Jamaïque - Nestor à votre service !

Basil Tomlinson, majordome au Sandals Whitehouse European Village & Spa, en Jamaïque.
Photo: Basil Tomlinson, majordome au Sandals Whitehouse European Village & Spa, en Jamaïque.

Il fut un temps où on voyageait en grand, avec malles et majordomes. Si les malles ont été remisées dans les greniers il y a belle lurette, les majordomes, eux, se portent très bien, merci! Dans les Ritz-Carlton de ce monde, pensez-vous, ou encore dans de petites propriétés extrêmement chic, comme l'hôtel La Pleta, dans les Pyrénées espagnoles, où un boot butler a pour tâche exclusive d'astiquer les bottes de ski des hôtes! Détrompez-vous: les émules de Nestor officient aujourd'hui jusque dans des établissements tout-compris du Sud, notamment ceux des chaînes Sandals, réservés aux couples, et Beaches, destinés aux familles.

Élu l'un des 25 meilleurs hôtels des Caraïbes par les lecteurs de Travel + Leisure en 2008, le Sandals Whitehouse European Village & Spa, sur la côte sud de la Jamaïque, compte 10 majordomes assignés au service exclusif de ses 32 suites les plus luxueuses. Basil Tomlinson, 31 ans, est l'un d'eux. Formé, comme ses confrères, par la Guild of Professional English Butlers aux frais de Sandals, il exerce ce métier depuis trois ans. Son rôle? «M'assurer du confort des hôtes, dit-il, comme défaire leurs bagages s'ils le désirent, leur réserver des chaises longues sur la plage, voir à ce que le minibar contienne leurs boissons préférées, effectuer leurs réservations au restaurant et informer le chef de leurs préférences alimentaires et de leurs allergies. Et si madame veut que fromages et craquelins lui soient servis à 16h tous les jours, ce sera fait!» Où qu'ils soient, les hôtes peuvent joindre les majordomes, fidèles au poste tous les jours de 7h à 22h, grâce à un téléphone cellulaire.

Sages caprices

D'ordinaire, la clientèle qui requiert les services d'un majordome est très aisée, ce qui n'est pas a priori le cas de celle qui fréquente les tout-compris. Comment s'exprime alors cette démocratisation du luxe? Les requêtes de la classe moyenne, qui séjourne chez Sandals, sont-elles plus ou moins extravagantes que celles des richards? «Je ne peux pas me prononcer là-dessus, dit Alfred Kaufmann, directeur des opérations au Sandals Whitehouse. Par contre, je peux dire qu'il arrive que des hôtes, qui n'ont jamais vécu dans un milieu où il est naturel d'avoir un majordome à son service, ne savent pas trop comment se comporter avec lui.» Résultat? Ils l'accaparent ou alors... ils l'oublient carrément! «Nous appelons les clients lorsqu'il y a un moment qu'ils n'ont pas fait appel à nous pour leur rappeler qu'on existe», confirme M. Tomlinson. Les demandes, elles, n'ont rien d'excentrique, la plus courante étant l'organisation d'un souper aux chandelles dans la suite.

Selon M. Tomlinson, un bon majordome est attentif aux détails et surtout, surtout, il ne perd jamais son sang-froid. Il estime qu'environ 95 % des clients sont vraiment sympas, même s'ils peuvent s'avérer exigeants. «Pour les Anglais, par exemple, 15h3 n'est pas 15h, dit-il. Même s'ils sont en vacances et qu'ils devraient être détendus, ils ont payé pour ce qu'il y a de mieux et ils y tiennent, c'est normal.» Et lorsque des clients le traitent avec condescendance, ce qui se produit parfois, il riposte à sa façon. Comment? «Je garde le sourire, car je sais qu'ils seront partis en moins de deux!»

- www.sandals.com

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Collaboratrice du Devoir

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Carolyne Parent s'est rendue en Jamaïque grâce à Vacances Transat.

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