Voyageries - Cupidon en vacances

L’affiche de la campagne de l’organisme End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes. Photos: Taryn Simon, BETC Euro RSCG/Air France
Photo: L’affiche de la campagne de l’organisme End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes. Photos: Taryn Simon, BETC Euro RSCG/Air France

Pendant que les vacances conjointes attisent la flamme amoureuse, les congés en solitaire qui gardent le «tisonnier» à distance seraient également salutaires pour la relation de couple. Morale de cette histoire: offrons-nous un peu des deux, peut-être?

On sait que les vacances sont une période propice aux rendez-vous galants et, dans la foulée, qu'elles contribuent à la naissance de nombreux couples... voire à la courbe des naissances tout court. On sait aussi, du moins est-il aisément imaginable, qu'elles ont entre autres avantages le pouvoir d'entretenir la flamme amoureuse. Pourtant, plus de la moitié des couples canadiens (53 %), pour 49 % des couples québécois, n'auraient pas pris de vacances ensemble au cours de la dernière année, dont 13 % qui n'ont jamais fait relâche à deux!

Or six couples sur dix (62 %) considèrent que les vacances avec leur partenaire sont importantes pour maintenir une bonne relation, ou carrément l'améliorer. Mais il semble que ces personnes éprouvent beaucoup de difficulté à réserver des plages de temps pour partir en duo, entre le rythme fou du boulot et la course effrénée du quotidien.

Ce sont là les grandes lignes des résultats d'un sondage Expedia.ca/Ipsos Reid dévoilés la semaine dernière.

La saison des amours

L'automne, saison des amours? En tout cas, ce serait le moment parfait pour des vacances avec son conjoint, selon Owen Williams, conseiller auprès des couples: «Cette phase est considérée comme le début non officiel d'une "nouvelle année".» Entre la rentrée scolaire, qui marque pour bien des gens la fin des vacances avec les enfants, et la période des Fêtes, qui entraîne son lot de rencontres — et de congés — en famille, la saison multicolore marquerait donc un temps idéal pour une pause en amoureux.

Plus de la moitié (55 %) des Canadiens et 50 % des Québécois ayant participé au sondage considèrent en effet que septembre représente une excellente période de l'année «pour se rapprocher de leur conjoint et donner un nouvel élan à leur relation», révèle l'enquête d'Expedia. Selon M. Williams, «pour entretenir la flamme, les couples ont besoin de continuer à se faire la cour et de retrouver la passion qui les animait lors de leurs premières vacances ensemble»... On l'aurait parié!

Et les enfants? Près des trois quarts (73 %) des couples ayant des jeunes à la maison croient qu'ils gagneraient à prendre des vacances ensemble, contre 57 % pour les autres. En outre, 74 % des adultes de 18 à 34 ans croient à l'impact positif des congés sur la vie de couple, contre seulement 47 % des gens de plus de 54 ans. Enfin, les trois quarts (74 %) des couples qui sont ensemble depuis moins de cinq ans estiment que des vacances amélioreraient leur relation, par rapport à 59 % de ceux formés depuis cinq ans ou plus...

Loin des yeux... près du coeur

Est-ce à dire que les vacances sans conjoint ne comportent aucun effet bénéfique sur la vie à deux? Selon l'enquête Expedia/Ipsos Reid, la proportion des couples qui font régulièrement relâche séparément serait de 6 % au Canada — 7 % au Québec —, alors que 39 % des Canadiens en couple — 36 % des Québécois — se sont réservé une escapade sans leur partenaire dans le passé.

Loin des yeux, près du coeur... Pendant que les vacances conjointes attisent la flamme amoureuse, les congés en solitaire qui gardent le «tisonnier» à distance seraient également salutaires pour la relation de couple. Morale de cette histoire: offrons-nous un peu des deux, peut-être?

Les résultats du sondage, effectué au début de septembre auprès de 1656 adultes en couple à la grandeur du Canada, sont considérés comme exacts à +/- 2,4 points de pourcentage, 19 fois sur 20.

Bien sûr, l'idée d'un telle recherche n'est pas complètement désintéressée. Expedia, l'une des plus importantes agences de voyages en ligne au monde, offre des soldes saisonniers d'escapades romantiques destinées aux couples. Selon François Daoud, chef marketing chez Expedia, le site aurait accueilli 2,515 millions de visiteurs uniques en juillet seulement. «Les clients choisissent leur voyage en greffant des produits ensemble ou en achetant des forfaits tout-compris offerts par des fournisseurs», explique-t-il.

À vos amours, donc, tous-toutes!

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Liaisons dangereuses

Elle a 13 ans, l'autre en a 15. Elles ont 14 ans, les autres en ont à peine 11... Les scènes montrent l'odieuse réalité d'enfants dans des situations d'exploitation sexuelle sur la planète. Deux petites minutes d'images conçues «pour marquer les esprits et faire prendre conscience à tous des sanctions pénales encourues, tant dans le pays du délit que dans le pays d'origine», expliquent les concepteurs de l'agence BETC Euro RSCG qui ont créé la nouvelle campagne de l'organisme End Child Prostitution, Child Pornography and Trafficking of Children for Sexual Purposes (ECPAT).

Dès demain, le film intitulé Agir contre l'exploitation sexuelle des enfants, de la photographe et réalisatrice new-yorkaise Taryn Simon, auteure du documentaire The Innocents sur le milieu carcéral aux États-Unis, sera diffusé sur tous les vols longs courriers et les cars d'Air France.

Tourné au Brésil, il «donne au spectateur une vision subjective qui le met directement dans la peau du "prédateur" et présente un jeu d'alternance entre l'âge des victimes et les années de prison infligées aux coupables».

Air France s'engage à verser intégralement au profit d'ECPAT les sommes perçues lors de la vente à bord d'articles liés à cette campagne de sensibilisation. Le transporteur avait contribué, avec d'autres, à l'adoption de la résolution de l'Association des compagnies aériennes internationales (IATA), en novembre 1996, condamnant l'exploitation sexuelle et commerciale des enfants et encourageant les actions mises en place par les transporteurs aériens.

Les entreprises dans le domaine du voyage n'ont-elles pas la responsabilité d'utiliser leurs réseaux, ceux-là mêmes qui les nourrissent, pour instituer des programmes de lutte contre le tourisme sexuel, ce fléau qui s'est posé en excroissance de leur industrie?

«Avoir des relations sexuelles avec un mineur conduit en prison.» C'est le message qui apparaît en blanc sur noir à la fin du très court mais percutant film de Taryn Simon. «Donald B.: 10 ans de prison. Cour de Vancouver, 2005.» C'est l'un des exemples de condamnations appliquées pour de tels délits dans le monde et présentées en guise de conclusion au film. Et de réflexion, ose-t-on le souhaiter.

- Beyond Borders - Au delà des frontières est le lien canadien d'ECPAT International: www.beyondborders.org.

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dprecourt@ledevoir.com