Parc de Sossusvlei en Namibie - Sur le dos de Big Daddy

Le plateau de Dead Vlei, l’un des lieux les plus courus du secteur.
Photo: Robert Johnson Le plateau de Dead Vlei, l’un des lieux les plus courus du secteur.

Désert du Namib - « Pour vous, les Canadiens, ça va être facile : c’est comme grimper une montagne enneigée », lance le guide au pied de Big Daddy, l’une des majestueuses dunes rougeoyantes du parc de Sossusvlei, dans le désert du Namib. Effectivement, la technique est la même ; il s’agit de marcher dans les traces laissées par la personne qui précède. Mais l’expérience, elle, est tout à fait unique.


Il est à peine 7 h du matin et le soleil plombe déjà sur Big Daddy, la plus imposante dune du parc en vertu de ses quelque 350 mètres d’altitude. Les journées appartiennent à ceux qui se lèvent tôt dans le désert. Car gravir une dune sous le brûlant soleil namibien en après-midi, quand le mercure flirte avec les 40 °C, relève pratiquement de la folie.


En route, les apparitions d’autruches, d’oryx, d’impalas et de zèbres de montagne se succèdent. Et environ 30 minutes après avoir franchi les grilles du parc, elles se profilent enfin à l’horizon : les spectaculaires formations de sable de Sossusvlei. Le décor est tout simplement saisissant, voire émouvant.


Pour se rendre au pied de Big Daddy, il faut monter à bord d’un véhicule tout-terrain qui se fraiera tant bien que mal un chemin dans le sable, jusqu’à la fameuse dune. Celle-ci est convoitée non seulement parce que son ascension représente un défi physique, mais aussi parce qu’elle surplombe le plateau de Dead Vlei, l’un des lieux les plus courus du secteur.


En afrikaans, vlei signifie « marais ». C’est donc dans un « marais mort » qu’il faudra éventuellement plonger. Mais avant, on doit s’attaquer au monstre sablonneux.


Une ascension exigeante


L’ascension, pour laquelle il faut compter environ une heure, est plutôt exigeante. Gare à ceux qui souffrent de vertige : tout au long de la randonnée sur la crête de la dune, à gauche comme à droite, la pente est extrêmement prononcée.


Le jeu en vaut la chandelle : d’abord parce que, du haut de Big Daddy, la vue panoramique sur les dizaines de dunes du parc de Sossusvlei est à couper le souffle, mais surtout parce qu’une fois au sommet, le meilleur est à venir. Satisfaction, contemplation, hydratation, incontournable séance de photos… Puis la cerise sur le gâteau : la descente.


Nombreux sont ceux qui choisissent de le faire au pas de course, et pour cause : la sensation est grisante. Dur de trouver meilleur moyen pour retomber en enfance.


Une fois la descente complétée et le sable retiré de ses chaussures, c’est le plateau d’argile craquelé de Dead Vlei que l’on foule. On aperçoit au loin les silhouettes fantomatiques des arbres pétrifiés qui hantent les lieux depuis plus de 800 ans, après que les eaux se furent retirées de l’endroit. L’atmosphère est mystique, indescriptible. Un véritable paradis pour les amateurs de photographie, qui auront l’occasion de croquer sous tous les angles les branches biscornues et les troncs tordus des acacias.


Mais la chaleur finira par avoir raison des maniaques du huitième art - bien avant que ne sonne le coup de midi, le mercure tourne autour des 45 °C pendant l’été austral et les zones ombragées sont rarissimes dans cette région isolée.


Retiré de la civilisation


Le parc national de Namib-Naukluft, dans lequel se trouve le parc de Sossusvlei, est un endroit retiré de la civilisation. Le minuscule aéroport de Moun, situé non loin de l’entrée du parc, met ses pistes à la disposition des petits avions ; autrement, de longues heures de route sont à prévoir pour cette escapade.


Il est tout à fait possible de s’y rendre seul, mais quelques compagnies offrent des tours organisés depuis la capitale namibienne, Windhoek. À partir de 5100 dollars namibiens (environ 575 $CAN), en occupation double, Chameleon Safaris propose un périple de quatre jours avec escales à Walvis Bay (ville côtière sans grand intérêt, sauf pour faire le plein d’essence) et Swakopmund.


Comme c’est le cas du côté de Windhoek, l’héritage des colonisateurs allemands est visible partout à Swakopmund, que les magazines spécialisés en célébrités connaissent comme étant le lieu de naissance de la première fille biologique du couple Jolie-Pitt. Les restaurants proposent des spécialités du Vieux Continent, et l’allemand - non l’afrikaans - côtoie l’anglais sur les affiches. Et les touristes allemands sont partout.


Depuis quelques années, dans ce pays où l’industrie touristique en est à ses balbutiements, Swakopmund cherche à se positionner comme la mecque des sports extrêmes. Surf sur sable, parachutisme et balades dans les dunes en quatre-roues figurent parmi la gamme des activités offertes dans cette oasis bordée par l’océan Atlantique.


Peut-être cela contribuera-t-il à attirer davantage de visiteurs, comme l’espère ardemment le ministère namibien du Tourisme. Dans son édition du 4 décembre dernier, The Namibian tirait d’ailleurs la sonnette d’alarme quant à la santé de l’industrie touristique au pays. Une chute importante de 11,2 % du nombre de visiteurs européens a été enregistrée entre 2010 et 2011, selon le quotidien. Les commerçants et les promoteurs touristiques ont sans doute raison de prétendre que la Namibie, qui a accédé à son indépendance en 1990, est le secret le mieux gardé de l’Afrique. Jusqu’à ce qu’il ne le soit plus.


 

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