Nouvelle controverse autour du Tribunal spécial - Pas d'accord entre l'ONU et le Cambodge sur des mécanismes anticorruption

Des discussions entre les Nations unies et le Cambodge pour mettre fin à des accusations de corruption au tribunal spécial chargé de juger d'ex-responsables Khmers rouges se sont achevées hier sans accord.

Depuis sa mise en place en 2006, la Cour, parrainée par les Nations unies, a été au centre de multiples controverses portant tantôt sur des accusations d'ingérence politique du gouvernement de Phnom Penh, tantôt sur des affirmations selon lesquelles des employés cambodgiens du tribunal auraient été forcés de verser des pots-de-vin pour obtenir ou garder leur emploi.

«Nous n'avons finalement pas pu nous mettre d'accord», a déclaré le sous-secrétaire général de l'ONU chargé des affaires juridiques, Peter Taksoe-Jensen, à l'issue de trois jours d'entretiens avec des responsables gouvernementaux cambodgiens.

«Nous étions très proches d'un accord et j'ai laissé une proposition sur la table du [vice-premier ministre], M. Sok An, et lui ai demandé de l'examiner. A partir de maintenant, nous ne poursuivrons pas nos négociations», a-t-il ajouté.

Les discussions devaient initialement se terminer mardi, mais ont continué hier en vue de mettre en place des mécanismes anticorruption au tribunal de Phnom Penh.

Si les deux parties ne parviennent pas rapidement à un accord, cela pourrait compromettre les activités du tribunal qui doit juger au moins cinq ex-responsables du régime ultracommuniste des Khmers rouges (1975-1979). Le procès de l'un d'entre eux, l'ex-tortionnaire en chef Douch, a commencé le 17 février et est entré dans le vif du sujet le 30 mars.

La semaine dernière, des juges ont refusé de prendre en compte plusieurs tentatives des avocats de l'ex-chef de l'État Khieu Samphan et de l'ex-ministre des Affaires étrangères Ieng Sary de soulever les accusations de corruption au tribunal.

À la Sierra Leone

Par ailleurs, trois anciens dirigeants du Front révolutionnaire uni (RUF), mouvement rebelle sierra-léonais, ont été condamnés hier à des peines de 25 à 52 ans de prison pour leur rôle dans la guerre civile qui a fait rage de 1991 à 2002.

Issa Hassan Sesay, Morris Kallon et Augustine Gbao, les plus hauts responsables du RUF toujours en vie, avaient été reconnus coupables il y a six semaines de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité par le Tribunal spécial des Nations unies pour la Sierra Leone.

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