Saint-Hyacinthe - Un hôtel contemporain s'établit dans le nouveau complexe

Valérie R. Carbonneau Collaboration spéciale
L’hôtel Holiday Inn Express & Suites, qu’on surnomme l’hôtel M, à Saint-Hyacinthe<br />
Photo: Source Holiday Inn L’hôtel Holiday Inn Express & Suites, qu’on surnomme l’hôtel M, à Saint-Hyacinthe

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Situé sur le territoire de Saint-Hyacinthe, le dernier-né de la technopole de l'agroalimentaire est le premier hôtel du Québec à obtenir la certification LEED. Grâce à son design contemporain, à ses pratiques vertes et à ses installations durables, l'hôtel Holiday Inn Express & Suites, qu'on surnomme l'hôtel M, a également obtenu les «5 clés vertes» de l'Association des hôtels du Canada (AHC). C'est le premier établissement hôtelier de plus de 50 chambres à recevoir cet honneur au Québec.

«Dans le secteur nord de la ville, soit le carrefour des affaires, on trouve 482 chambres d'hôtel dans un rayon de 2 km», mentionne Nancy Lambert, adjointe au tourisme et aux congrès pour le Bureau de tourisme et des congrès de Saint-Hyacinthe. Ce sont ainsi les 94 chambres de l'hôtel M qui viennent s'ajouter aux 290 chambres de l'hôtel des Seigneurs et aux 98 chambres de l'hôtel Le Dauphin. Contrairement à ses concurrents, auxquels on attribue de grandes superficies propres à la rencontre, le petit dernier vient surtout courtiser les plus petites entreprises avec ses trois salles de rencontre de petite superficie.

L'hôtel M, qui a accueilli ses premiers visiteurs en janvier 2010 après deux ans de planification et de travaux, est l'hôtel le plus avant-gardiste du coin. Il appartient au Groupe Robin, promoteur éminent de la région ayant acheté une licence de franchise d'Holiday Inn pour mener à terme son projet, également reconnu à travers la province pour ses travaux d'envergure.

Le président du groupe, Robert Robin, qui a d'ailleurs reçu le prix de carrière lors du Gala qualité habitation 2010 de l'organisme Qualité Habitation, est également le promoteur du Complexe M, un genre de Quartier Dix30 à petite échelle érigé autour de l'hôtel. Situé à la sortie 133 de l'autoroute 20, à 45 minutes à peine de Montréal, le Complexe M, qui ne renferme pour l'instant que quelques boutiques et restaurants dans un rayon de 375 000 pi2, pourrait bien devenir, d'ici trois ans, l'un des plus grands vecteurs économiques de la région, alors que les trois phases devraient s'étendre sur trois millions de pieds carrés.

Quelques éléments LEED

«Au moment de la planification, on a décidé que tout le complexe allait être réalisé de manière écologique, d'indiquer le directeur général de l'hôtel, Pierre-Gilles Gauvin. Et comme le processus est très long, on attend toujours l'accréditation LEED, laquelle devrait arriver au printemps», explique-t-il, en ajoutant que, déjà, on prévoyait une baisse de production de 19 tonnes de gaz à effet de serre (GES). Un chiffre qui équivaudrait à la production d'une berline ayant parcouru 85 000 km.

Des exemples concrets, M. Gauvin en énumère à profusion. À commencer par le concassé du site de construction — site qui était d'ailleurs entièrement non fumeur — où, au lieu de prendre 100 % de pierre, on a recouru au ciment issu de la démolition du pont de la Concorde à Saint-Hyacinthe, lequel a ensuite été mélangé au gravier. Aussi, 75 % des déchets ont été triés sur le site.

D'autre part, le Groupe Robin, qui a prévu des aérateurs pour tous les robinets et pommes de douche, en plus d'avoir installé des toilettes à pression et donc à basse consommation (3,6 litres), entend consommer un million de litres d'eau de moins qu'un autre hôtel de même capacité.

Quant à la conception électrique de l'hôtel, elle permettra d'épargner 230 000 kWh d'électricité par année, une économie d'énergie que le directeur général compare à la consommation de 11 maisons par an, soit l'équivalent d'une économie réelle d'environ 30 000 $ en électricité. En matière d'éclairage, au moins 90 % est assuré par des luminaires fluorescents, des ampoules fluocompactes ou des lumières à diode émettrice (LED), ces dernières consommant 7 W au lieu de 150 W.

Mais le plus innovateur reste sans aucun doute le système qu'ils ont développé expressément pour l'hôtel: une interface informatique qui fait le lien entre le système de gestion et le délesteur de charges électriques du bâtiment. «C'est un système intelligent qui reconnaît quand une chambre est occupée ou inoccupée et qui ajuste le chauffage en conséquence en le descendant à 18 °C ou en le montant à 21 °C, selon s'il y a des visiteurs ou pas.»

Et il ne faudrait pas passer outre au toit blanc, qui vient réfléchir la lumière du soleil, et au détecteur de CO2 dans l'air public, qui, lorsque le taux est élevé, va injecter de l'air issu de l'extérieur, donnant ainsi lieu à un apport régulier en air frais. «Les gens ne s'endorment pas en réunion», ajoute M. Gauvin en parlant des salles qui portent des noms relatifs au concept vert de l'hôtel: Atmosphère, Biosphère et Hydrosphère. Les deux premières salles, souvent réunies, peuvent accueillir 64 personnes en formule banquet, 72 en formule théâtre et 50 en formule école. Quant à Hydrosphère, la petite salle de type conférence, elle peut contenir jusqu'à 14 personnes.

Des chambres «durables»

Les chambres sont quasi hypoallergènes. En plus de ne comporter aucun tapis, elles sont toutes munies d'un échangeur d'air HÉPA, un filtre puissant qui enlève la poussière circulant dans l'air. Autre fait intéressant, les 144 matelas, qui ont été conçus sur mesure en fibre de bambou, une fibre naturellement antiacarienne, contiennent 30 % de soya ou biomousse au lieu d'être 100 % chimiques.

«Habituellement, un matelas d'hôtel a une durée de vie de huit à dix ans. Mais, comme ceux-ci sont déhoussables, on peut changer la mousse et rehousser en refermant la fermeture éclair. Ça leur donnera deux ou trois vies», explique-t-il. Un produit créé par Literie Laurier, à Montréal, qui, bien que disponible, n'avait pas encore fait l'objet d'une si grosse commande.

Le fait que la majorité du mobilier de chambre a été fabriqué à Saint-Hyacinthe même ou au Québec a aussi valu à l'hôtel M un point pour le LEED. On pense à William Millénaire, qui a entre autres fabriqué les lits, les bureaux, les armoires et les comptoirs, à Produits Neptune, qui a fourni les bains, au Groupe Lacasse et à Dutailier, deux entreprises de Saint-Pie, une ville voisine, qui ont produit les chaises et les fauteuils, alors que le granit qui se retrouve un peu partout dans l'hôtel provient du Québec. Autre point LEED, non seulement le mobilier a été acquis au Québec, mais même dans un rayon de 500 km.

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Collaboratrice du Devoir