États-Unis - Un coin de France dans le nord du New Hampshire

Dans la petite ville de Colebrook, près de la frontière québécoise, un couple de Français a aménagé une pâtisserie dans une ancienne banque abandonnée.<br />
Photo: Louise Gaboury Dans la petite ville de Colebrook, près de la frontière québécoise, un couple de Français a aménagé une pâtisserie dans une ancienne banque abandonnée.

Dans la grisaille de Colebrook, petite ville de la région des grands bois du nord, près de la frontière québécoise, se dresse une maison jaune qui attire le regard. Une fois la porte poussée, c'est l'odorat qui est en éveil, puis on salive d'anticipation! Voilà qu'à deux heures de route d'une grande ville, on peut goûter croissants, baguettes, madeleines, etc., comme en France, dans une coquette boulangerie-pâtisserie qui fait également salon de thé.

L'aventure a commencé il y a près de 10 ans, quand ont débarqué de Paris ce médecin et cette infirmière passionnés de pâtisserie qui en avaient ras-le-bol des hôpitaux. Parlant à peine l'anglais, ils ont écumé la Nouvelle-Angleterre pour dénicher une maison où ils pourraient ouvrir une boulangerie. Ils ont trouvé dans cet endroit improbable une ancienne banque abandonnée destinée à la vente en justice.

Quelques mois plus tard, Le Rendez-vous ouvrait ses portes sur un intérieur douillet derrière les murs peints en jaune de l'ancienne banque devenue toute pimpante. La clientèle locale, principalement composée de fermiers et de travailleurs forestiers, s'est laissé doucement apprivoiser par la délicatesse des viennoiseries et pâtisseries concoctées par Marc Ounis et Verlaine Daëron, petite-fille d'un chef pâtissier.

Le Rendez-vous a bien failli disparaître l'année dernière quand Verlaine s'est vu refuser le renouvellement de son visa d'immigrant-investisseur. En visite chez sa mère dans la région parisienne en avril 2009, elle apprend qu'elle ne pourra rentrer aux États-Unis parce que son entreprise n'est pas suffisamment rentable. À Colebrook, le capital de sympathie est au plus haut. Plusieurs de ses 2500 habitants se mobilisent pour sauver leur boulangerie et sa boulangère. Lettres et pétitions transitent sur le bureau des sénateurs avant de se retrouver à l'ambassade des États-Unis à Paris, qui revient finalement sur sa décision et autorise Verlaine à rentrer dans son pays d'adoption.

L'affaire a fait grand bruit et attiré l'attention du Boston Globe, du New York Times et du Seattle Times, bousculant un peu le quotidien du couple, intimidé par tant d'attention. Un an plus tard, la boulangerie a repris son rythme de croisière, au grand plaisir de sa clientèle locale et étrangère, composée d'une bonne proportion de Québécois qui y font halte sur la route des plages, ou qui se dirigent vers The Balsams, un des grands hôtels du New Hampshire, reconnu notamment pour son golf. D'ailleurs, ce sont les golfeurs montréalais qui nous ont refilé leur bonne adresse!

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Collaboration spéciale