Cuba - Le paradis du cyclotouriste

Photo François Cardinal
Photo: Photo François Cardinal

Aussi plate dans sa morphologie que lente et nonchalante dans sa circulation, l'île de Cuba est sans conteste un paradis pour cyclistes. Avertis ou non.

Il en va du safari en Afrique comme du cyclotourisme à Cuba. Le touriste se demande parfois si c'est lui qui observe l'autre avec curiosité ou si c'est lui qu'on observe avec curiosité. Un vélo de 1500 $ monté par un gringo plus blanc que blanc vêtu d'un maillot fuchsia, d'un lycra vert et de chaussettes arborant un logo commercial sur la main de Pinar del Río a de quoi faire tourner la tête des Cubains (et les faire rigoler de surcroît !). Tout autant, en fait, qu'une bécane rouillée chevauchée par un Cubain, sa fille, ses deux fils, sa femme, laquelle porte dans sa bouche un gros cigare et dans ses bras un chargement de branchages fait assurément tourner la tête du touriste.

Mais autant un voyage de cyclotourisme peut sembler incongru dans cette île des Grandes Antilles frappée par la pauvreté, autant la bécane est indiquée pour voir du pays. Particulièrement l'ouest du pays.

La province de Pinar del Río (pinède du fleuve, dans la langue de la révolución) couvre une grande partie de l'extrême ouest de l'île avant la péninsule de Guanahacabibes.

Cette région étant l'une des plus belles de Cuba, Les Voyages du Tour de l'Île, l'agence de voyages du Groupe Vélo qui a pignon sur rue à Montréal, n'ont pas manqué d'en faire une destination à part entière. Pas surprenant, c'est la terre du tabac. Celui que fume Fidel, que fumait le Che et que vous fumerez assurément lorsque vous mettrez les pieds sur cette île des Caraïbes.

Deux grandes villes composent cette province occidentale, Pinar del Río, la capitale, qui a malheureusement des airs... de capitale, et Viñales, avec ses paysages de cartes postales. Le poète espagnol Federico García Lorca affirme qu'il n'y a pas de verts plus soutenus qu'à Viñales. Ernest Hemingway prétend pour sa part qu'il est presque facile d'écrire un roman à l'ombre d'un tel panorama.

Bon. Réglons la chose une fois pour toutes. Il n'y a pas de plages dans la région de Pinar del Río. Je répète, il n'y a pas de plages dans la région de Pinar del Río. Je demande à l'ami lecteur un peu d'indulgence afin qu'il poursuive néanmoins sa lecture.

Les plages sont normalement l'attrait premier de Cuba, il est vrai. Pourquoi s'y rendre, donc, si ce n'est pour se faire dorer la couenne sur le sable chaud ? Pour tout le reste, tout simplement. La flore composée de 2500 espèces végétales, les maisons aux toits de chaume, les champs de tabac, les cigares tendus par le paysan qui les a habilement roulés au préalable, les villages ruraux, les mogotes, le magnifique jardin des orchidées de Soroa, etc.

Mais pour voir toutes ces merveilles, la voiture n'est pas très recommandée. L'autobus non plus. Ces deux moyens de transport limitent la marge de manoeuvre du touriste qui doit se déplacer à l'intérieur d'un gros bidule de tôle, s'arrêter, débarquer en groupe, regarder, photographier, rembarquer, attendre les autres et ainsi de suite.

Non seulement le Cubain ne sera pas très tenté de vous approcher, mais en plus, vous êtes à la merci d'un guide (fidèle de Fidel, il va sans dire) qui choisit à votre place les lieux à voir. Et là, vous ne trouverez pas ce qui fait le charme de Pinar del Río.

Il est plutôt dans un détail architectural du plus banal édifice d'un minuscule village, dans le sourire du Cubain sur sa bécane bringuebalante dépassant un touriste en califourchon sur sa Ferrari à pédales, dans la discussion spontanée entreprise avec un vendeur de guarapo (jus fait à partir de la canne à sucre), dans une baignade surprise à la source des rejets d'eau chaude d'une station thermale, dans cette invitation d'une paysanne à admirer ses cochons et son puits nouvellement construit...

Vous aurez donc compris à quel point la bicyclette est de mise pour s'abreuver des richesses d'une région rurale comme celle-ci. Il est même possible de se rendre d'un hôtel à l'autre sans jamais perdre son souffle, sans jamais s'épuiser. Ce sont des vacances, après tout.

Et pour ceux qui ne veulent pas traîner leurs sacoches à bicyclette, qui ne connaissent rien à la mécanique vélo, qui ne veulent pas avoir à se casser la tête pour tracer leur propre itinéraire ou qui veulent tout simplement être pris en charge par des pros, il y a les voyages organisés en vélo.

Bref, si vous voulez tout, tout cuit dans le bec, si ce n'est donner quelques coups de pédales, voilà une formule qui vous plaira.

N'étant personnellement pas très fort sur les voyages de groupe ou sur les voyages organisés, je n'étais pas certain de préférer ce genre de formule aux vacances passées le sac aux dos et les bottines libres. Erreur. Il y a là tous les avantages des voyages organisés et tous les avantages des voyages solo. Sans les désavantages, en outre.

La liberté organisée, en d'autres mots.

Journée type : réveil avant 10 h, déjeuner, départ au moment jugé opportun, dîner avec le groupe ou seul en route (au choix), arrivée à l'hôtel, souper, petite soirée dansante et dodo. Rien n'est dicté par le guide. Pour ce qui est de la distance entre les hôtels, elle est très modeste. En moyenne : un peu plus de 60 kilomètres. Certains font donc le trajet en deux heures, d'autres en six heures. Peu importe.

Et si la dénivellation d'une côte vous semble trop importante, l'autobus du groupe dans lequel voyagent vos bagages vous accompagne jusqu'au sommet, voire jusqu'à l'hôtel. Vous avez un pépin mécanique ? Un encadreur ferme la marche équipé de tous les outils nécessaires.

Pas compliqué. Et pas trop essoufflant ! Il n'est donc pas surprenant que la fourchette d'âge des participants soit si grande. Lorsque j'y suis allé, le plus jeune avait 27 ans (présent !) et la plus mûre, 72.

Le voyage s'étire en tout et pour tout sur huit jours. Parmi ceux-ci, cinq sont réservés au vélo et un à la visite de La Havane. Les deux autres servent de tampon pour l'arrivée et le départ.

Ce voyage a été rendu possible grâce à l'agence Les Voyages du Tour de l'Île.

En vrac

Deux parcours s'offrent à vous...
- Pinar del Rio (de San Antonio de los Baños à Viñales avec visite de La Havane) : du 1er au 8 février, du 8 au 15 mars ou du 15 au 22 mars.
- L'Oriente (de Bayamo à Chivirico avec visite à Santiago) : du 28 décembre au 5 janvier, du 15 au 23 février ou du 22 février au 2 mars.

Pour les inscriptions, les aventuriers en vélo peuvent contacter dès maintenant l'agence Les Voyages du Tour de l'Île au 514-521-TOUR, ou le numéro sans frais 1 888 899-1111, ou encore visiter le site Internet (www.velo.qc.ca). L'adresse électronique des inscriptions est: tour@velo.qc.ca.

Finalement, il est toujours possible de se présenter en personne à la Maison des cyclistes au 1251, rue Rachel Est, Montréal H2J 2J9.