Haute-gaspésie - Le phare de La Martre

Depuis 104 ans, le phare de La Martre, en Haute-Gaspésie, joue son rôle de guide pour les navires qui empruntent l'estuaire du Saint-Laurent. Son prisme éclairé continue inexorablement d'émettre une source lumineuse, la nuit, tandis que ses formes et couleurs caractéristiques (rouge vif muni d'une longue bande blanche verticale) fournissent un repère géographique, le jour.

Construit en bois d'épinette blanche et en bardeaux de cèdre (d'origine, s'il vous plaît), le phare de La Martre sert également de figure représentative de la Haute-Gaspésie: les automobilistes peuvent l'apercevoir sur une distance d'environ cinq kilomètres.

De fait, le village de La Martre surplombe la mer, à mi-chemin entre Matane et Rivière-au-Renard (Gaspé). Son phare y attire en moyenne près de 40 000 visiteurs par année qui s'arrêtent quelques minutes, le temps d'une photo.

Le cinquième d'entre eux a la bonne idée de prendre un peu plus d'une heure pour goûter aux savoureuses explications du maître des lieux, Yves Foucreault (surnommé à juste titre «l'ange gardien du phare»). Celui-ci raconte l'histoire des quatre familles de gardiens qui y ont vécu de 1876 jusqu'en 1972. Les Jean-Baptiste Gauthier, Auguste Leclerc, Joseph L'Italien et son fils Raymond, ainsi que Paul-Roger Caron, ont joué un rôle essentiel à la sécurité maritime pendant près d'un siècle.

C'est leur histoire ainsi que celle du génie scientifique du physicien français Augustin Fresnel que décrit avec verve le directeur du Musée des phares de La Martre, Yves Foucreault. Fresnel a développé les lentilles à échelons destinées aux phares. Il s'agissait alors d'une évolution significative puisque les gardiens de phare ont ainsi été en mesure de délaisser les réflecteurs paraboliques éclairés par des lampes à l'huile.

À La Martre, la rotation du module d'éclairage est encore assurée par le système d'horlogerie d'origine (câble et poids), actionné manuellement le jour durant la saison touristique; l'énergie électrique prend le relais la nuit.

Yves Foucreault aime rappeler que pour les marins, La Martre fournit deux rayons lumineux aux navigateurs: celui de son phare, bien entendu, mais aussi la lumière spirituelle qui se dégage du clocher de l'église Sainte-Marthe, voisine du phare. Les autres bâtiments situés à proximité du phare sont utilisés comme poste d'accueil et de présentation d'une exposition permanente des lanternes de phares.

Toujours la propriété de la garde côtière intégrée à Pêches et Océans Canada, le phare de La Martre est animé et administré par un organisme sans but lucratif du village depuis plus de 25 ans.

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Collaboration spéciale