Le 30e Mondial des cultures de Drummondville - Une véritable rencontre des peuples

La troupe El Cimarron, d’Argentine, sera présente au Mondial des cultures 2011.<br />
Photo: Mondial des cultures La troupe El Cimarron, d’Argentine, sera présente au Mondial des cultures 2011.

Drummondville sera sous le coup de la félicité du folklore d'un peu d'ici et de beaucoup d'ailleurs, du 7 au 17 juillet, alors que des centaines de spectacles tisseront le 30e Mondial des cultures. Les organisateurs sont un peu nerveux. Les bénévoles se postent à leur place respective, même si les groupes invités provenant des quatre coins de la planète ne sont pas encore arrivés. Certains ne viendront peut-être pas, pour des questions de visas ou d'autres problèmes. Ainsi, cette année, la Moldavie, l'Algérie, la Géorgie et le Ghana/Burundi ne seront pas au rendez-vous.

Les groupes qui participent au Mondial des cultures de Drummondville ne visent pas à gagner un concours. Ils viennent ici pour un événement internationalement reconnu et estimé, membre du Conseil international des organisations de festivals de folklore et d'arts traditionnels (CIOFF), une organisation non gouvernementale membre de l'UNESCO. Il y a donc des règles à respecter aussi bien du côté des artisans invités que du festival.

À Drummondville, les organisateurs essaient aussi d'établir des rotations quant à l'apparition des groupes les plus appréciés (tous les cinq ans).

Très souvent, les ensembles qui postulent doivent remplir un questionnaire très serré, avec cassette à l'appui. Une espèce de curriculum vitae complet. Si le groupe est accepté par la direction du Mondial, viennent alors les questions spécifiques quant au transport et aux préférences ou allergies alimentaires (kasher, végétarien, hallal, allergies aux oeufs, aux amandes, au gluten, etc.) Ces particularités seront facilement repérées lors du passage des artistes à la cafétéria, chaque participant portant un collier aux couleurs de ses spécificités alimentaires.

Pendant 14 jours, 500 artistes seront encadrés par 2000 bénévoles, dont 300 à l'hébergement et à la restauration. C'est une école primaire de Drummondville qui est revue et corrigée en centre d'accueil des groupes. Un véritable minivillage olympique. Les organisateurs s'occupent des déplacements sur le site et des visites à l'extérieur (Montréal, Québec, Cantons-de-l'Est...), en plus de l'aller-retour à l'aéroport.

Au chapitre des anecdotes, le codirecteur Yves Parenteau raconte que pendant certaines années du communisme, on trouvait des participants de pays slaves qui ne voulaient plus retourner dans leur pays après le festival, comme ce fut le cas de Roumains. Le mois dernier, dans un taxi, M. Parenteau trouvait que le chauffeur avait l'accent des Carpates. Effectivement, cet ancien membre d'un groupe roumain avait fui Ceaucescu à la faveur du festival, il y a plus de 25 ans...

Cette année encore, le Mondial des cultures, avec la porte-parole Florence K, verra une kyrielle de talents venus d'Argentine, du Mexique, du Vietnam, de Tahiti, de Chine, de Guadeloupe, entre autres, qui viendront régaler les festivaliers.

Pour son 30e anniversaire, on assistera aussi à des performances de Roch Voisine, des BB, de Florence K, de Louis-José Houde, de Gregory Charles...

Il y aura aussi une messe de minuit en plein mois de juillet avec Marc Hervieux et autres talentueux de la glotte.

Voilà un festival où sont heureux ceux qui présentent autant que ceux qui regardent. www.mondialdescultures.com.

***

Collaborateur du Devoir