Saguenay–Lac-Saint-Jean - Un jardin de rêve devenu réalité

Le moins que l’on puisse dire c’est que Brian Scullion a de la suite dans les idées. Déjà à l’âge de sept ans, ce natif d’Alma (Lac Saint-Jean), d’origine irlandaise par son grand-père, était amoureux de la nature et rêvait d’horticulture. Quelques années plus tard, devenu photographe, cinéaste et pilote de brousse, il vécut un incident qui allait bouleverser sa vie : « J’ai fait un atterrissage forcé dans ce champ et ma vocation est née ! »

C’est le déclic. En 1985, il achète ce terrain de 40 hectares abandonné près d’Alma, se lance dans un travail acharné de jour comme de nuit et plante 10 000 arbres les trois premières années. Des coupe-vent, des essences à croissance rapide comme le tilleul ou le frêne, des feuillus nobles : chêne, érable, orme. Il devient grossiste en produits horticoles ornementaux, puis misant sur son expérience et ses talents d’artiste, il décide, en collaboration avec sa conjointe, Josée Fortin, de créer de toutes pièces un jardin dans un environnement harmonieux et paisible qui sera ouvert au public en 1999. La pépinière lui permet de vivre de sa passion et de faire de la recherche sur le degré d’adaptation des espèces au climat de la région.

 

Plus de 2000 espèces

Côté artistique, c’est un festival. On passe du jardin des plantes asiatiques au jardin des rhododendrons et des azalées ; du jeune jardin de conifères forestiers aux 150 nouvelles variétés pour la plupart inusitées ici (épinette de Norvège, pin parasol japonais, épinette bleue des É.-U., sapin pleureur, sapin de Corée, épicéa multigreffe, thuya occidental de République tchèque…) au jardin de plantes ornementales. Les massifs floraux offrent des palettes de couleurs froides (bleu, blanc, mauve, lavande) ou chaudes (jaune, orangé, rose). Profitant d’un microclimat et d’un sol riche en matières organiques, Brian Scullion teste tous les ans 60 à 80 espèces de plantes ornementales et d’arbres. Actuellement, 2000 espèces provenant du monde entier s’épanouissent dans le jardin. Du côté des 3,5 km de sentiers forestiers qui mènent à l’écluse à castors et au camp forestier traditionnel, et des deux authentiques tourbières, 80 espèces de plantes indigènes et carnivores comme la sarracénie pourpre ou le droséra batifolent en toute liberté. Il y a encore mieux. Après quatre ans de travaux, l’installation de sept kilomètres de fils souterrains et de 650 lampes à faible consommation d’énergie, le jardin s’illumine la nuit. La visite, alors, devient féerique.

 

Jardin écolo

Artiste… mais très rigoureux dans sa politique environnementale. Tout est naturel, aucun engrais chimique et aucun pesticide ne sont utilisés. Les déchets sont compostés, on récupère l’eau de pluie, des poules se chargent du nettoyage en mangeant le surplus d’herbe (!) et au restaurant, on sert des produits locaux. Pour la structure du superbe bâtiment d’accueil, Brian Scullion a utilisé d’anciennes estacades venant de la rivière Petite-Décharge. D’énormes pièces en sapin de Douglas de Colombie-Britannique donnent à l’ensemble un cachet extraordinaire.

Jardin Scullion et pépinière; 1985, Rang 7 Ouest, L’Ascension-de-Notre-Seigneur. En saison (du 15 juin au 15 septembre), ouvert tous les jours ; sur réservation le reste de l’année. Compter de trois à quatre heures pour la visite. Jusqu’à la fin août, ouvert en soirée les jeudis et vendredis : forfaits repas et visite de nuit du jardin illuminé (il faut réserver).


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Collaboration spéciale