La valse des euros

Qui dit bal dit toute une offre de services assortis et de belles retombées économiques. En effet, pensons aux robes, aux smokings, aux locations de limousines, aux bouteilles de champagne, aux nuitées d'hôtel... En vérité, pendant Fasching, la ville de Vienne s'enrichit indirectement de 31,5 millions d'euros (44,5 millions $CAN).

À lui seul, le bal de l'Opéra, qui attire quelque 5000 participants, dont la moitié provient de l'étranger, rapporte selon Division des industries du tourisme et des loisirs de la Chambre de commerce de Vienne:

- 750 000 euros à l'industrie hôtelière, les hôtels de quatre et cinq étoiles du centre-ville affichant complet;

- 160 000 euros aux restaurateurs et 70 000 euros aux salons de coiffure du centre-ville;

- 70 000 euros aux boutiques de location de tenues de soirée. (Celles-ci engrangent 140 000 euros pour toute la saison des bals);

- autour de trois millions d'euros en droits d'entrée à l'Opéra.

Exporter le bal viennois?

Montréal a son bal viennois organisé par la Société autrichienne depuis 47 ans. New York a le sien depuis 50 ans. Et depuis cette année, même Dubaï valse à la viennoise! Mais, au fait, ne faut-il pas des Viennois pour que le bal mérite son appellation? C'est ce que pense Harald Willenig, organisateur du bal Rudolfina Redoute: «Il y a des "bals viennois" partout dans le monde mais la vraie essence du bal viennois ne s'exporte pas. Vous savez, on ne peut seulement comparer les bals au sein même de l'Autriche puisqu'il faut des Viennois pour donner vie aux bals Viennois.» Selon le professeur de danse Thomas Schäfer-Elmayer, le bal viennois dépend entièrement des Viennois. «Ailleurs, dit-il, les gens s'assoient et regardent en espérant que quelque chose va se passer. Ici, les gens font partie de l'événement et ils sont responsables de son succès.»

Eva Draxler, du Bureau de tourisme de Vienne, apporte une autre dimension: «Les bals viennois étant une bonne façon de faire la promotion de la ville, nous collaborons à leur organisation à l'étranger. Sauf que nous nous sommes rendu compte qu'il n'y règne pas la même atmosphère qu'à Vienne en partie parce que les participants sont souvent guindés dans leurs robes longues et leurs tuxedos, alors que pour nous, cela fait partie de notre mode de vie, de nos traditions, de notre passé.»

Conclusion : il n'y a vraiment qu'à Vienne qu'on puisse véritablement faire comme les Viennois.