Le Château Frontenac - L'histoire dans votre chambre

Vue extérieure du château
Photo: Vue extérieure du château

Ce n'est pas d'hier que le site exceptionnel où trône aujourd'hui le Château Frontenac, surplombant le fleuve Saint-Laurent, à Québec, est objet de convoitise: Samuel de Champlain lui-même y avait érigé une forteresse dès 1620. Au cours des siècles, le Château Saint-Louis — ce fut d'abord son nom —, aura été construit, détruit, rebâti, endommagé, réparé, brûlé, puis délaissé pendant... 59 ans, et enfin redessiné, avec la silhouette qu'on lui connaît actuellement.

Québec — Pour la énième fois, afin de célébrer à sa manière les 400 ans de la capitale, le Château Frontenac s'est refait une beauté en rénovant quelque 500 chambres et suites, en plus d'aménager un hôtel-boutique de 46 unités à même le bâtiment: le Fairmont Gold. Et toujours l'âme y est. Et toujours les murs parlent.

D'une époque à l'autre, les grandes personnalités de ce monde ont posé la tête sur l'oreiller au Château Frontenac: rois et reines, princes et princesses, ducs et duchesses, lords et ladys, présidents et présidentes, premiers et premières ministres, sans compter les Bécaud,Trenet, Aznavour, Montand, Piaf, Anka, Lauper, Gretzky, Noiret, Depardieu, Bernhardt... et combien d'autres, de différentes sphères.

Dans un registre beaucoup moins glorieux cependant, de toutes les réceptions marquantes qui se sont déroulées entre ces murs, la Seconde Guerre mondiale fut prétexte aux Conférences de Québec, en 1943 et 1944, réunissant les principaux dirigeants des pays alliés, les premiers ministres britannique Winston Churchill et canadien William Lyon Mackenzie King, de même que le président des États-Unis Franklin Delano Roosevelt. Autres temps, autres moeurs... mais les mêmes préoccupations côté sécurité: à l'époque, on inspectait toutes les chambres avant d'accueillir ces illustres invités, alors que pour de tels événements aujourd'hui, elles sont assignées par les organisateurs eux-mêmes.

Ce fut le cas au Sommet de la Francophonie, en octobre dernier, où l'hôtel avait été réquisitionné au grand complet afin de loger les 24 délégations officielles et leurs suites. «Jamais je n'avais vu autant de chefs d'État réunis sous un même toit!», nous a dit le directeur général du Château, Robert Mercure, qui semblait encore ému, du reste, par le séjour au Château des Paul McCartney et autres Céline Dion, dans le cadre du 400e de Québec.

Une fête après l'autre

Dans cette véritable institution-symbole, on a donc repensé l'organisation pratique des chambres sans toutefois altérer la richesse historique du majestueux bâtiment qu'est le Château Frontenac. Par exemple, le vaste espace de certaines unités crée un contraste avec la petitesse de leur salle de bains. La préservation a un prix, qu'on est bien prêt à payer lorsqu'on jette un coup d'oeil sur les paysages qui se dessinent par les fenêtres. Bien sûr, sauf exception, il n'y a point ici de fenêtrage panoramique à l'image des constructions modernes, mais on trouve des chambres uniques avec des ouvertures restreintes, mais pittoresques, époque oblige.

Enfin, outre le 400e de la ville, on célèbre un anniversaire au Château ce mois-ci: ses 115 ans. Pour marquer le coup, jusqu'au 22 novembre, un forfait spécial est offert à 115 $. Une journée portes ouvertes a également été prévue le 16 novembre et des menus spéciaux dans les restaurants de l'hôtel sont proposés jusqu'à la fin du mois. L'expérience gastronomique à laquelle nous convie le chef renommé Jean Soulard réserve d'ailleurs de belles surprises. Tant qu'à mener la vie de château...

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Le Château Frontenac: www.fairmont.com/fr/frontenac.

À lire: Fairmont - Le Château Frontenac, France Gagnon Pratte et Éric Etter, éditions Continuité, Québec, 2006..