Les Saintes - De la pêche au tourisme familial

Les Saintes — Il n'y pleut pas souvent. On ne s'en plaindra pas. Les Saintes, ce tout petit archipel niché au large de la Guadeloupe, est tout simplement un bout de paradis.

Il n'y pleut pas souvent. C'est la raison pour laquelle il n'y a pas eu d'esclavage de masse, comme en Guadeloupe voisine. Les Saintes, c'était jusqu'à tout récemment une commune vivant principalement de la pêche. En fait, ce n'est qu'au cours de la dernière année, à cause du déclin de la pêche, que la commune a officiellement pris le tourisme comme vocation première.

À la sortie du débarcadère de Terre-de-Haut, dans ce village où ne circule aucune voiture, il y a déjà un moment que les Québécois Sylvie Lavoie et Yves Blanchette ont trouvé leur avenir.

À l'organisme Clear Blue Caraïbes, par lequel ils louent et vendent des kayaks à base transparente qui permettent d'explorer les fonds marins, poissons et coraux du coin sans se mouiller, ils ont ajouté la location d'un gîte, en plein village, tout près de la plage où se trouvent les kayaks. Les enfants y sont les bienvenus.

Il faut dire que Clear Blue Caraïbes adhère à la toute nouvelle certification Vacances Familles +, qui regroupe plusieurs commerces de l'archipel et qui certifie que les enfants y seront bien reçus. C'est en tout cas sûrement le cas chez Yves et Sylvie, qui ont d'ailleurs pensé, avant de lancer leur entreprise de kayak, à monter un théâtre de marionnettes racontant l'histoire des Saintes.

Respectivement professeure en communications et relationniste et conseiller politique pour le Bloc québécois, Sylvie et Yves fréquentaient les Saintes depuis un certain temps lorsqu'ils ont décidé d'y élire domicile. Ils ont établi leurs quartiers à l'intérieur des murs d'une ancienne enceinte militaire, où circulent désormais les poules et les chiens du couple.

Il faut dire que la première vocation de cet archipel divin était essentiellement militaire. On le découvre en grimpant jusqu'au fort Napoléon, aujourd'hui converti en musée, juché sur le morne Mire de l'île de Terre de Haut et d'où on jouit d'un point de vue absolument spectaculaire sur l'archipel. Le fort, construit au début du XIXe siècle, est en plus ceinturé d'un magnifique jardin extérieur, où les iguanes font la sieste sur différentes espèces de cactus.

Mais c'est surtout pour l'ambiance et pour la vue qu'on souhaitera revenir aux Saintes encore et encore. Pour le plaisir de regarder les pêcheurs décharger leurs prises de poissons chirurgiens, de pieuvres, de dorades ou même de requins, après une nuit de travail.

Pour marcher dans les rues sans risquer d'être bousculé par les voitures, celles-ci y étant à peu près inexistantes. Pour nager librement avec les poissons de toutes les couleurs, un masque au-dessus du nez. Pour s'user les mollets sur le morne Mire ou celui du Chameau.

C'est à regret qu'on prendra le chemin du retour à bord du CTN-Deher qui assure quotidiennement la navette avec Trois-Rivières, en Guadeloupe. Une traversée rapide mais pas assez fréquente, au dire de plusieurs résidants et commerces des Saintes, qui visent, au cours des prochaines années, un développement touristique plus important sur l'île.
1 commentaire
  • Alain Bélanger - Inscrit 18 février 2012 15 h 21

    Les Saintes sans voitures???

    Nous avons séjournés plusieurs fois aux Saintes et y avons de bons copains. L'article est intéressant mais nous nous posons des questions quant à l'absence d'automobiles... En effet, il s'agit d'un des problèmes majeurs de Terre de Haut - l'un des deux ilots des Saintes, l'autre étant Terre de Bas - de plus l'abondance des motos à louer pour les visiteurs quotidiens de l'île constituent un autre problèmes non négligeabkes étant donné que l'ilot ne mesure que 3 kilomètres sur 5 !