Oasis Airlines, source d'économies

Photos Gary Lawrence 
Même si la classe affaires d’Oasis ne peut rivaliser avec celles des transporteurs traditionnels, celle-ci est offerte à un prix si concurrentiel qu’elle fait oublier bien des petits défauts.
Photo: Photos Gary Lawrence Même si la classe affaires d’Oasis ne peut rivaliser avec celles des transporteurs traditionnels, celle-ci est offerte à un prix si concurrentiel qu’elle fait oublier bien des petits défauts.

Pardon, avez-vous du vin?» La réceptionniste acquiesce, se lève et sort deux bouteilles de derrière les fagots de son cagibi. «Ne me dites pas que vous gardez tout ça pour vous et que vous picolez durant les heures de travail?»

D'ordinaire, le salon d'affaires d'une compagnie aérienne comprend toujours un bar (fort) bien garni, et accessible à volonté. Pas celui du transporteur Oasis Hong Kong Airlines, où ne traînent que quelques canettes de houblon et où il faut chercher où se terre la dive bouteille, du moins à l'aéroport de Vancouver.

«Excusez-moi, vous n'auriez pas quelques bulles de trop?» Une fois dans les airs, le service en classe affaires d'Oasis commence à ressembler davantage à ce qui se fait ailleurs: bonnes bouffes, bons crus (dans les circonstances). En revanche, mon repose-pieds s'arrête à mi-course — quand les commandes veulent bien répondre — et le poste de visionnement de vidéos cafouille une chaîne sur trois: les têtes des magnétoscopes n'ont pas dû être nettoyées depuis longtemps.

Il y a aussi fort longtemps que bon nombre de transporteurs ont pris le virage numérique, et que la diffusion des films se fait au doigt et à l'oeil, grâce à une base de données où sont stockés les longs métrages présentés à bord. Mais pas sur Oasis.

À l'instar d'Air Transat à ses débuts, le transporteur de Hong-Kong a choisi de miser sur de vieux appareils restaurés pour se lancer en affaires et dans les airs. Ainsi, la desserte offerte six fois par semaine entre Hong-Kong et Vancouver est assurée par d'anciens 747-400 de Singapore Airlines, qui accusent déjà 17 ans de service, «mais qui sont encore bons pour une dizaine d'années», assure Michael Wong, directeur marketing du transporteur.

Depuis le lancement de cette liaison, en juin dernier, Oasis bénéficie d'un taux de remplissage de près de 90 %. Sa stratégie: miser sur une clientèle dite ethnique, dont un large bassin de CBC (Canadian Born Chinese) de Vancouver, et verser uniquement dans le (très) long courrier. «Ce qui coûte cher dans l'exploitation d'un avion, c'est d'abord et avant tout le décollage, qui nécessite énormément de carburant; une fois dans les airs, la consommation est plus constante et moins coûteuse pour tout le reste du vol.» Résultat de tous ces facteurs combinés: Oasis arrive à offrir des allers simples à 299 $ avant taxes, et un peu plus du double en classe affaires (789 $ avant taxes).

Dans ce dernier cas, les passagers ont droit à la configuration de l'ancienne première classe de Singapore Airlines — qui était et est toujours l'une des meilleures compagnies aériennes au monde. Si les fauteuils ne s'inclinent pas jusqu'à 180 degrés, ils sont très larges et ils disposent surtout d'un bon empattement ainsi que d'un réel dégagement aux jambes. Mieux: dans le nez de l'appareil, la classe affaires d'Oasis pourrait accueillir des sessions de taï chi en groupe, tellement l'espace central est vaste.

Le service est par ailleurs fort attentionné et offert avec un sourire quasi permanent, parfois même en français, alors que le salon d'affaires de l'aéroport Chek Lap Kok, à Hong-Kong, dispose d'un salon plus étoffé (douche, plus grand buffet, bar plus élaboré, etc.), quoique partagé avec d'autres transporteurs et situé à l'autre extrémité de l'aérogare 2.

Même si la classe affaires d'Oasis ne peut rivaliser avec celles des transporteurs traditionnels — à commencer par Cathay Pacific, son premier concurrent —, celle-ci est offerte à un prix si concurrentiel qu'elle fait oublier bien des petits défauts. Au dernier congrès des World Low Cost Airlines, qui s'est déroulé à Londres en septembre, Oasis a d'ailleurs remporté deux prix: meilleure nouvelle liaison et meilleur transporteur avec classe affaires (chez les transporteurs à rabais).

Forte de cette lancée, Oasis ne compte pas en rester là, et des demandes ont été formulées pour obtenir des créneaux dans les aéroports de Cologne-Bonn, Berlin, Milan, Oakland (San Francisco) et Chicago. Ni Montréal, ni Toronto ne figurent cependant dans le collimateur d'Oasis, pour l'instant. Mais en combinant les services de ce transporteur à ceux de West Jet, on peut gagner l'Asie à prix modique, au départ du Québec. Info: www.oasishongkong.com

Collaborateur du Devoir

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L'auteur était l'invité d'Oasis Hong Kong Airlines.

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