Planifier un safari

Une tente du Kilima Tented Lodge dans le Masai Mara, au Kenya.<br />
Photo: Anne Michaud Une tente du Kilima Tented Lodge dans le Masai Mara, au Kenya.

Un safari-photo en Afrique, c'est souvent un voyage qu'on ne se paye qu'une fois dans sa vie. Il faut donc le planifier avec soin en s'assurant de choisir la formule qui nous convient le mieux. Voici quelques conseils pour ce faire, peu importe le moment où l'on décide de passer du rêve à la réalité.

Le budget

Même si, au final, tous les visiteurs vont dans les mêmes parcs et voient à peu près les mêmes animaux, il existe de grandes différences de prix entre les types de safaris.

Comme son nom l'indique, un safari de luxe sur mesure est conçu selon des besoins particuliers. On peut ainsi visiter les parcs et réserves de son choix plutôt que de suivre un programme préétabli. Pour minimiser les pertes de temps et l'inconfort, les déplacements se font généralement en avion, ce qui permet d'admirer le paysage du haut des airs. L'hébergement est prévu dans des hôtels de luxe où l'on peut s'attendre à un traitement de pacha. Bien entendu, le prix est en conséquence des services et il faut compter au minimum 15 000 $ par personne pour un tel safari d'une durée de 18 à 20 jours.

À l'autre bout du spectre se trouve le safari à la dure: les déplacements, même à l'intérieur des parcs, se font dans des camions poids-lourds transformés en autobus et les participants couchent sous la tente, dans des campings où les services de base (douches, toilettes, etc.) sont généralement très limités. Malgré l'absence de confort, il faut tout de même prévoir au minimum 6000 $ par personne pour un tel safari de 18 à 20 jours.

À mi-chemin entre les deux, la formule la plus populaire est celle du safari confort. Les déplacements se font alors dans des véhicules de type Jeep ou Land Rover et les hôtels sont très adéquats, parfois même exceptionnellement agréables, sans toutefois verser dans le grand luxe. Certains sont de type tented lodge, où les chambres sont en fait des tentes installées de manière permanente ou semi-permanente, équipées de lits, d'armoires ou de tablettes pour déposer ses vêtements, d'un éclairage électrique minimal et d'une salle de bain complète. Le coût d'un safari de ce type est d'environ 10 000 $ pour 18 à 20 jours.

Une mise en garde s'impose: pour demeurer concurrentiels, certains voyagistes excluent de leurs prix les frais d'entrée dans les parcs et réserves. Comme ces coûts s'élèvent au moins à 60 $ par personne, par jour, le montant additionnel à débourser peut atteindre près de 1000 $. Aussi, il faut toujours prévoir environ 10 % du montant total à verser en pourboires de toutes sortes durant le voyage.

Les difficultés de déplacement

Cent kilomètres sur une route nord-américaine ou européenne, c'est l'affaire d'une heure ou moins, alors que sur une route d'Afrique, ça peut prendre plusieurs heures, sinon toute une journée! Sur ce continent, le mot «route» doit être compris dans un sens très large et peut très bien désigner le lit d'une rivière à sec, une piste de brousse où l'on risque de s'enfoncer dans la boue jusqu'aux essieux ou un champ de cailloux sur lesquels la jeep rebondit sans relâche.

Et pourtant, certains voyagistes n'hésitent pas à prévoir des étapes de plusieurs centaines de kilomètres pour éviter des frais d'hôtels et/ou pour donner à leurs clients l'impression qu'ils en ont plus pour leur argent. Cette pratique ne tient pas compte du fait que même le voyageur le plus résistant sera vite épuisé et que ce n'est pas parce qu'on visite huit parcs et réserves, plutôt que six, qu'on verra nécessairement plus d'animaux.

La résistance à l'inactivité

Lors d'un safari-photo en Afrique, on passe la majeure partie de son temps à observer et à photographier des animaux depuis un véhicule automobile, sans pouvoir en descendre. En effet, sauf à certains endroits désignés, il est absolument interdit de mettre pied à terre et encore plus d'aller se dégourdir les jambes. Même autour des hôtels et campements, les déplacements piétonniers sont très limités: impossible de faire son petit jogging matinal ou une promenade digestive après le souper.

Si le lodge ou campement est au coeur ou en bordure d'une réserve, il est même probable qu'on impose aux voyageurs une escorte armée pour se rendre de la chambre ou de la tente jusqu'à la salle à manger! Pour des gens qui ont l'habitude de faire du sport sur une base régulière, cette inaction forcée peut devenir très difficile: trois semaines à ce rythme et ils se sentiront comme des lions en cage!

Le cycle de migration des animaux


On peut se rendre à Paris à tout moment et y admirer la tour Eiffel, mais on ne peut pas se rendre dans un parc ou une réserve animalière en pensant que les animaux nous y attendront sagement. Les bêtes sauvages se déplacent par troupeaux entiers à travers le continent africain en suivant un calendrier qui ne tient pas compte de nos horaires de vacances!

Si on visite les plaines du Serengeti (le plus connu des parcs de Tanzanie) en février ou mars, notamment, on y verra des hordes innombrables de zèbres et de gnous, ainsi que de vastes troupeaux d'éléphants; par contre, au même endroit en septembre ou octobre, les troupeaux seront clairsemés, la plupart des animaux se trouvant alors plus au nord. Certains lieux attirent et retiennent toutefois une bonne quantité d'animaux sauvages à l'année. C'est le cas du parc Nakuru, au Kenya, ainsi que des réserves du Tarangire et du cratère Ngorongoro, en Tanzanie. Même au plus fort de la saison sèche, les animaux y trouvent de l'eau et de la verdure et on risque donc d'y faire des rencontres intéressantes à tout moment. Si on planifie un safari sur mesure, mieux vaut donc consulter une carte des mouvements migratoires des animaux, dont plusieurs sont disponibles sur Internet.

La taille du groupe

À moins qu'on ait décidé de partir seul(s) ou qu'on ait des amis avec qui voyager en groupe restreint, il faudra choisir les gens auxquels se joindre. Plusieurs facteurs doivent être considérés. Se sentira-t-on plus en sécurité si le groupe est accompagné par un(e) Québécois(e)? Le voyagiste garantit-il le départ sans égard au nombre de personnes inscrites ou exige-t-il un minimum d'inscriptions? À quel moment ce minimum doit-il être atteint pour que le départ soit confirmé? Quelle est la taille maximale du groupe? Pour ma part, j'estime le maximum à huit ou dix participants, incluant le guide et le chauffeur; le groupe peut alors se répartir dans deux véhicules qui se suivront facilement. Si on est unilingue francophone, s'assurer que le guide ou le chauffeur parlera le français.

Les activités culturelles

Bien que les visites des parcs et réserves constituent le coeur d'un safari-photo, tous les voyagistes proposent aussi quelques activités culturelles. Mais elles ne se valent pas toutes! Lorsqu'on promet un tour «dans un village typique» se terminant par un «spectacle de danses typiques» avec l'occasion d'acheter «de l'artisanat typique», il y a de bonnes chances que le village ait été construit à des fins touristiques et que la principale, sinon la seule occupation de ses habitants consiste à recevoir jour après jour des groupes de visiteurs.

Pour avoir un aperçu de la vie réelle des habitants d'une région ou d'une tribu donnée, il faut faire affaire avec un voyagiste dont le correspondant africain a créé des liens avec ces gens. On peut demander au voyagiste des renseignements sur ce correspondant, le type de services qu'il propose et son engagement envers les communautés où il nous conduira. Parce qu'en plus d'être une occasion de prendre de superbes photos d'animaux, un safari en Afrique peut devenir une expérience humaine qui laissera un souvenir impérissable.