Tourisme Montréal - Des spas «à la Montréal» comme appâts touristiques

Jessica Nadeau Collaboration spéciale
Montréal reçoit de 600 000 à 800 000 congressistes par an provenant des quatre coins du monde, ce qui fait du secteur des affaires le marché le plus lucratif en matière de dépenses touristiques.
Photo: Denis Tremblay Montréal reçoit de 600 000 à 800 000 congressistes par an provenant des quatre coins du monde, ce qui fait du secteur des affaires le marché le plus lucratif en matière de dépenses touristiques.

Ce texte fait partie du cahier spécial Congrès et tourisme d'affaires octobre 2012

Pour attirer les congressistes, Tourisme Montréal mise de plus en plus sur les « spas à la Montréal », révèle le vice-président des ventes affaires de l’organisme, Michel Bourdon. Et Montréal, ville culturellement multiple, se vend bien.

«Depuis quelques années, les spas deviennent de plus en plus populaires. C’est une tendance mondiale dont nous tirons profit, puisqu’il y a une demande », note Michel Bourdon, de Tourisme Montréal, qui vante la qualité et la créativité des spas montréalais, permettant aujourd’hui à la métropole de se démarquer encore davantage sur la scène internationale.


Bon an, mal an, Montréal reçoit de 600 000 à 800 000 congressistes provenant d’un peu partout sur la planète, ce qui fait du secteur des affaires le marché le plus lucratif en matière de dépenses touristiques. « La notoriété de Montréal n’est plus à faire, se réjouit Michel Bourdon. Les congressistes savent qu’ils vont être dans un endroit à la fois très sécuritaire et festif. »


Pour conserver ce flot des amateurs de pérégrinations, Tourisme Montréal, en partenariat avec la communauté d’affaires de Montréal, ne ménage pas ses efforts, envoyant des délégués un peu partout à travers le monde pour faire la promotion de la métropole, dernière enclave francophone au coeur du continent américain. « On ne peut pas se contenter d’attendre les clients, il faut aller les chercher , explique le grand manitou de la vente chez Tourisme Montréal, qui a développé, ces dernières années, une thématique articulée autour des stations balnéaires pour le démarchage à l’étranger. Les organisateurs de congrès sont des gens extrêmement sollicités. Nous les invitons donc, dans le cadre d’activités très pointues, dans un “ spa à la Montréal ”, ce qui nous permet de passer avec eux un moment très privilégié où ils ne sont pas dérangés, ni par leur téléphone, ni par les courriels. »


La mise en oeuvre de la stratégie est simple : où qu’ils soient sur la planète, les délégués vont dénicher un spa attrayant et le maquiller pour lui donner ce petit « je ne sais quoi » typiquement montréalais. « Une fois que nous les avons au spa, bien détendus et captifs, nous pouvons leur parler de Montréal. S’ils démontrent un intérêt, nous les invitons par la suite à une tournée de familiarisation où nous leur ferons voir, dans la réalité montréalaise, ce type d’installation. »


Ces tournées, qui s’organisent plusieurs fois par année, permettent de mettre en évidence les attraits principaux de la ville. Les organisateurs sont, par la suite, invités sur une base individuelle à une tournée d’inspection, où on cible leurs besoins particuliers.


Ce qui fait l’attrait de Montréal varie en fonction de la provenance du congressiste, constate Michel Bourdon. « Les Américains aiment bien le côté européen, mais ils se sentent sécurisés de retrouver des bannières hôtelières qu’ils reconnaissent. En ce qui concerne le marché international, le mélange des cultures européenne et nord-américaine les fascine. Ils sont subjugués de voir qu’on travaille un peu comme les Nord-Américains, qu’on s’amuse comme les Latins et qu’on peut manger comme les Européens. »


Des incontournables


Mais, au-delà de ces spécificités, il y a des incontournables, et ce, toutes clientèles confondues. « La culture première de Montréal, dans l’esprit des congressistes, ce sont les musées. » Michel Bourdon hésite quelques secondes. « Et la cuisine ! Ils en salivent déjà et veulent expérimenter le plus de restaurants possible. »


Le volet créatif, mis à l’honneur sur la scène internationale par des ambassadeurs tels que le Cirque du Soleil, s’avère « très vendeur », de même que les festivals et la conception de jeux vidéo.


« L’un des éléments qui peut sembler banal pour nous, Montréalais, mais qui est un point fort des congressistes lors de leur séjour, c’est la ville souterraine. Ça les impressionne d’être capables de partir d’un secteur de la ville et d’arriver à l’autre extrémité sans jamais être sortis dehors. D’autant plus que, sur leur passage, ils trouvent tout ce dont ils ont besoin, les banques, restaurants et magasins. Pour eux, c’est extraordinaire ! »


L’autre incontournable, c’est de faire la tournée des boutiques. « Montréal a la réputation d’être une ville bouillonnante. Tous ceux qui viennent à Montréal, même pendant les visites d’inspection, veulent aller magasiner. »


Les congressistes sont si bien occupés pendant leur séjour qu’ils ont peu de temps pour profiter de la ville en dehors des activités planifiées, note Michel Bourdon, qui tente donc de les amener à prolonger leur séjour, dont la moyenne est de 3,4 nuits.


« Une journée typique dans la vie d’un congressiste, c’est assez occupé, merci ! Les congressistes sont réglés au quart de tour, et cela, peu importe le marché. C’est un investissement majeur pour une entreprise aujourd’hui de tenir un congrès, alors elle s’assure de canaliser 100 % de son temps. » Entre les déjeuners-causeries, les ateliers et les plénières, le congressiste ne voit la ville souvent que lors des soirées thématiques organisées par l’entreprise. Il n’aura, s’il est chanceux, qu’une ou deux soirées libres pendant toute la durée du congrès.


Mais c’est une tout autre chose du côté des conjoints et conjointes, qui, eux et elles, bénéficient souvent d’un programme court élaboré par l’entreprise. « Ça commence généralement par un tour de ville. On peut aussi penser à une activité sur le fleuve ou la visite d’une cabane à sucre. Ensuite, ils travaillent avec une agence réceptive ou les concierges des hôtels, en fonction de leurs propres besoins. Les musées - et les spas - vont souvent tirer profit des conjoints qui, eux, sont libres toute la journée. »


Michel Bourdon semble passionné par son travail, qui l’amène à prendre conscience, chaque jour, de la chance qu’il a de vivre dans une ville tant prisée par la clientèle internationale. « En tant que Montréalais, nous sommes généralement très fiers de notre ville, mais nous ne nous rendons pas compte à quel point nous sommes privilégiés de vivre dans une telle ville. Pour mes collègues et moi, ça nous fait retomber en amour avec notre ville chaque fois. »

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