Charlevoix - Les goélettes naviguent toujours!

Émilie Folie-Boivin Collaboration spéciale
La goélette «Saint-André» (1956). Cette dernière a été classée bien culturel en 1978 et elle représente le dernier type évolutif de vaisseaux à fond plat en usage sur le Saint-Laurent.
Photo: Claude Letarte La goélette «Saint-André» (1956). Cette dernière a été classée bien culturel en 1978 et elle représente le dernier type évolutif de vaisseaux à fond plat en usage sur le Saint-Laurent.

Avant l'apparition des premières routes au Québec, les goélettes sillonnaient le fleuve Saint-Laurent pour ravitailler les villages en vivres, et ensuite pour transporter le bois. À Saint-Joseph-de-la-Rive, le chantier maritime — sur lequel loge aujourd'hui le Musée maritime de Charlevoix — enfilait la construction de goélettes et les réparations. Lors du départ en mer des marins au printemps, le village grouillait de vie. C'était la belle époque pour ce type de voilier, dont le premier mat est plus court que celui à l'arrière.

Le Musée maritime de Charlevoix, qui célèbre bientôt ses 30 ans, refuse de laisser mourir cet important pan du passé maritime québécois. Bien au contraire, il cimente son histoire navale et prépare même la table pour lui insuffler une nouvelle vie.

Il commence dès l'arrivée de l'été, avec son nouveau projet de navire-école sur le Marie-Clarisse, une goélette utilisée pour la pêche dans les eaux de Terre-Neuve et de la Nouvelle-Écosse de 1923 à 1942, avant de servir pour le cabotage (navigation entre deux côtes d'une même mer) jusqu'en 1974.

Au large !

Six groupes de jeunes âgés de 16 à 20 ans prendront le large jusqu'en août, au cours de ce stage intensif de 12 jours sur les eaux du fleuve. Les trois premiers jours, les apprentis matelots apprendront les notions de construction et les différentes facettes du métier de marin, avant de s'initier à la voile traditionnelle en mer pendant les neuf jours suivants. «C'est une activité qui mise sur la promotion du métier de marin, profession de plus en plus rare de nos jours, raconte Danielle Bouchard, adjointe administrative au Musée maritime. Si l'un des étudiants souhaite un jour porter le chapeau de capitaine et en faire carrière, notre but sera atteint.» Plusieurs places sont toujours ouvertes pour le stage, qui se tiendra également à l'été 2011 et 2012.

La Fête de la mer est probablement l'un des événements estivaux les plus attendus au musée, assure Mme Bouchard. Fidèle au poste depuis plus de vingt ans, la célébration champêtre officiera le dimanche 18 juillet sa traditionnelle messe en matinée, servira des hot-dogs spéciaux le midi et multipliera les activités jusqu'en fin de journée.

Tout l'été, les visiteurs pourront découvrir le chantier de la scierie et l'atelier où sont conservés les outils inédits spécialement inventés par les artisans des goélettes pour la réparation des embarcations. Si aucune excursion en bateau n'est au menu, il est toutefois possible (et fortement suggéré!) de flâner sur la plage du site et de pique-niquer sur les berges. Les téméraires qui ne craignent pas l'eau froide sont chaudement invités à enfiler leur maillot pour faire saucette!

***

- Musée maritime de Charlevoix à Saint-Joseph-de-la-Rive: www.musee-maritime-charlevoix.com

- École de navigation sur le Marie-Clarisse: www.marieclarisse.com

À voir en vidéo