Saint-Sauveur - Danser le Nord

Anik Bissonnette
Photo: Anik Bissonnette

Voilà quatre ans qu'Anik Bissonnette, l'ancienne danseuse étoile des Grands Ballets canadiens de Montréal, est directrice artistique du Festival des arts de Saint-Sauveur (FASS). Quatre années d'émerveillement à faire découvrir la danse, hors la ville.

Pour gagner au fil du temps le coeur du public, Anik Bissonnette se doit de le comprendre. «J'essaie toujours de faire des programmes très accessibles. C'est l'été, les gens sont en vacances! Même s'il y en a pour tous les goûts, la programmation n'est pas trop contemporaine, axée un peu plus vers le classique.» La directrice artistique ne peut dévoiler la programmation de la 13e édition du FASS avant le 17 juin, mais elle révèle en primeur au Devoir que le Ballet Biarritz ouvrira le festival. Sa voix tremble déjà d'excitation en annonçant les neuf spectacles sous chapiteau. Du 30 juillet au 8 août, le public pourra voir deux compagnies internationales, dont une primeur canadienne, et deux spectacles québécois pigés parmi les meilleurs des compagnies d'ici.

Virage famille

La journée Tohu Bohu, pour les petits, instaurée avec grand succès l'an dernier, revient le 2 août, avec des animations de midi à 17h et un spectacle bouts d'choux sous chapiteau pour les enfants âgés de 3 à 8 ans. Pour les plus grands, le camp de danse, du 27 juillet au 2 août, offre une expérience intense. Une trentaine d'apprentis, âgés de 11 à 17 ans, suivent les classes de ballet et de jazz, montent un spectacle, assistent aux répétitions et aux représentations des spectacles de la programmation. «Pour les jeunes, c'est une occasion extraordinaire de côtoyer des danseurs professionnels et de les voir travailler.»

Est-ce que le festival aurait pris un virage famille? «Depuis le succès de la journée Tohu Bohu, oui», admet Bissonnette. Elle rappelle que le FASS est un des rares festivals de danse en Amérique qui osent se produire l'été. Le mythique Jacob's Pillow des États-Unis, lieu de danse de Ted Shawn dès 1790, est pour Bissonnette une inspiration avec un festival de haute renommée et de 75 ans d'existence.

«Depuis que je suis directrice artistique, je vois une évolution. Tant chez les élus, à la mairie, qui sont fiers de leur festival, que chez les commerçants. Ils attendent le FASS, qui a maintenant une renommée internationale. Depuis l'année dernière, je sens la fierté des gens de Saint-Sauveur, et ça me comble de joie. La danse fait malheureusement peur à beaucoup de monde. On pense que c'est compliqué, incompréhensible. Et là, tous s'aperçoivent que c'est le fun, un spectacle de danse, que ça peut les faire capoter! Ça me réjouit!»

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Collaboratrice du Devoir

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- Pour plus d'information: www.fass.ca