Exposition au Musée de Charlevoix - Ainsi renaît l'époque des «bateaux blancs»

De 1842 à 1965, quatre générations successives de «bateaux blancs» ont sillonné le Saint-Laurent.
Photo: Claude Morin De 1842 à 1965, quatre générations successives de «bateaux blancs» ont sillonné le Saint-Laurent.

La splendeur des paysages du nord de l'estuaire du Saint-Laurent fascine les touristes depuis près de deux siècles. Dès 1821, les bateaux à vapeur transportent un grand nombre de voyageurs, issus des milieux urbains, vers les destinations «exotiques» de Kamouraska, sur la rive sud du Saint-Laurent, du fjord du Saguenay et de Charlevoix, sur la rive nord. Ces lieux géographiques enchanteurs deviennent ainsi des régions à la mode.

De 1842 à 1965, quatre générations successives de «bateaux blancs» ont sillonné le Saint-Laurent, avec le circuit maritime de la Croisière du Saguenay. «Beau dans sa majesté nordique intouchée, immaculée presque, un lieu à découvrir, donc à préserver. Une exploration sans objet autre que le plaisir de la découverte et de l'épanouissement personnel.» Le directeur de la Société d'histoire de Charlevoix, Serge Gauthier, décrit ainsi les croisières des «bateaux blancs» où le divertissement, le loisir, le repos et la contemplation occupaient une place prépondérante dans ce parcours riche de ses beautés naturelles.

Cette belle époque des navires de croisière sur le Saint-Laurent fait l'objet de l'exposition Cap sur les bateaux blancs, au Musée de Charlevoix à La Malbaie. Selon la conservatrice, Meggie Savard, «les bateaux blancs ont activement participé au développement économique de la région en permettant à la villégiature de prendre son essor». De 1923 à 1965, une flotte de quatre bâtiments — le Richelieu, le St. Lawrence, le Tadoussac et le Québec — a représenté la quatrième et dernière génération de navires connus sous le nom des «bateaux blancs».

Des paquebots somptueux, certes, mais peut-être surtout des bateaux de croisière animés par un personnel dévoué et avenant. D'ailleurs, l'essentiel des objets présentés à l'exposition provient des trésors des familles liées à ces grands navires de Charlevoix mais aussi de la région de Sorel-Tracy, où «les bateaux blancs» hivernaient avant leur remise en état au printemps.

Les photographies d'époque montrent également qu'il y avait foule au quai lors du passage de ces vaisseaux de rêve. Toute l'économie touristique de Charlevoix s'est développée dans le sillage des retombées reliées à l'itinéraire de ces fastueux navires qui transportaient les visiteurs de passage ou encore les résidants de toute une saison estivale.

Jeunes et moins jeunes, agriculteurs, commerçants, charpentiers et menuisiers ont appris à composer avec cette manne venue d'ailleurs. L'ouverture du premier Manoir Richelieu, au cours de l'été 1900, vient d'ailleurs confirmer cette «indéniable réussite commerciale», au tournant du XXe siècle.

L'exposition Cap sur les bateaux blancs se poursuit jusqu'au 13 mai 2012 au Musée de Charlevoix. www.museedecharlevoix.qc.ca.

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