L'île Saint-Barnabé: entre orignaux et alcool de contrebande

Le chargé de projet, Armand Dubé, a réussi à mettre en valeur le potentiel historique et écologique de l’île Saint-Barnabé, qui fait face à la ville de Rimouski.<br />
Photo: Claude Morin Le chargé de projet, Armand Dubé, a réussi à mettre en valeur le potentiel historique et écologique de l’île Saint-Barnabé, qui fait face à la ville de Rimouski.

La Ville de Rimouski, son Office du tourisme et des congrès et le chargé de projet Armand Dubé peuvent dire: «Mission accomplie!» L'île Saint-Barnabé, située à trois kilomètres en face du centre-ville rimouskois, réussit à combiner avec un bel équilibre histoire et écologie, tourisme et havre de paix. Dans le respect de la tranquillité des lieux, les excursionnistes ont aujourd'hui accès à l'une des îles les plus sous-estimées de l'estuaire du Saint-Laurent. Inhabitée depuis près d'une décennie, l'île Saint-Barnabé, devenue la propriété de la Ville de Rimouski, a longtemps cherché sa vocation dans le paysage régional. Après trois ans de travaux orientés vers des aménagements légers, les visiteurs ont aujourd'hui la possibilité d'y faire un court séjour instructif, dans un milieu naturel plein de ressources insoupçonnées.

Le programme d'interprétation et de mise en valeur fait d'abord ressortir de grands pans de l'histoire de l'île: lieu de la contrebande d'alcool au temps de la prohibition, secteur propice aux naufrages au XVIIIe et XIXe siècle, refuge de l'ermite Toussaint Cartier pendant quatre décennies, patelin de la seule famille Lepage durant près d'un siècle (trois générations de Lepage y vécurent d'agriculture et de pêche). L'île a aussi connu deux époques distinctes d'exploitation forestière ainsi qu'une grande période de villégiature.

Une série de panneaux d'interprétation, répartis le long d'une quinzaine de kilomètres de sentiers, raconte ainsi de grandes fresques de l'histoire de l'île qui va de la présence amérindienne jusqu'au dernier gardien de l'île en 2000, Paul-Émile Saint-Laurent. Les fouilles archéologiques menées par la professeure-chercheure de l'UQAR Manon Savard intéressent de nombreux visiteurs, puisque ses recherches devraient permettre d'en savoir un peu plus sur l'ermite Toussaint Cartier, les Amérindiens de passage ainsi que sur des vestiges de la colonisation française.

Sous le mirador

Sa flore et sa faune représentent également une source d'intérêt écologique. En effet, une dizaine d'orignaux y ont élu domicile, ainsi que des familles de castors, de phoques gris et communs et plus de 120 espèces d'oiseaux, dont les grands hérons et les eiders à duvet qui ont choisi la baie de Rimouski comme zone d'alimentation. Le Comité ZIP (Zone d'Intervention Prioritaire) du Sud-de-l'Estuaire a également contribué à l'installation de panneaux d'interprétation qui traitent de la vulnérabilité de la héronnière, de la faune typique de ce milieu insulaire ainsi que de la vie côtière avec la présence de mammifères marins. Un mirador installé dans la partie ouest de l'île favorise l'observation de l'orignal, du castor et des oiseaux barboteurs, dans le secteur du Lac-à-Canards. Des causeries animées viennent aussi enrichir le séjour des visiteurs, au coeur de la saison estivale.

L'île Saint-Barnabé est accessible par bateau zodiac de la Ville de Rimouski, à partir de la marina ou dans le cadre d'excursions en kayak de mer, proposées par l'entreprise Aventures Archipel. Un camping sauvage offre 12 emplacements pour de courts séjours. La saison qui s'est amorcée le 19 juin dernier se terminera le 6 septembre prochain.

isb@tourisme-rimouski.org, www.tourisme-rimouski.org, www.ville.rimouski.qc.ca

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