Argyle Shore, on en profite pour faire trempette, avant de s’élancer vers le site historique de Port-La-Joye-Fort-Armherst. C’est à cet endroit qu’était située l’ancienne capitale de l’île lorsqu’elle était française et portait le nom de Saint-Jean, avant que les Britanniques ne deviennent maîtres des lieux et déportent les Acadiens en 1758.

 

Un arrêt par Charlottetown s’impose pour admirer les magnifiques demeures du quartier historique, prendre une pause au parc Victoria et, surtout, se désaltérer à la microbrasserie Gahan House. Au sympathique restaurant Sims Corner, notre serveuse s’amuse à nous faire comparer le goût des huîtres de différentes régions de l’île : tiens, certaines ont un petit goût plus salé alors qu’une autre est sucrée.

 

Avant de reprendre la route le lendemain matin, on s’arrête au café Young Folk and The Kettle Black prendre un latte avant de passer à la bouilloire noire, transformée en caisse enregistreuse.

 

En quittant la capitale, on s’embarque sur le Sentier de la Confédération, un sentier cyclable aménagé sur le tracé du chemin de fer abandonné en 1989, qui traverse la province d’un bout à l’autre. La piste de poussière de pierre passe au creux de l’île : il faut donc troquer le bord de mer pour les arbres, et les mûriers, qui encadrent le sentier. (Pour l’anecdote, l’office de tourisme nous informe que l’Île-du-Prince-Édouard a été la première province en 2000 à relier les 274 kilomètres de sa portion du Sentier transcanadien, sentier récréatif le plus long du monde qui reliera tout le territoire canadien.)

 

Arrivés à St. Peter’s Bay, où l’on peut facilement se loger, un petit détour de dix kilomètres nous mène au parc national Greenwich, site surréaliste où d’immenses dunes façonnées par les vents sont recouvertes de végétation côté terre et dénudées côté mer.

 

Maîtres des noeuds à l’entrée des Îles

 

À Souris, c’est l’entrée dans le ventre du mastodonte qui nous portera jusqu’aux îles de la Madeleine. Le traversier du CTMA accueille les vélos ; il fallait d’ailleurs voir ce marin, expert dans l’art des noeuds, attacher nos bécanes. En attendant d’arriver sur le rivage, on passe le temps en écoutant un groupe de musique madelinot ou on prend l’air sur le pont pour voir si la pêche est fructueuse pour les fous de Bassan.

 

Cinq heures plus tard, au coucher du soleil, l’île d’Entrée apparaît, avec ses bosses trop parfaites pour qu’on y croie au premier coup d’oeil. Il n’y a qu’un petit tronçon à rouler après le débarquement à Cap-aux-Meules pour atteindre le petit chalet qui nous attend, au sommet d’un promontoire donnant sur le Corps-Mort, ce grand rocher qui ressemble à un homme allongé.

 

Une fois les vacances dans l’archipel tirant à leur fin, de retour à Souris, il suffit d’improviser un trajet de retour. Même l’autoroute transcanadienne accueille les cyclistes ; alors, si vous ne souhaitez pas reprendre le même chemin, choisissez n’importe quelle route secondaire sur la carte routière !

 

La boucle a été bouclée à Moncton, devant une bière bien méritée dans un pub de la rue Main. Et on a médité longuement sur cette expression ultraclichée qui dit que la route vaut autant que la destination.

 

***
 

L’aller-retour entre Moncton et Souris, avec plusieurs détours, donne un trajet équivalant à près de 550 kilomètres.

 

Le nombre de jours pour rejoindre Souris depuis Moncton dépend du cycliste. Choisissez les campings ou les hébergements où vous logerez selon la distance que vous souhaitez parcourir.

 

Monter son propre vélo à bord d’un train coûte 25 $ par trajet. La navette sur le pont de la Confédération coûte 8,25 $ aller-retour. Et des frais de 11,75 $ sont facturés pour les bicyclettes à bord du traversier du CTMA par trajet, en plus du tarif par personne.


Collaboration spéciale

1 commentaire
  • Caroline Desrosiers - Inscrite 27 juillet 2013 23 h 22

    Nous avons l'impression d'avoir écrit ce texte...

    Wow, que de souvenirs ... Nous sommes passés par les mêmes réflexions pour faire notre voyage de noces plus ou moins de la même façon ...
    Belle région à visiter ... et facile pour une première excursion en cyclotourisme!