Île de la Dominique - Jungle Bay Resort, un complexe à hauteur d'homme

Photo: Gary Lawrence

La Dominique — Quand on bourlingue en mode écoloresponsable et qu'on débarque en Dominique, petite île méconnue postée entre la Martinique et la Guadeloupe, le premier endroit où l'on a envie d'installer ses pénates, c'est le Jungle Bay Resort.

Propriété de Samuel Raphael, un Dominiquais longtemps expatrié puis revenu dans sa verdoyante île natale, ce petit complexe à hauteur d'homme et à grand heur d'âme réunit une impressionnante palette de caractéristiques dignes de mention.

Ainsi, les 35 bungalows répartis à flanc de montagne ont tous été construits sur pilotis — pour minimiser la perturbation des sols — avec du bois recueilli dans les environs, dont du bois récupéré.

Dotés d'une grande fenestration pour favoriser la lumière naturelle et exposés aux vents dominants pour ne pas se rendre esclaves des climatiseurs), tous comportent du mobilier créé sur place par des artisans locaux. Mieux: tout le complexe a été construit par des Dominiquais... qui n'avaient jamais touché à un marteau ou à une scie ronde de leur vie.

«En revenant m'établir en Dominique, dans les années 90, j'avais envie de bâtir tout en investissant dans l'avenir de ma communauté», explique Samuel Raphaël, un être charismatique à la voix apaisante qui aurait certes pu faire carrière comme prédicateur. «J'ai donc pris en charge la formation des travailleurs pour qu'ils puissent tout construire eux-mêmes et bénéficier d'un savoir-faire qui leur serait ultérieurement utile», poursuit-il.

À l'époque, plusieurs Dominiquais s'étaient retrouvés au chômage à la suite du déclin de l'industrie bananière. En tout et partout, il leur aura donc fallu une dizaine d'années pour apprendre à construire puis à ériger le complexe, du chalet d'accueil aux bungalows, en passant par la vaste salle de yoga et le restaurant dominant la mer, où 95 % des excellents mets servis sont bios et cultivés localement.

Aujourd'hui encore, une soixantaine de Dominiquais travaillent à temps plein dans ce ravissant complexe de villégiature juché au sommet d'une falaise dominant l'Atlantique.

Non content de gérer le Jungle Bay Resort en suivant religieusement les préceptes du développement durable, Samuel Raphaël parraine également des activités socialement responsables: corvées scolaires sur les plages pour nettoyer l'habitat des tortues marines, établissement d'un fonds de démarrage pour petites entreprises, etc.

Au surplus, il effectue des dons en argent à des familles défavorisées et met en place des bourses pour financer les études secondaires de jeunes Dominiquais.

Entre autres initiatives louables, l'entrepreneur préserve enfin plusieurs hectares de forêt tropicale pour compenser les émissions de carbone de ses clients... Dans un monde hôtelier où le profit demeure trop souvent le maître-mot, qui peut en dire autant?

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Collaborateur du Devoir

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L'auteur était l'invité de l'Office de tourisme de la Dominique.