Les risques du voyage

Les touristes prennent plus de risques qu'il y a 30 ans, s'aventurant dans des zones toujours plus reculées, les moyens de communication modernes leur conférant un sentiment croissant d'invulnérabilité, selon des experts au salon du tourisme Top Résa, en France.

«Le fait de pouvoir appeler des secours 24 heures sur 24 depuis son téléphone portable de n'importe quel endroit de la planète pousse les touristes à s'exposer davantage aux risques. C'est comme un filet de sécurité», explique Stephan Malvoisin, président du cabinet spécialisé Crisis Consulting.

Or, conséquence des réservations de dernière minute, les voyages sont en même temps moins préparés, d'où un risque accru. «Il faut au moins revoir son carnet de vaccination» avant de partir dans des zones à risque, conseille Arnaud de Courcy, directeur médical d'Europ Assistance France.

En 30 ans, le nombre de touristes dans le monde est passé de 229 millions à 808 millions par an et le chiffre d'affaires annuel de l'industrie du tourisme a grimpé de 41 à 630 milliards de dollars.

Les touristes ont intégré les risques d'attentats lorsqu'ils partent en vacances, selon un sondage réalisé au printemps (Ipsos): «Autrefois, une destination frappée par un attentat était bannie longtemps. Aujourd'hui, les gens y retournent beaucoup plus vite», comme en témoigne le cas de l'Égypte, selon M. Malvoisin. «Il y a trente ans, le terrorisme était localisé et n'était pas organisé sur le plan international. Aujourd'hui, il n'y a plus aucun pays au monde sans risque d'attentat.»

Quant aux risques sanitaires liés aux voyages, ajoute M. de Courcy, il y a notamment les cas «psy», qui ne sont pas les moins nombreux: «Ce sont souvent des touristes à la recherche d'expériences mystiques dans des pays comme l'Inde et qui développent des bouffées délirantes... On leur envoie un psychiatre et on les rapatrie.»