Style de vie - Comprendre le Japon

Bien souvent, nos plus beaux souvenirs de voyage ne se rapportent pas tant aux destinations comme aux rencontres marquantes qu'on y a faites. À Copenhague, un repas pris chez un couple ravi de payer ses impôts. Un interminable trajet en autocar qui ne sera pas un cauchemar grâce à la présence d'un petit Amadou, dont tous les voyageurs s'occupent à tour de rôle. Au Caire, une fête-comme-dans-les-films en compagnie d'une architecte humaniste...

Évidemment, les barrières culturelles et linguistiques peuvent compliquer les contacts. Pensons au Japon, société complexe s'il en est. D'où l'intérêt d'un livre comme Comprendre le Japon, de Martin Beaulieu, qui y a vécu et travaillé quelques années. Son ouvrage vise en effet à aider le voyageur à réussir ses échanges humains dans l'empire du Soleil levant.

Le premier chapitre retrace les grandes lignes de l'histoire du pays. Le deuxième est consacré au quotidien des Japonais. Sous la rubrique «Racisme et préjugés», on apprendra notamment que pour eux, «aller en Chine ou en Thaïlande, c'est aller en Asie; car eux ne sont pas en Asie, ils sont au Japon, une distinction qui exprime bien le rapport ambigu que le Japon entretient avec sa propre identité, entre l'Asie et l'Occident».

Le troisième chapitre traite de la vie en société. Si les Japonais sont conciliants face aux «faux pas» du gaijin (littéralement: «personne de l'extérieur») en matière de conventions sociales, explique l'auteur, la contrepartie est que ces impairs «garantissent en pratique votre exclusion de la plupart des sphères importantes de la société japonaise». Le visiteur a donc intérêt à apprivoiser us et coutumes tout en gardant à l'esprit le fait qu'il sera néanmoins toujours considéré comme un étranger.

Au nombre des traditions chères aux Japonais, mentionnons l'omiyage, ces petits présents, souvent des pâtisseries, qu'ils offrent à leurs proches en revenant de voyage — le tourisme national se classant au «premier rang de l'économie japonaise en matière de loisirs». Ce rituel a d'ailleurs stimulé la création de multiples spécialités aux quatre coins de l'archipel. Le rituel funéraire entourant la crémation est, lui, moins jojo... «Les membres de la famille s'entraideront pour retirer les os des cendres à l'aide de baguettes et les déposer dans une ou plusieurs urnes, qui pourront ensuite être enterrées au cimetière ou placées sur l'autel familial.»

Enfin, le dernier chapitre aborde le monde des affaires, notamment l'art de la négociation dans un monde où prévaut le consensus. Chose certaine, la compréhension du pays et de ses habitants est indispensable aux rapprochements humains, que ceux-ci se déroulent dans un cadre professionnel ou pas.

- Comprendre le Japon, Martin Beaulieu, Éditions Ulysse, 2007, 96 pages.

Collaboratrice du Devoir

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