Des racines mauriciennes en Iowa

Dubuque, Iowa — Demandez aux gens de Dubuque d’où vient ce nom à la consonance française, et ils vous diront : d’Europe. Pas faux, mais pas tout à fait exact. Pour tout dire, cette petite ville de l’Iowa en bordure du fleuve Mississippi et aux limites de l’Illinois et du Wisconsin tire son nom de son fondateur, Julien Dubuque, un explorateur originaire de Champlain, en Mauricie.

Le site de cette ville de quelque 60 000 âmes sise entre le fleuve mythique et l’une des rares collines de ce plat pays qu’est l’Iowa avait d’abord été parcouru par les explorateurs Louis Jolliet - un autre Canadien français - et le père Marquette à la fin du XVIIe siècle. Mais c’est le marchand de fourrures Julien Dubuque qui, en 1785, s’y installa pour exploiter en fin de compte une mine de plomb. Ce fut le début de l’essor minier - puis forestier - de la région, qui devait attirer nombre de pionniers français et autres Européens après la mort de Dubuque, en 1810.


Dès la moitié du XIXe siècle, des milliers d’Allemands et d’Irlandais catholiques en quête de travail arrivèrent en ville, y renforçant la présence catholique dans un pays par ailleurs plutôt protestant. Les 11 clochers d’églises qui barrent aujourd’hui l’horizon urbain sont là pour le rappeler.


L’architecture sophistiquée aux styles victorien, Second Empire, Beaux-Arts, gothique, Art déco et autres qui orne ce joyau du Midwest qu’on ne soupçonne pas témoigne d’un passé riche. Au tournant du XIXe siècle, alors qu’elle rivalisait de taille et d’opulence avec Chicago, qui se trouve à près de 300 kilomètres, Dubuque attirait chez elle les vedettes et les puissants de l’heure. Mark Twain et, un peu plus tard, Al Capone devaient compter parmi les clients du chic hôtel Julien Dubuque.


Fraîchement rénové et toujours orné de la fleur de lys, l’hôtel fondé en 1839 trône aujourd’hui au centre d’une ville qui a récolté à foison les prix et les récompenses au cours des 10 dernières années. Après avoir traversé une période de déclin économique et démographique dans les années 1980, la revitalisation du centre-ville et la transformation de l’économie ont fini par valoir à Dubuque, entre autres, les titres de 3e ville la plus agréable à vivre au monde, de meilleure ville de petite taille où élever une famille aux États-Unis et de l’une des 10 villes les plus « intelligentes » de la planète (soit celles qui recourent le mieux aux technologies de l’information et des communications pour exploiter plus efficacement les ressources).


Tout près de 2 millions de touristes visitent Dubuque chaque année. (En comparaison, la ville de Québec en attire 4,5 millions.) Un chiffre plus qu’honorable pour cette fleur de lys transplantée sur les rives du Mississippi.


 

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