Transport - Le monde selon Qatar Airways

Dans le Premium Terminal de Doha.
Photo: Dans le Premium Terminal de Doha.

À mes côtés, une dame portant un uniforme qui évoque celui des Sentinelles de l'air s'affaire à couvrir d'un drap matelassé le lit mollet de ma voisine de siège, celle-là même qui revient des toilettes vêtue du pyjama qu'elle a trouvé sous son immense écran de télé. Entre les bulles qui montent dans sa flûte de champagne, j'entrevois les bandes-annonces qui défilent devant ses yeux: pas facile de choisir parmi 200 longs métrages, dont certains ne sont même pas arrivés en salle à Montréal.

Pour ma part, j'assimile encore mon délectable repas du soir, servi avec la délicatesse et le décorum qu'on réserve d'ordinaire aux nababs. Repu et replet, j'actionne la fonction de massage de mon siège et je refuse augustement la énième proposition de la souriante agente de bord, en lui signifiant que j'ai tout ce qu'il me faut, merci. Enfin. La surabondance de petites attentions est le genre de contraintes auxquelles on s'expose en prenant place à bord de la classe affaires de Qatar Airways.

Fondé en 1994 et doté de l'une des plus jeunes flottes du globe, le transporteur national qatari peut se targuer d'être une des six compagnies aériennes qualifiées de «cinq étoiles» par la firme Skytrax, qui sonde chaque année 18 millions de voyageurs pour distribuer ses World Airlines Awards. Entre autres honneurs que Qatar Airways y a récoltés au fil des ans, trois se démarquent: meilleure classe affaires et meilleure restauration en classe affaires au monde (en 2010), et surtout meilleur transporteur aérien de la planète cette année.

En arrivant au Premium Terminal de Doha, où je suis en transit pour Mumbai, ces reconnaissances continuent de s'avérer justes: unique au monde, cette immense aérogare de 10 000 mètres carrés est entièrement dédiée aux passagers des classes affaires et première, qui disposent de deux vastes et confortables salons à l'ambiance feutrée, dans un cadre digne d'un lounge d'hôtel-boutique.

L'accueil s'y fait par un service de concierge exclusif, l'embarquement s'effectue illico presto et s'y déploient une boutique hors taxes, plusieurs restaurants plus ou moins gastronomiques, une boulangerie et un bar à thé ainsi que moult bars ouverts. Les petiots ont accès à une aire de jeux avec service de gardiennage, les ados et adulescents peuvent se délier les pouces sur une console, tandis que papa se douche ou sue au sauna et que maman s'active les globules rouges dans le bain à remous. Au salon de première classe, il est même possible de roupiller un brin dans des chambrettes et de s'offrir un massage ou une exfoliation au spa.

En fait, même l'aéroport de Doha est présentement en train de faire peau neuve: l'an prochain, une nouvelle aérogare centrale y sera inaugurée au terme d'un milliard de dollars d'investissements. Le transporteur qatari tient tellement à développer sa plaque tournante qu'il ne se soucie guère d'inciter les voyageurs en transit à parcourir la capitale du Qatar. En lieu et place, il préfère mettre en évidence l'à-propos de son escale pour rallier par vols directs les Maldives, l'Ouganda, Shiraz, Shanghai, Bali, Manille ou l'Inde (11 villes desservies), entre autres destinations parmi la centaine accessibles au départ de Montréal, depuis juin dernier.

À cet égard, d'aucuns se tâteront l'occiput en se demandant pourquoi la métropole québécoise a été préférée à Towonno, pour cette première et unique destination canadienne. «Parce que deux de nos principales concurrentes, les émiraties Etihad et Emirates, sont déjà établies à Pearson, mais aussi parce que Montréal dispose d'un vaste bassin de gens d'origine asiatique et moyen-orientale», répond Jennifer Freedman, porte-parole de Qatar Airways à Washington. Sans compter les 1500 entreprises canadiennes présentes dans le golfe Persique...

En attendant que Transports Canada accorde éventuellement à Qatar Airways d'autres segments de liaisons hebdomadaires, le vol Montréal-Doha est offert trois fois par semaine. Seul bémol: la rareté du personnel francophone à bord. Détail non négligeable: le Boeing 777-200 LR tout neuf quitte à 23h15, ce qui permet autant d'éviter les bouchons de circulation que de favoriser le sommeil du voyageur, avec 12 heures de vol devant soi. Surtout si on enfile un pyjama douillet.

- www.qatarairways.com

- www.lactualite.com/blogue-voyage

- L'auteur était l'invité de Qatar Airways.

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Collaborateur du Devoir

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