Livres cadeaux - Sensuel et sinueux Sine-Saloum

Du Sénégal, on connaît surtout Saint-Louis, qui célèbre cette année ses 350 ans; Dakar, l'une des capitales africaines les plus trépidantes; l'île de Gorée, ancienne plaque tournante du commerce triangulaire; et la Casamance, trublion autonomiste du sud du pays.

Mais du Sénégal, peu de gens connaissent le Sine-Saloum, ce «continent improbable où la végétation et l'eau sont en osmose directe, comme affranchies du poids inutile de la roche, de l'humus et du sable», lit-on dans Sine-Saloum la forêt de l'océan, un remarquable ouvrage photographique dépeignant ce coin de pays hybride et tout en nuances, entre verts et mers.

Située tout juste au nord de l'échancrure que forme la Gambie, cette douce et apaisante région est née de la rencontre entre deux fleuves, le Sine et le Saloum. Une rencontre pêle-mêle où ces deux cours d'eaux s'insinuent en autant de ramifications tarabiscotées pour créer un delta hautement atmosphérique de 180 000 hectares, devenu parc national.

À vau-l'eau, ce territoire plat comme une limande semble dominé par des mangroves et de timides îles où vivotent des baobabs esseulés, entre lesquelles pagaient quelque vague pêcheur; à vol d'oiseau se dessinent les bancs de sable, puits de sel, lagunes, vasières et eaux argentées piquées par le passage d'un escadron de flamants roses. Dans un cas comme dans l'autre, le photographe Frédérick Viéza transmet avec brio l'essence des lieux, tout en nous convainquant qu'il s'agit là d'une région d'une grande, d'une sérénissime beauté.

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Collaborateur du Devoir


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