Toronto: des musées boîtes de nuit

Le Musée des beaux-arts de l’Ontario se transforme en boîte de nuit le premier jeudi de chaque mois.
Photo: Musée des beaux-arts de l’Ontario Le Musée des beaux-arts de l’Ontario se transforme en boîte de nuit le premier jeudi de chaque mois.

Toronto — Le Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO) se transforme en boîte de nuit en son sein un soir par mois. L’AGO veut ainsi attirer la jeune clientèle. Et cela fonctionne à merveille : la soirée se déroule à guichets fermés depuis son lancement, en octobre dernier.


« L’idée est venue du défi de renouveler notre public pour l’avenir, résume Kelly McKinley, directrice générale, éducation et programmation grand public de l’AGO. Les jeunes de 20 à 30 ans nous ont dit [dans nos recherches] : si c’était ouvert plus tard, si je pouvais venir avec mes amis et y boire un verre, j’irais dans votre musée. Alors, nous avons décidé de tenter le coup une fois par mois. »


Le premier jeudi du mois, l’AGO reste donc ouvert jus qu’à 23 h. Des DJ et des grou pes sur scène remplissent de leurs décibels élevés le coeur historique du musée habituellement silencieux. Des ateliers d’art et des entretiens avec des artistes sont aussi offerts. Plusieurs bars servent des boissons alcoolisées et des bouchées sont disponibles.


Chaque soirée se décline sur un thème différent, mais comprend toujours cinq éléments, explique Kelly McKinley. « Il y a toujours une performance musicale et un DJ, des conversations sur l’art avec des artistes ou des conservateurs, de la création artistique [impliquant le public], une performance artistique, de la nourriture et des boissons. »


L’AGO emboîte ainsi le pas au Musée royal de l’Ontario (ROM), qui a connu un énorme succès en 2012 avec sa Fièvre du vendredi soir. Dans le même registre - musique dansante, activités artistiques, boissons alcoolisées et nourriture -, la soirée du ROM est plus élaborée. À l’affiche pendant dix et huit semaines au printemps et à l’automne derniers, la prochaine série débutera en mai 2013.


Ces soirées muséales remportent du succès auprès de la génération montante. L’AGO a accueilli près de 11 000 personnes jusqu’à présent et le ROM a enregistré 48 000 entrées au total.


L’Écho-boom


Ces deux événements, inspirés d’autres musées à l’étranger, confirment une nouvelle tendance : la génération du millénium, l’Écho-boom, se retrouve certes virtuellement sur les réseaux sociaux, mais cette jeune « tribu électronique » a aussi besoin de se réunir en chair et en os. Pourquoi pas au musée ?


« Même les banques n’ont plus des horaires de banques, fait remarquer Kelly McKinley, de l’AGO. Alors qu’au musée, nous avons encore ce type d’horaire. »


 

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