L'artmoney, nouvelle monnaie d'échange hôtelière

Quelques oeuvres qui ont été échangées contre une partie de la facture d'une nuitée à l'hôtel Ibsens.
Photo: Gary Lawrence Quelques oeuvres qui ont été échangées contre une partie de la facture d'une nuitée à l'hôtel Ibsens.

Vous avez envie de dormir à prix modique à Copenhague ? Rien de plus facile: rendez-vous sur le site d’Artmoney, créez votre propre œuvre en suivant les directives et présentez-vous à l’hôtel Ibsens avec le fruit de votre créativité.

« Nous sommes le premier établissement hôtelier au monde à accepter des œuvres d’art en guise de paiement ! », assure la copropriétaire, Kirsten Brøchner.
 
Après avoir été monnayée contre une partie d’une nuitée dans cet hôtel de Nansensgade, secteur branché de la capitale danoise, chaque œuvre (peinture, gravure, illustration) est exposée temporairement dans la salle à manger et offerte à la vente pour 200 couronnes (environ 35 $), soit la même valeur que son « prix d’achat ».
 
L’âme artiste

« Pour créer votre propre artmoney, nul besoin d’être un artiste professionnel, il suffit de l’être dans l’âme », assure Kirsten Brøchner. 
 
Mais pour transiger en ayant recours à cette pratique à mi-chemin entre le troc et le faux monnayage légal, il faut réaliser à la main des œuvres 100 % originales.
 
Lancé en 1997 à Copenhague par le peintre Lars Kraemmer, l’artmoney permet aux créateurs de vivre un peu de leur art en inventant eux-mêmes leur devise universelle, puisqu’elle est échangeable contre plusieurs biens et services offerts par des particuliers et des commerces inscrits sur le site. Celui-ci recense plus de 10 000 œuvres issues de l’imaginaire d’un millier d’artistes provenant de 46 pays… pour le moment.
 
Histoire vraie

À ceux qui doutent de la viabilité du concept, Kirsten Brøchner se plaît à raconter l’histoire d’un Tanzanien qui, parti de rien, a échangé ses œuvres contre un ordinateur, ce qui lui a permis de concevoir un site Web puis de monter une petite entreprise de safaris, aujourd’hui florissante. Qui a dit que l’art payait peu du vivant de celui qui crée ?
 
 
Collaborateur