Le Getty Center, musée d'art modèle

Le Getty Center expose 10 hectares d’oeuvres d’art occidental de toutes les époques et de jardins composés comme des tableaux, le tout enrobé d’un style architectural signé Richard Meier, où Frank Lloyd Wright dit bonjour au mouvement Bauhaus.
Photo: Le Getty Center expose 10 hectares d’oeuvres d’art occidental de toutes les époques et de jardins composés comme des tableaux, le tout enrobé d’un style architectural signé Richard Meier, où Frank Lloyd Wright dit bonjour au mouvement Bauhaus.

Que c'est beau. Que c'est spécial. Que c'est bien pensé. Que c'est original. Et c'est gratuit. Nous voici à Los Angeles, au musée nommé Getty Center.

L'argent de l'homme qui a été le plus riche du monde, Jean Paul Getty, a servi à financer un des grands musées privés de la planète. Ce Getty Center expose 10 hectares d'oeuvres d'art occidental de toutes les époques et de jardins composés comme des tableaux, le tout enrobé d'un style architectural signé Richard Meier, où Frank Lloyd Wright dit bonjour au mouvement Bauhaus.

Le Getty Center est formé de 16 256 tonnes de travertin, la roche calcaire d'Italie qui a aussi été utilisée pour construire... le Colisée, la fontaine de Trevi et la colonnade de la basilique Saint-Pierre. L'aspect solennel du travertin se révèle surtout le long de la promenade panoramique qui entoure le musée. Et que penser de l'attention portée à la pierre de travertin: les fossiles de feuilles, de coquillages et d'autres objets qui sont inscrits sur cette pierre sont précisés et expliqués sur une carte dans le jardin!

Le musée est bâti sur les contreforts des montagnes de Santa Monica, au sommet d'une colline, à 269 mètres d'altitude. Depuis cette promenade, des éléments clés de la région de Los Angeles se donnent à la vue: Santa Monica, le Pacifique, les tours du downtown et la colossale autoroute 405. À l'intérieur du musée, des fenêtres adroitement disposées encadrent ces paysages idéalisés par près d'un siècle de cinéma hollywoodien.

L'espace intérieur et l'espace extérieur sont nettement délimités déjà par 3200 portes mais aussi par des guides bénévoles très spécialisés. Certains guides patrouillent seulement les salles intérieures, d'autres demeurent à l'extérieur...

Les galeries de tableaux sont baignées d'un mélange de lumière naturelle et artificielle réglé par ordinateur. L'effet recherché, c'est que les tableaux apparaissent dans un bain de lumière similaire à celui que voyait l'artiste en réalisant son oeuvre. L'attention portée aux détails est telle, au Getty, qu'on finit par tout observer avec attention, jusqu'aux lavabos des toilettes, à la recherche de quelque avancée muséale...

Les jardins sont taillés à même une pente naturelle. Un sentier en zigzag traverse six fois le ruisseau qui mène au jardin central, permettant six appréciations de la sculpture sonore créée par la cascade d'eau. Ces jardins requièrent l'attention de 36 jardiniers à temps plein!

Même la traduction française des dépliants du Getty Center est remarquable. Et voici une autre bonne idée: une partie des jardins, le Jardin des cactus, recrée l'époque préurbaine de Los Angeles; c'est un paysage désertique parsemé de cactus, de figuiers et du reste d'une flore historique et magnifique.

La visite se termine généralement côté jardin et elle commence aussi dans un cadre idyllique. On accède au musée par un tramway postmoderne qui se tortille à 15 km/h le long de la verte colline du musée. Cette montée, d'une durée de cinq minutes, fut conçue pour donner aux visiteurs l'impression «d'échapper au quotidien», a dit Richard Meier, l'architecte du Getty Center.

Les architectures de l'Américain Richard Meier puisent aux sources de Le Corbusier en ajoutant une touche contemporaine. Ce Getty Center, ouvert en 1997, est une oeuvre magistrale à ne pas manquer, hélas beaucoup moins médiatisée que les grandes attractions touristiques si commerciales de Los Angeles.

- Renseignements: tél. (310) 440-7300, getty.edu.

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Collaborateur du Devoir