Irlande - Des faucons top-modèles

La plus ancienne école de fauconnerie en Irlande offre une initiation aux visiteurs qui passent au château d’Ashford, une construction datant de 1228. <br />
Photo: Émilie Folie-Boivin La plus ancienne école de fauconnerie en Irlande offre une initiation aux visiteurs qui passent au château d’Ashford, une construction datant de 1228.

Cong — Il n'y a pas que les visiteurs qui mènent une vie de roi au château d'Ashford, un hôtel cinq étoiles dans le comté de Mayo. Les faucons hébergés dans la plus ancienne école de fauconnerie d'Irlande aussi se la coulent douce, entre deux siestes et une mise en plis.

Attachés à un perchoir à l'intérieur d'un enclos, deux des 26 faucons de l'École de fauconnerie d'Irlande sifflent dès qu'ils aperçoivent l'instructeur. Grogne? Méfiance? «Ils essaient de me charmer pour que je les choisisse pour la balade», s'exclame en riant, levant les yeux au ciel, leur instructeur Diego Garcia.

Du point de vue des oiseaux de proie du château, l'instructeur brésilien ressemble à un garde-manger géant. Lors de leur vol quotidien pour se dégourdir les ailes, ils sont nourris de morceaux de chair crue de volaille, mais ce qu'ils reluquent surtout, c'est le moment où Diego dégainera de son pochon en cuir une patte de poulet bien fraîche, «véritables McCroquette pour faucons», dit-il.

Pied de nez aux deux gazouilleurs, c'est le mâle Kilary, l'oiseau le plus docile des 26, qui hérite de la sortie avec le groupe. La plus ancienne école de fauconnerie en Irlande offre une initiation à cet art aristocratique aux visiteurs qui passent au Château d'Ashford, une construction datant de 1228. Pendant une heure, on y apprend à faire voler son propre carnassier lors d'une promenade en liberté surveillée dans le verdoyant boisé du domaine de 350 acres.

Le Harris Hawk est un rapace étonnamment social. Bien élevé, il se laisse caresser la tête; aucune crainte qu'il nous picore les yeux ni qu'il nous lacère le poignet de ses puissantes serres — un gant de cuir ensanglanté d'abats de poulet protège l'avant-bras. Il n'y a pas de quoi s'apeurer dans ces bois, sauf peut-être si on est une souris. Ou un pigeon, comme celui à qui Kilary a foutu la frousse en préférant partir à ses trousses.

Trop lourd pour voler ?

Pas bec fin pour deux sous, Kilary n'hésite pas à battre des ailes pour avaler une bouchée, mais si son poids excédait d'un gramme ses quelques trois livres, il pourrait très bien passer les prochains jours à flâner sur son perchoir, trop lourd pour voler. C'est pourquoi les instructeurs surveillent l'alimentation des oiseaux de proie lors d'une pesée quotidienne.

Oui, Kilary et ses confrères faucons ont droit à un traitement de top-modèles. L'Irlande étant à l'averse ce que les faucons en pêchent pour la viande, le retour d'une envolée sous la pluie se termine sous l'air chaud d'un sèche-cheveux et à la tombée de la nuit; ils dorment dans un confortable abri.

Ils ne se sauvent jamais, vos oiseaux, Diego? «Parfois, il se sauvent, mais ils finissent toujours par revenir à la maison quelques minutes plus tard car ils savent qu'ils sont nourris et traités comme des rois.»

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  • L'École de fauconnerie d'Irlande est située dans le domaine de l'hôtel Château Ashford, dans le compté de Mayo, sur la côte ouest de l'Irlande. www.falconry.ie.
  • Émilie Folie-Boivin était l'invitée de Tourism Ireland.