Palais des congrès de Montréal - Une bonne année pour la métropole du Québec

Claude Lafleur Collaboration spéciale
Le Palais des congrès a tenu en moyenne 45 salons commerciaux et privés par année, au cours des huit dernières années.<br />
Photo: Source Palais des congrès de Montréal Le Palais des congrès a tenu en moyenne 45 salons commerciaux et privés par année, au cours des huit dernières années.

L'an dernier, le Palais des congrès de Montréal a accueilli 267 événements en tout genre — congrès, expositions, assemblées corporatives et syndicales, banquets et fêtes, etc. — qui ont généré ainsi des retombées économiques de 166 millions de dollars.

«En matière d'événements, c'est pour nous une année record, lance Chrystine Loriaux, directrice du marketing et des communications pour le Palais des congrès. De plus, nous avons accueilli un total de 613 000 participants et visiteurs, ce qui en fait notre année la plus prolifique depuis 2004-2005.»

La mission première du Palais des congrès est de générer d'importantes retombées économiques et intellectuelles pour l'ensemble du Québec. «Je pense que nous remplissons bien notre mission depuis 27 ans», poursuit Mme Loriaux. Les retombées intellectuelles sont faites du partage et du rayonnement du savoir auxquels donnent lieu les congrès internationaux. «C'est notamment le cas de nos chercheurs qui ont la chance de mettre à profit les plus récentes connaissances et ce qui se pratique ailleurs dans le monde», souligne-t-elle.

Salons commerciaux et publics

Le tiers des revenus autonomes obtenus par le Palais des congrès proviennent des salons d'exposition. Ceux-ci se répartissent en deux catégories: les salons de type commercial — réservés aux gens d'une industrie en particulier — et les salons publics, tel le Salon international de l'auto. L'an dernier, le Palais des congrès a été l'hôte de 18 salons commerciaux et de 23 salons publics.

Ce total de 41 salons se situe légèrement en deçà de la moyenne, rapporte Mme Loriaux, puisque, ces huit dernières années, le Palais des congrès en a tenu en moyenne 45. «Si je regarde mes données depuis l'année 2002-2003, dit-elle, la variation d'une année à l'autre semble être cyclique, elle n'est pas attribuable à un facteur en particulier.»

Parmi les salons publics, il y a bien entendu le Salon international de l'auto — le plus gros de tous — ainsi que celui de la moto. Il y a en outre le Salon national des franchises et des occasions d'affaires, qui s'adresse à ceux qui ont le goût de l'entrepreneuriat. Il y a en outre l'Expo manger santé, qui présente les nouvelles tendances en alimentation. Il y a aussi le Salon de la marié, le Salon mère et compagnie, le Salon de la famille ainsi que le Salon national de la femme.

Ces salons ne génèrent évidemment pas les mêmes retombées que les congrès internationaux, ces derniers attirant entre autres des milliers de participants venus du monde entier. «Il est difficile de cerner les retombées des salons, concède Chrystine Loriaux. On n'a pas de données sur ce marché en particulier. Tout ce que nous avons, c'est une donnée datant de 1999 et provenant de l'Association des professionnels en exposition du Québec. On parlait alors de retombées de 350 millions de dollars. Pour nous, une telle donnée signifie avant tout que les exposants et les fournisseurs qui gravitent autour des salons génèrent des retombées économiques importantes.»

Nouvelle aire d'exposition

Le Palais des congrès cherche sans cesse à développer de nouvelles activités tout en s'agrandissant, confie la directrice du marketing et des communications. «Nous voulons en développer de plus en plus au cours des années à venir, et je pense que le Marché Casse-Noisette, qui aura lieu du 25 novembre au 5 décembre, est un bel exemple du développement des affaires.»

C'est ainsi que le Palais des congrès a élaboré, avec les Grands Ballets canadiens, une foire qui n'existe pas au Québec: le Marché Casse-Noisette. Celui-ci se présente comme le «royaume du cadeau idéal», une formule de magasinage festif qui présente «de tout sous un même toit». On devrait y dénicher une foule d'idées-cadeaux pour le temps des Fêtes, ainsi qu'y découvrir les nouvelles têtes d'affiche dans les domaines de la mode et des accessoires, du design d'objets, de la décoration, de la beauté et du bien-être, des plaisirs gourmands et des jouets. Selon Chrystine Loriaux, il s'agit d'une adaptation nord-américaine de la tradition européenne des marchés de Noël.

Du coup, le Palais des congrès inaugurera une nouvelle aire d'exposition en occupant les grands espaces de la galerie commerciale situés au niveau de la rue — en quelque sorte sous le Palais des congrès. «Cet événement tire profit d'espaces extrêmement intéressants pour des expositions, mais que nous n'avions pas exploités à ce jour», souligne-t-elle.

De fait, poursuit Mme Loriaux, la direction du Palais des congrès a récemment réévalué l'ensemble des espaces qu'elle peut proposer à sa clientèle. «Pour vous donner une idée de la superficie locative totale disponible, dit-elle, nous sommes passés de 331 700 pieds carrés à 472 884 pieds carrés — ce qui veut dire que, sans mettre un sou de plus, on s'est agrandi de 43 %!»

L'objectif du Palais des congrès est bien entendu de chercher constamment à présenter le plus grand nombre d'événements disponibles sur le marché. «Il y a parfois des expositions que nous ne sommes pas en mesure d'accueillir, souvent parce qu'on n'a pas de date disponible, rapporte Mme Loriaux. Mais aussi, parfois, c'est parce que l'espace nous manque... On travaille donc constamment là-dessus.»

Du coup, elle confie que la direction du Palais des congrès envisage activement les possibilités de s'agrandir. «Je vous dirai que ça fait partie de nos conversations au comité de direction, dit-elle. On en parle pratiquement toutes les deux semaines. Toutefois, on ne peut se permettre des agrandissements qui coûteront des millions sans s'être assuré qu'on aura un taux d'occupation qui soit suffisant.»

Par conséquent, la direction du Palais des congrès procède actuellement à une analyse du potentiel que représenterait tout agrandissement. «Des investissements comme ceux-là doivent être faits selon une projection de 20 ou 30 ans, indique Chrystine Loriaux. Et, bien sûr, en fin de compte, il appartiendra au gouvernement du Québec d'en décider.»

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Collaborateur du Devoir