Cayo Santa Maria: l'île aux familles

Photo: Sylvie Vartian
La piscine du Sol Cayo Santa Maria passe de quelques centimètres à plusieurs mètres de profondeur, en une douce inclinaison: l’idéal pour mijoter en surface ou apprendre à glisser sur l’onde.
Photo: Photo: Sylvie Vartian La piscine du Sol Cayo Santa Maria passe de quelques centimètres à plusieurs mètres de profondeur, en une douce inclinaison: l’idéal pour mijoter en surface ou apprendre à glisser sur l’onde.

Texte de Théo Lawrence

Traduit du babil par Gary Lawrence

À Cuba, une destination isolée s'avère particulièrement appropriée pour les séjours en famille. Compte rendu d'un mouflet emmitouflé dans la chaleur de la Isla Grande.

Cayo Santa Maria — De retour d'une semaine de vacances en tout-compris à Cuba, je profite de l'absence de mon père pour m'emparer de son clavier et vous livrer à chaud mes impressions de voyage. À la demande expresse de ma mère, lasse de ne jamais s'envoler avec mon paternel lors de ses pérégrinations, nous sommes allés séjourner à Cayo Santa Maria, un îlot (cayo, ou caye) cubain taillé sur mesure pour les vacances en famille. Enfin, c'est du moins ce que j'ai pu constater du haut de mes deux ans et demi. Car si je n'ai à peu près aucun point de comparaison et zéro mille aérien au compteur, il est une réalité que je comprends allégrement: celle des besoins de la guilde des moutards en vacances.

D'abord, la plage. Celle de Cayo Santa Maria vaut à elle seule le détour, de par ses atours. D'après mon père, qui en a parcouru quelques-unes, elle est même «aussi superbe qu'interminable en longueur et en langueur» (qu'est-ce qu'il peut être ronflant, quand il veut... ).

Baignée par des eaux dont la couleur me rappelle celle du rince-bouche familial, elle compte une dénivellation très douce et des vagues généralement peinardes, assurément (et azurément) parfaites pour moi qui ne sais pas encore ramper sur l'eau. Bon, d'accord, un ou deux drôles de poissons-gélatine sont venus se pointer le bout du tentacule, le mercredi, mais sans plus. En outre, la plage compte de nombreux points d'ombre (parasols végétaux) sur plusieurs kilomètres, ce qui est essentiel pour soustraire ma peau de blanchon du gril solaire.

Hormis un autre établissement qui a pignon sur plage et un autre en construction, Cayo Santa Maria est dominé par trois complexes de villégiature de la chaîne Sol Melia (le Sol, un quatre-étoiles; le Melia, un quatre-étoiles et demie pour adultes; et le Las Dunas, un cinq-étoiles), réputée pour se soucier des familles.

Ainsi, au Sol et au Las Dunas, de vastes piscines passent de quelques centimètres à plusieurs mètres de profondeur en une lente et douce inclinaison; peu à peu, la pataugeoire se fait donc piscine, ce qui permet aux vieux de s'activer à l'aquagym alors que moi et les miens mijotons en eaux peu profondes pour mieux apprendre à glisser sur l'onde.

D'aimables éducatrices

Dans ces deux complexes de villégiature, on offre services et infrastructures pour les jeunes de 0 à 12 ans, voire jusqu'à 17 ans au Las Dunas. Tous deux disposent d'aimables éducatrices entre les mains desquelles j'ai bien aimé m'abandonner à couche que veux-tu, sans que mes parents aient à craindre le syndrome Maddie McCann.

Le soir, j'ai pour la première fois vécu la fièvre des planches en montant sur scène dans le cadre de la mini-disco avant d'être forcé à céder ma place à un éventail de prestations de variétés — danses, chorégraphies et parades de mode: papa avait les yeux étrangement écarquillés — tandis que quelques «boîtes de nuit» ont permis à mes vieux de se prendre à nouveau pour un couple sans enfant l'espace d'une nuit.

Lorsqu'il a de nouveau fait face à la dure réalité parentale le lendemain, mon père s'est réjoui de pouvoir s'adonner à moult activités nautiques (voile, catamaran, kayak, pédalo, apnée, etc.), gratuitement et à volonté, «une bonne façon d'enrayer le mal de cheveux du lendemain de veille». Dieu seul sait ce qu'il a bien pu vouloir dire, lui qui est en proie à la pelade.

Côté bouffe, mes parents ne se sont pas spécialement éclatés, du moins au Sol, et je crois les avoir entendus se plaindre à quelques reprises de la propreté des nappes — qu'est-ce qu'ils peuvent être pointilleux; moi, je les ai trouvées très bien, ces taches de sauce tomate. Quant aux mets, ils étaient corrects et, surtout, le choix était très varié, tant au buffet qu'aux autres restos et casse-croûte du complexe, où les biberons pour adultes et l'eau-de-feu sont servis gratos et à volonté. À cet égard, le Las Dunas, inauguré il y a un an, offrirait une restauration plus élaborée — c'est ce que m'a confirmé, à la fin de mon séjour, une jeune naïade de trois ans adepte du monokini.

Bon rapport qualité-prix

En ce qui a trait aux chambres, elles étaient très bien, y compris au Sol, où on a eu droit à de rebondissants lits grand format (excellent trampoline), à la télé satellite (pour capter Disney TV), à un mini-frigo (pour nos biberons respectifs) et à un grand patio pour jouer à l'ombre ou pour m'époumoner lors de mes crises sporadiques (c'est plus fort que moi).

Seuls hics que mes parents ont relevé: la faible — voire l'absence de — pression d'eau de la douche, ce qui est plutôt embêtant quand on rentre tout poisseux de la plage; la propreté du site (sable dans la piscine, etc.) qui laisse parfois à désirer; enfin, les installations du club pour enfants, qui auraient besoin d'une cure de jouvence (jouets et modules brisés, etc.). Mais d'après mon père, qui contrôle avec parcimonie les allées et venues des huards dans les goussets familiaux, ces bémols sont rachetés par les autres avantages qu'il y a à séjourner ici, à commencer par les tarifs abordables qui en font un bon rapport qualité-prix en famille.

Un rot enfin sur le service. Les Cubains n'ont pas spécialement la réputation d'exceller en la matière: que voulez-vous, quand tout le monde gagne le même nombre de miettes par mois, peu importe la prestation rendue, c'est un peu ardu d'encourager la performance.

De mon côté, je n'ai cependant pas constaté de faiblesse à cet égard. Je le concède, je me rends moins souvent que mon père au bar, et quand j'y vais, c'est pour commander un verre, pas cinq. Mais je n'ai jamais été victime de laisser-aller de la part du personnel; en fait, ce fut tout le contraire: quand maman se pointait seule avec moi en poussette, tout le monde se précipitait pour nous aider, pour me faire des guili-guili ou pour me complimenter à propos de mon corps d'éphèbe.

Remarquez, maman m'assure qu'ils n'ont peut-être pas tant de mérite, les Cubains: comme tous les Latinos, ils sont naturellement portés à s'approcher des enfants — de véritables langes-gardiens, quoi — et ils sont toujours enclins à les câliner. Je dois admettre qu'elle n'a pas tort, même que ça les rend d'autant plus attachants.

Ainsi, le dernier jour, quand j'ai dû quitter mon animatrice Mereleidis (quels drôles de noms ils ont, ces Cubains... ), j'ai bizarrement senti mes yeux s'humecter. Maman a lâché quelque chose comme: «Pauvre petit! C'est sa première peine d'amour!» Papa m'a cependant rassuré en me disant que «le coeur humain est un des rares instruments qui continuent de fonctionner même lorsqu'ils sont brisés... ».

En vrac

- Sol Cayo Santa Maria: 298 chambres avec climatisation, un buffet, deux restos à la carte, un casse-croûte, cinq bars, un bébé-club 0-4 ans, un mini-club 5-12 ans.

- Melia Las Dunas: 925 chambres avec climatisation, deux buffets, quatre restos à la carte, deux casse-croûte, six bars, un bébé-club 0-4 ans, un mini-club 5-12 ans et un club ados 13-17 ans.

- Renseignements: www.gocuba.ca, www.solmeliacuba.com, www.vacancestmr.com.

- Le père de l'auteur était l'invité de Vacances Tours Mont-Royal, de Sol Melia et de Canjet.

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Le père de l'auteur est collaborateur du Devoir.

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