Le Soho pékinois

Photo: Carolyn Parent
De style Bauhaus et dotée d’un fenêtrage généreux, l’ex-unité de production 798 est particulièrement impressionnante. Dans certaines de ses salles d’exposition, de vieilles pièces d’équipement de l’usine ont prati
Photo: Carolyne Parent Photo: Carolyn Parent De style Bauhaus et dotée d’un fenêtrage généreux, l’ex-unité de production 798 est particulièrement impressionnante. Dans certaines de ses salles d’exposition, de vieilles pièces d’équipement de l’usine ont prati

Pékin — Signe des temps, au nord-est de la capitale chinoise, dans une austère zone industrielle appelée Dashanzi, se développe un quartier drôlement atypique pour un pays encore communiste: le 798.

Non, il ne s'agit pas d'un quelconque code secret, mais plutôt du matricule d'une ancienne usine d'État qui fabriquait des pièces électroniques. Depuis 2002, elle héberge studios d'artistes et galeries d'art, et son succès est si retentissant qu'une véritable communauté artistique s'est constituée et s'en est approprié le nom.

«Une première usine a été construite en 1954 par des Allemands de l'Est, explique Michael Jia, porte-parole du bureau de développement de la 798 Art Zone. Graduellement, elle fut subdivisée en six unités, dont une appelée 798. Au fil de leur fermeture, les artistes ont commencé à les reconvertir en ateliers.»

Aujourd'hui, ils sont quelque 80 peintres, sculpteurs, photographes, designers, musiciens et autres artistes du multimédia à oeuvrer dans la 798 Art Zone, à l'ombre de cheminées géantes. On y trouve aussi 120 galeries d'art internationales, autant d'entreprises culturelles, ainsi que des cafés, des restos, des librairies et des salles de spectacle destinés à l'honorable amateur d'art contemporain. Le tout sur 50 000 mètres carrés, à l'intérieur même de la zone industrielle, toujours active, qui elle en couvre 230 000.

De style Bauhaus et dotée d'un fenêtrage généreux, l'ex-unité de production 798 est particulièrement impressionnante. Dans certaines de ses salles d'exposition, de vieilles pièces d'équipement de l'usine ont pratiquement l'air d'installations...

Quant au marché chinois de l'art, il semble bien se porter, merci. «L'an dernier, le peintre Liu Xiao Dong a vendu aux enchères une toile représentant le barrage des Trois-Gorges pour 22 millions de yuans [2,9 millions $CAN]», dit M. Jia. Oui, c'est un record, admet-il, n'empêche, il semblerait que la classe moyenne émergente locale n'achète pas que des bagnoles... Autre signe des temps, et une bonne nouvelle pour la 798 Art Zone!

-Renseignements: www.798art.org, www.tourismchina-ca.com. À consulter aussi: Pékin en poche, les meilleures adresses de la capitale chinoise, signé Stéphanie Ollivier, aux Éditions You-Feng.

Collaboratrice du Devoir

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