Toronto - Les secrets de la civilisation maya

Vue du palais, site archéologique de Palenque, dans l’État du Chiapas, au Mexique. Classique récent (600-900 de notre ère).<br />
Photo: Justin Jennings Vue du palais, site archéologique de Palenque, dans l’État du Chiapas, au Mexique. Classique récent (600-900 de notre ère).

La fascinante civilisation des Mayas vient de prendre l'affiche du Musée royal de l'Ontario (ROM) à Toronto. Une nouvelle exposition en première mondiale fait le point sur les récentes découvertes de fouilles archéologiques et présente certaines pièces jamais encore exposées à ce jour, pas même au Mexique.

Les secrets de la civilisation maya couvre la période dite classique et l'apogée de cette civilisation, soit entre 250 ans avant notre ère et 900 ans de notre ère.

Avec quelque 250 pièces, sculptures de grande taille, céramiques, masques et bijoux, l'exposition aborde les relations entre les dirigeants mayas et le reste de la société, ainsi que divers aspects de la vie des Mayas.

Présentée en sept sections thématiques, l'exposition explore successivement le monde des Mayas, dont leur agriculture; les Cités-États, dont certains temples pyramidaux persistent dans le Yucatan; la cosmologie et les rituels; l'écriture par glyphes et les cycles temporels, dont le fameux calendrier long qui prend fin le 23 décembre 2012; les palais royaux; la mort; et le déclin de cette civilisation, dont la langue est toujours parlée de nos jours par 10 millions de personnes en Amérique centrale.

Les secrets de la civilisation maya est somme toute une exposition d'objets artistiques et archéologiques accompagnés d'explications didactiques, de maquettes et de films présentant le site des vestiges et des entrevues de spécialistes sur divers sujets tels que le déclin de cette civilisation.

Cette dernière partie passe un peu trop rapidement sur les raisons qui ont entraîné le recul des Mayas avant l'arrivée des colonisateurs espagnols.

Parmi les hypothèses expliquant ce déclin figurent la surpopulation, un changement climatique entraînant une période de sécheresse prolongée, l'intensification des guerres entre cités, la construction de nouveaux temples pour tenter d'amadouer ces dieux «en colère» (difficultés climatiques), le déclin de la monarchie et donc la perte de confiance dans l'élite dirigeante (la vidéo du ROM mentionne étrangement comment le déclin de ce «1 %» de la population a dû créer un vide de gouvernance et sans doute contribué au déclin de la civilisation).

L'exposition est en français et en anglais, à l'exception des vidéos. Des visites guidées en français seront offertes les premier et troisième vendredis du mois, à 14h.

Les secrets de la civilisation maya, jusqu'au 9 avril 2012 à Toronto (puis au Musée canadien des civilisations de Gatineau, de mai à octobre 2012). www.rom.on.ca/maya/fr. Gratuit le mardi pour les étudiants.

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Collaborateur du Devoir
3 commentaires
  • Gilbert Talbot - Abonné 1 décembre 2011 15 h 23

    Une petite correction : Les langues mayas et non la langue maya

    Vous écrivez : « la langue est toujours parlée de nos jours par 10 millions de personnes en Amérique centrale.»

    Au Guatemala, pays d'Amérique centrale où la population est maya à 60%, on y parle 22 langues mayas différentes, et non pas 22 dialectes d'une même langue.

  • maxime belley - Inscrit 2 décembre 2011 00 h 17

    Mr Talbot

    Vous demandez de la rigueur à un journaliste c'est comme demander la charité à un banquier.

  • Charles-Antoine Rouyer - Inscrit 6 décembre 2011 17 h 18

    Réponse au correctif: "maya language group" effectivement

    Après vérification auprès du Musée royal de l'Ontario, le conservateur en chef de l'exposition parle effectivement de "22 langues distinctes" plutôt que dialectes, toutes des langues mayas d'où l'expression en anglais - nous sommes ici à Toronto - de "Maya language group".

    Lors de l'avant-première de l'exposition (source de mon information) j'avais obtenu ce renseignement (langue maya encore parlée de nos jours) auprès d'un des archéologues mexicains - donc le S (langues au pluriel) n'a pas bien du passer à la traduction (deux non-anglophones communiquant en anglais).

    Je vous remercie donc d'avoir apporté cette précision, M Talbot.

    Ceci dit, l'objet de la phrase d'origine était d'indiquer que la culture maya dans son ensemble persistait encore de nos jours, qu'il y ait une langue et de nombreux dialectes ou 22 langues différentes.

    À ce titre, le chiffre de 10 millions de locuteurs donne également une idée de l'ampleur - ce qui m'a paru très intéressant également. Chiffre cité par l'archéologue mexicain et je pense largement accepté.

    (Pour ce qui est de la deuxième remarque, je laisse toute la responsabilité de cette généralisation à son auteur. Je m'interroge toutefois pourquoi il lit ainsi les journaux avec une si piètre opinion de la profession... Je n'ai toutefois pas inventé ni déformé le chiffre de 10 millions de locuteurs - recueilli lors de mon entrevue. Manque de rigueur vous dites?...)