Le Top of the Rock

Le célèbre Empire State Building (ESB) de New York vient de fêter son 75e anniversaire et, depuis quelques mois, il est à nouveau possible d'accéder au 102e étage, au sommet de la pointe de l'édifice culte de la Grosse Pomme. Mais attention: un concurrent sérieux fait aujourd'hui de l'ombre au monopole de l'ESB pour le titre du meilleur point de vue sur l'île de Manhattan: le nouveau site d'observation au sommet du Rockefeller Centre.

L'an dernier ouvrait le Top of the Rock. Sur trois niveaux, le point de vue est imprenable sur Central Park au nord, le reste de Manhattan et sur... l'Empire State Building à quelques rues au sud.

Et bien que le visiteur ne grimpe qu'aux 67e, 69e et 70e étages (259 mètres) au Rockefeller Centre (RC), à comparer au 86e (320 mètres) ou au 102e (381 mètres) de l'ESB, la vue au sommet est entièrement dégagée.

La structure en terrasse des derniers étages du Rockefeller permet d'être entouré en contrebas par les deux étages inférieurs plus larges: impossible, donc, de sauter dans le vide. La vue est entièrement libre, avec seulement une barrière de métal à hauteur des genoux.

Soulignons aussi le soin apporté à la montée: un plafond de verre laisse voir la cage d'ascenseur baignée d'éclairages de couleurs différentes au fil de la progression. Des images sont en même temps projetées sur cet écran vitré au-dessus des têtes, évoquant l'historique et le faste du lieu. Sans parler du confort pour accéder à l'ascenseur. Aucune comparaison avec l'ESB et son infini dédale de couloirs et de cordes pour canaliser le flot de touristes.

Sans le raffinement du Top of the Rock, l'édifice de l'Empire State bénéficie toujours, toutefois, d'une aura mythique. L'audace des premiers gratte-ciel (inauguré le 1er mai 1931, l'ESB fut un temps le plus haut édifice de la ville). La fougue et le goût du risque des entrepreneurs d'alors. Le romantisme cinématographique avec King Kong ou Sleepless in Seattle... Le 86e étage est certes encombré de monde et ne permet pas de voir une bonne partie de Central Park au nord (le Rockefeller Centre bouche la vue... ), mais demeure sans doute un incontournable d'une première visite à New York.

Le Top of the Rock devrait toutefois comporter de moins longues files d'attente et offre un cadre plus détendu. À noter au passage que seul l'ESB dispose d'un audioguide — bien conçu, d'ailleurs, tant pour l'historique et la sociologie des quartiers que pour l'architecture environnante —, le tout dans un accent typiquement new-yorkais (pour la version en anglais) et un humour vitriolé non moins authentique.

Le 102e étage demeure pour sa part quelque peu décevant par son exiguïté, notamment, l'impression d'être au sommet d'un phare et de regarder la ville par des lucarnes. Les 14 $US de ce second billet (en plus des premiers 16 $US pour accéder au 86e) permettent tout de même de s'éloigner de la foule et d'observer la ville dans le calme, mais depuis l'intérieur. Cet étage permet aussi de voir de près la structure métallique de cette pointe de l'édifice, juste en-dessous de l'immense antenne radio.

Alors, au bout du compte, disons l'Empire State pour l'audioguide mais le Top of the Rock pour l'ambiance, le confort et la vue.

- Empire State Building: http://www.esbnyc.com. Ouvert tous les jours de 8h à minuit.

- Top of the Rock: www.topoftherocknyc.com. Ouvert tous les jours de 8h à minuit.

Collaborateur du Devoir