L'hiver bat son plein en Australie - Comme neige au soleil

À quelque 500 kilomètres au sud-ouest de Sydney se trouvent les Snowy Mountains, une chaîne de montagnes dont neuf sommets ont été aménagés pour les sports d’hiver.<br />
Photo: Lauri Väin À quelque 500 kilomètres au sud-ouest de Sydney se trouvent les Snowy Mountains, une chaîne de montagnes dont neuf sommets ont été aménagés pour les sports d’hiver.

Avis à tous ceux qui n'en peuvent plus de la chaleur: en ce moment même, la saison de hockey sur glace bat son plein et celle de ski s'annonce des plus prometteuses... en Australie!

À quelque 500 kilomètres au sud-ouest de Sydney se trouvent les Snowy Mountains, une chaîne de montagnes dont neuf sommets ont été aménagés pour les sports d'hiver. Ainsi, l'automobile, le train, l'avion ou la navette Snoexpress, au départ de Canberra, permettent de retrouver la neige en quelques heures. Contrairement au Québec, le mercure de ce secteur de l'hémisphère sud flirte avec les températures de quelques degrés au-dessous de zéro, au plus grand plaisir des Aussies, autrement plus familiers avec la plage et les canicules.

«Ici, on peut skier du mois de juin au mois de septembre!», avance, le rire dans la voix, Colin Hackworth. Cette année, le directeur général de l'Australian Ski Area Association est fier de célébrer 150 ans de ski dans le pays qu'on surnomme Down Under.

Les monts australiens, dont le plus haut culmine à 2057 mètres, ont d'abord été le théâtre des expérimentations des mineurs, envoyés sur place pour extraire l'or découvert dans cette région montagneuse à la fin des années 50. À l'époque, les employés des mines avaient créé des skis qu'ils attachaient par des cordes à leurs bottes de caoutchouc. En utilisant un bâton pour freiner leur descente, ils arrivaient à apprivoiser le dénivelé vertical des Snowy Mountains, qui varie de 300 à 500 mètres.

Aujourd'hui, les Australiens se targuent d'avoir tenu leur premier carnaval de ski 16 ans avant les premiers Jeux olympiques d'hiver, qui ont eu lieu en 1924. Les années ont passé, mais l'amour de la neige est resté. En plein mois de juillet, les Australiens installent des chaînes sur leurs pneus et conduisent de longues heures pour goûter aux joies de l'hiver. Ils sont plus de 1 million à visiter les Snowy Mountains chaque année.

«L'industrie du ski est locale. La majorité des skieurs sont australiens. Certains sont très loyaux et reviennent tous les ans. Mais il y a aussi des nouveaux, qui souhaitent tenter l'expérience», observe M. Hackworth.

Du hockey... Aussie!

Septembre 1982, Dave Emblem et son ami se lancent dans l'aventure australienne. Rapidement, le passé des deux anciens hockeyeurs de l'université Concordia les rattrape. Les palmiers, le soleil et la plage font place à la froideur des arénas, à l'humidité de leurs vestiaires et à l'odeur des sausage rolls, sorte de hot-dog australien en pâte feuilletée.

De Ville-Mont-Royal au Queensland australien, le hockey a su trouver Dave Emblem, aujourd'hui directeur général de l'équipe de hockey des Blue Tongues de la Gold Coast, qui évolue dans l'Australian Ice Hockey League (AIHL).

«Mon ami et moi étions en Australie pour le plaisir. En route vers une entrevue pour un obtenir un emploi, nous avons remarqué un aréna en construction», se rappelle M. Emblem. Le Montréalais a demandé au chauffeur de taxi qui les conduisait de changer de destination.

«Le directeur de la patinoire nous a dit qu'il cherchait des gens comme nous pour mettre sur pied un programme de hockey sur la Gold Coast. Il nous a offert un emploi et un appartement. Aujourd'hui, 29 ans plus tard, j'y suis encore!», lance le Québécois anglophone, dont la langue maternelle est maintenant teintée d'un accent australien.

À présent, Dave Emblem dit recevoir tous les mois des centaines de courriels de joueurs qui souhaitent intégrer l'AIHL. Créée en 2000, cette jeune ligue de hockey semi-professionnelle compte 8 équipes, qui disputent chacune 28 matchs par an. L'année prochaine, l'équipe de la ville de Perth entrera dans la compétition.

Chaque formation a droit à six joueurs étrangers, dont quatre seulement peuvent participer aux matchs. M. Emblem estime que, hormis les entraîneurs et les Canadiens qui ont acquis la citoyenneté australienne, il y a de six à huit joueurs du pays de la feuille d'érable dans la ligue.

Parmi les joueurs canadiens, il y a Olivier Martin, le gardien de but vedette de l'Adrenaline d'Adélaïde, dont le nom trahit les origines québécoises. Fils de militaires de la Belle Province, il est quant à lui né en Nouvelle-Écosse. Quand son père a été engagé par l'armée de l'air australienne en 2004, la famille a plié bagage et s'est rendue dans le Down Under, où Olivier a reçu la citoyenneté du pays des kangourous.

Dans cette ligue où les joueurs locaux côtoient une poignée d'anciens de la LNH, des ligues professionnelles européennes ou des anciens de la Ligue junior majeure du Québec, le niveau de jeu, comme la qualité des patinoires, varie énormément.

Le nouveau complexe de la ville de Melbourne, avec ses 1500 places, impressionne. À Penrith, près de Sydney, seule une cinquantaine de personnes osent se présenter aux matchs de l'AIHL. À Canberra, bien que l'équipe n'ait pas connu de saison victorieuse depuis longtemps, «les fans sont les plus bruyants et les plus passionnés de la ligue», selon Olivier. Mais les amateurs, qu'ils soient criards ou timides, ne perdent rien pour attendre, aux dires du gardien de but vedette de 23 ans.

Dave Emblem, qui compare le niveau de jeu à celui de la Ligue junior A, mais avec des joueurs âgés de 20 à 30 ans, abonde en ce sens.

«Les Australiens sont des sportifs. Ils ont rapidement la piqûre, et l'engouement ne cesse d'augmenter», observe-t-il.

Sept des huit équipes de l'AIHL ont élu domicile dans les villes côtières de l'Australie. Les Knights de Canberra, la capitale, font exception. Éclipsés par le cricket, le surf et le football, beaucoup plus populaires, les matchs ne reçoivent que peu d'attention médiatique. Il est toutefois possible de suivre les équipes sur le site Internet de la ligue.

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