Tourisme Afrique du Sud - Cap sur LE CAP enchanteur


	Une vue du sommet de Table Mountain.
Photo: Jeff H. Yoo
Une vue du sommet de Table Mountain.
Au Cap — Aujourd’hui encore, avec ses plages de sable blanc, ses rues animées et son spectaculaire bord de mer, la capitale législative sud-africaine a tout pour séduire — et c’est sans compter ces montagnes verdoyantes qui enclavent son centre-ville, une topographie qui n’est d’ailleurs pas sans rappeler celle de Rio de Janeiro.
 
Le premier réflexe de la plupart des visiteurs est souvent de mettre le cap sur le sommet de Table Mountain, intronisée au panthéon des sept merveilles naturelles du mon­de en 2011. Tandis que les plus téméraires, eux, chausseront leurs bottes de randonnée pour s’attaquer à son ascension, pour laquelle il faut prévoir environ deux heures et demie.
 
Il est fortement conseillé de gravir la montagne avec un accompagnateur ou un guide, car tous les chemins ne mènent pas forcément au sommet. Il est donc facile de s’égarer, surtout si le brouillard s’en mêle — et, le plus souvent, la fameuse « nappe » de nuages se dépose sur Table Mountain, ce qui rend la visibilité quasi nulle par endroits.
 
Quant aux plus pressés, ils opteront pour le téléphérique qui parcourt en moins de cinq minutes la distance entre le stationnement et le sommet. Avis aux cœurs sensibles : dès que la cabine commence à monter en altitude, son plancher effectue des rotations de 360 degrés. Il faut compter 205 rands (environ 23 $CAN) pour l’aller-retour.
 
Un réseau de sentiers sillon­ne le plateau de Table Mountain, qui culmine à 1085 mètres. Les panoramas y sont spectaculaires : on peut non seulement admirer le centre-ville (City Bowl), mais aussi les plages de Clifton et de Camps Bay, lieux de rendez-vous du gratin du Cap.
 
Située au flanc de la chaîne montagneuse des 12 apôtres, la plage de Camps Bay vaut le détour. La vue du sable blanc et de l’eau cristalline arrive facilement à faire oublier la sensation plus ou moins agréable des puissantes rafales de vent et celle de l’eau glaciale de l’océan Indien.
 
Quelques hôtels jouxtant la plage, dont le Bay Hotel, proposent des forfaits quotidiens (environ 12 $CAN pour les frais d’admission) aux visiteurs désireux de siroter un cocktail dans une piscine, avec vue sur la plage, ou de se prélasser sur des fauteuils en admirant le coucher de soleil.
 
Ce point de vue est parfait pour observer l’astre briller de tous ses feux lorsqu’il tire sa révérence. Le sommet de Lion’s Head est un autre endroit de prédilection pour profiter de la beauté du spectacle. Il faut compter un peu plus d’une heure pour s’y rendre à pied à partir du stationnement. Le parcours est relativement facile, bien qu’il se corse un peu vers la fin, mais le jeu en vaut vraiment la chandelle. À noter que les soirs de pleine lune, la montagne est prise d’assaut autant par les «locaux» que par les touristes. Même si le reflet de la lune éclaire assez bien le sentier, il est tout de même recommandé d’emporter une lampe de poche pour la descente.
 
Un tel effort physique creuse l’appétit et donne soif. Au pied de Lion’s Head, il y a toujours Long Street, éclectique artère bondée de restaurants et de bars où se retrouvent la jeunesse du Cap, les touristes… et les pickpockets chevronnés.
 
Petite parenthèse : la question de la sécurité en Afrique du Sud est source d’inquiétude pour certains voyageurs. Le pays affiche, après tout, l’un des taux de criminalité les plus élevés au monde. Mais, à ce chapitre, il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure au Cap, alors que du côté de Johannesbourg et de Durban, c’est une autre histoire.
 
Pour une soirée plus paisible, le port Victoria & Alfred (V & A Waterfront) représente une option intéressante. En fait, que ce soit de jour ou de soir, une visite du lieu s’impose. Inspiré des modèles de Sydney et de San Francisco, ce projet d’urbanisme de plusieurs milliards de dollars avait pour but de revitaliser les quais et les docks pour en faire des établissements commerciaux, et ce, tout en maintenant les activités portuaires. Pari réussi. D’ailleurs, le développement se poursuit toujours : d’anciens silos à grains feront notamment place à des condos sous peu.
 
C’est également là que se trouve le carré Nobel consacré aux quatre lauréats sud-africains de cette distinction internationale. On y aperçoit, côte à côte, les anciens premiers ministres Frederik W. de Klerk et Nelson Mandela, l’archevêque Desmond Tutu et l’ancien président du Congrès national africain Albert Luthuli, tous récipiendaires du prix Nobel de la Paix.
 
Les navettes reliant Le Cap à Robben Island, le pénitencier tristement célèbre où ont été jetés Nelson Mandela et d’autres prisonniers politiques pendant le régime de l’apartheid, sont amarrées non loin, à l’ombre de la Tour de l’horloge. Mieux vaut réserver les billets à l’avance sur Internet et ensuite vérifier, avant de se rendre sur place, si les départs n’ont pas été annulés en raison des forts vents qui balaient régulièrement le secteur.
 
Même s’il relève pratiquement du sacrilège de critiquer un endroit associé au nom du héros de la lutte anti-apartheid, force est d’admettre que la visite de l’île et de sa prison est extrêmement décevante. Le site a beau être classé au Patrimoine mondial de l’UNESCO, il n’est pas exploité avec classe pour autant. La visite de 45 minutes dans un autocar bondé est peu informative et le tour d’environ 20 minutes offert par d’anciens prisonniers politiques est on ne peut plus expéditif.
 
Et sortez vite votre appareil photo lorsque les explications du guide tireront à leur fin : vous aurez droit à une dizaine de secondes, top chrono, pour photographier la cellule dans laquelle a croupi Nelson Mandela pendant une vingtaine d’années.
 
L’héritage historique, social et culturel de Mandela est probablement plus palpable au Cap, notamment du côté de Grand Parade. Cette grande place, où avait lieu jadis la traite des esclaves, est située en face de l’ancien hôtel de ville où le père de la nation arc-en-ciel a livré son premier discours à la nation après 27 années passées derrière les barreaux. L’esplanade a été revampée depuis, afin de permettre à la foule de se rassembler pour un autre type de spectacle, la diffusion sur écrans géants des parties de la Coupe du monde de soccer en 2010.
 
Les mercredis et samedis, jours de marché, la folie s’empare de la place et il devient difficile d’y circuler en conservant son sang-froid. Heureusement, il suffit de parcourir une centaine de mètres avant de franchir les grilles des Company’s Gardens. Cette parcelle de terre exploitée par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales entre les XVIIe et XVIIIe siècles est un vestige de l’ancienne vocation agricole du Cap. Les fruits et les légumes ont cependant fait place aux roseraies, aux palmiers et aux protéas, emblème floral de l’Afrique du Sud qui orne les maillots de l’équipe nationale de rugby.
 
La Ville mère a un tas de choses à offrir. Des musées. Le jardin botanique de Kristenbosch. Le coloré quartier musulman de Bo Kaap. Mais les alentours du Cap comptent quelques incontournables qui valent sans contredit le déplacement. Cape Point et le Cap de Bonne-Espérance sont de ceux-là.
 
Le Cape Peninsula Tour proposé par le Baz Bus, qui dessert normalement une clientèle de voyageurs sac-à-dos, peut convenir à bon nombre de voyageurs (environ 70$ CAN, dîner compris). Il s’amorce par un tour en bateau jusqu’à l’île aux phoques de Hout Bay (compter un supplément de 7 $), se poursuit à la colonie de pingouins de Boulders Beach, puis avec un tour de vélo dans le parc national Table Mountain. La fin de la journée est consacrée à la randonnée au phare de Cape Point et au Cap de Bonne-Espérance, point le plus méridional du continent africain. Éreintante, mais exaltante journée.
 
Un autre must : la route des vins de la région de Stellenbosch, à environ une quarantaine de kilomètres du Cap. La production viticole dans cette région remonte au XVIIe siècle. Des dizaines de vignobles sont situés dans un rayon de 10 kilomètres de la ville universitaire de Stellenbosch, et la plupart d’entre eux ouvrent leurs portes au public.
 
Pour se déplacer au Cap et en périphérie, la location d’une voiture constitue une option intéressante. Les tarifs sont avantageux (environ 30 $ par jour pour une sous-compacte), le prix de l’essence est comparable à celui du Québec, et du point de vue des Montréalais, le réseau routier est en fort bon état. Une remarque, toutefois : les colonisateurs britanniques ont laissé en héritage aux Sud-Africains la conduite automobile du côté gauche de la rue. Mais c’est la marche arrière que vous risquez de chercher lorsque viendra le temps de vous diriger vers l’aéroport pour rentrer au bercail. Parole de Jan van Riebeeck.

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En vrac

Le circuit d’autocar rouge de Sightseeing South Africa permet d’avoir une excellente vue d’ensemble de la ville et de ses environs. On peut en monter et en descendre à tout moment, et il dessert notamment Table Mountain, Camps Bay et les points d’intérêt du centre-ville (14 $CAN pour une journée).
 
Envie d’exotisme? Le restaurant Arnolds de la rue Kloof, dans le quartier Oranjezicht, offre de copieuses assiettes de filets d’autruche, de côtes de crocodiles et autres viandes africaines à prix raisonnable. Compter environ 65 $CAN pour deux, vin compris.
 
Les amateurs de sensations fortes seront bien servis dans les environs du Cap, avec des activités comme la plongée en cage avec les requins (150 $CAN, transport et repas compris) ou encore le parachutisme (190 $CAN, tout compris).
 
L’excellent récit Un arc-en-ciel dans la nuit, signé Dominique Lapierre (La Cité de la joie), permet d’acquérir une compréhension historique et humaine de la réalité sud-africaine, de la fondation du Cap jusqu’à l’élection de Nelson Mandela à la tête du pays, en 1994.
 
Le transporteur KLM offre des liaisons aériennes quotidiennes de Montréal vers Le Cap, avec escale à Amsterdam.


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