Minganie - Le roman des Cayens

Havre-Saint-Pierre – Les Acadiens sont liés pour toujours à la Côte-Nord. Après leur déportation lors du Grand Dérangement de 1755, des familles s’étaient installées aux îles de la Madeleine. Mais pour diverses raisons, leur vie restait très difficile. Un siècle plus tard, certains de leurs descendants quittent les Îles, se répartissent le long de la Côte-Nord et entament un autre épisode de leur histoire. Dans ce lieu nouveau, tout reste à faire.

Riches de leurs traditions, les Acadiens se mettent au travail, enrichissent la terre comme ils en avaient l’habitude, avec des débris de poissons et des algues. Les récoltes sont bonnes, on ramasse notamment la fameuse pomme de terre bleue. Côté mer, jusqu’en 1880, c’est l’abondance : morue, hareng, loup marin… Entre-temps, en 1857, ils ont fondé Havre-Saint-Pierre.

 

Fresque historique

Sur le quai, l’ancien magasin général est devenu une maison de la culture et un centre d’interprétation. L’exposition permanente, L’autre roman, relate l’histoire des Cayens (comme on les appelait à l’époque) de Minganie et de la localité depuis sa création.

On parcourt cette fresque historique en compagnie d’un personnage imaginaire, Marianne Boudreau. Une mise en scène très réaliste, avec des mannequins grandeur nature illustrant le mode de vie des habitants, mis en situation dans les diverses facettes de leur existence : pêche, chasse, vie domestique, éducation, santé, culture, religion… Meubles, objets, barques, outils, panneaux, postes de consultation interactifs, cartes, maquettes, photos d’époque et films vidéo avec des témoignages d’anciens du village recréent tout cet univers.

Dans la section de l’exposition nommée « Là où il y a une dune de sable », on rencontre Placide Vigneau, mousse, puis capitaine de goélette qui, « avec sa manie de griffonner » et de consigner tous les faits, va devenir chroniqueur, faisant connaître l’histoire locale. Quant à la section « Ces gens qui peuplent », elle s’attarde aux pêcheurs madelinots qui donnèrent naissance aux villages de la Côte-Nord, aidés par une mer généreuse abondante en ressources. Trois pêches rythment l’année. Tous les hommes aptes au travail sont mobilisés, les petits garçons dès l’âge de huit ans aussi. Les bons jours, ils ramènent jusqu’à 10 000 poissons ! Mais vers 1880, une pénurie entraîne une crise majeure. C’est à nouveau l’exode pour certains, qui partent travailler dans l’industrie forestière. « Ces âmes habitées » présente l’histoire des Innus, l’univers des femmes de Pointe-aux-Esquimaux.

Le territoire et les îles calcaires aux fantastiques paysages, mais aussi la religion qui dicte ses lois, l’école, la santé, avec la fondation du premier hôpital en 1930, complètent le tableau. À cette époque, on découvre les richesses de la terre dans l’arrière-pays. La mine à ciel ouvert d’ilménite (un alliage fer-titane) crée de l’emploi, les échanges commerciaux se développent.

 

Technologie

Puis tout s’accélère. La section « Dans le sillage de la vitesse » nous informe que les évolutions technologiques amènent le télégraphe en 1889, la livraison du courrier par avion dès 1927, le poste radio en 1932. Les « Accents culturels » illustrent la vie associative, l’arrivée du cinéma sur grand écran en 1938, les traditions culinaires avec les feuilles de navet, le bouilli de boeuf salé, les ragoûts, la morue salée. On apprend aussi que les Cayens portaient deux noms : un nom de baptême suivi d’un surnom.

Une passionnante visite à la rencontre des Boudreau à Madoise, Boudreau à Clémentine et autres Cormier ou Landry.

 

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Collaboratrice