À l'ombre du moulin

En 1705, le nouveau seigneur de l’île Perrot fit construire un moulin à vent pour ses censitaires. Restauré, celui-ci dresse ses trois étages au coeur du parc historique de la Pointe-du-Moulin.
Photos: Parc historique Pointe-du-Moulin
Photo: En 1705, le nouveau seigneur de l’île Perrot fit construire un moulin à vent pour ses censitaires. Restauré, celui-ci dresse ses trois étages au coeur du parc historique de la Pointe-du-Moulin. Photos: Parc historique Pointe-du-Moulin

Oasis de verdure située en bordure du lac Saint-Louis, à l'île Perrot, le parc historique de la Pointe-du-Moulin offre aux jeunes et moins jeunes l'occasion de plonger dans la vie paysanne d'antan, en compagnie d'animateurs et de comédiens.

Sorti tout droit du XVIIIe siècle avec ses souliers de boeuf, sa culotte et sa chemise à lacets, Charles Cyteleux, le meunier de la Pointe-du-Moulin à l'île Perrot, accueille les visiteurs avec bonhomie. «Saviez-vous que la poussière de blé fermentée est plus explosive que la poudre à canon? Une seule étincelle dans le moulin et pouf! tout pouvait sauter», lance-t-il.

Charles raconte que le meunier était exposé à bien d'autres dangers. Il pouvait être frappé par les ailes du moulin. Ses manches amples pouvaient se prendre dans les engrenages. En cas d'accident mortel, le «moulin rouge» était condamné. Heureusement, dit Charles, en trois siècles, rien de tel n'est jamais arrivé à l'île Perrot. On peut visiter le moulin sans crainte, afin d'admirer l'ingéniosité des mécanismes de l'époque. À l'intérieur, ça sent le bon grain.

En 1705 — 63 ans après la fondation de Ville-Marie par Maisonneuve —, le nouveau seigneur de l'île Perrot fit construire un moulin à vent pour ses censitaires. Restauré, celui-ci dresse ses trois étages au coeur du parc historique de la Pointe-du-Moulin, qui propose plusieurs attractions pour toute la famille.

Le week-end prochain sera consacré à la démonstration de métiers anciens. Un coureur des bois fera fumer de la perchaude. Une couturière enseignera l'art de confectionner des poupées au fil et à l'aiguille. Les visiteurs seront conviés à danser sur des airs d'époque joués au violon, à la guitare, au banjo et à la flûte irlandaise. On pourra également observer un tressailleur de chaises à l'oeuvre. Il y aura un atelier de bricolage pour les enfants et une démonstration de fabrication de papier à l'ancienne. Un crieur annoncera le programme au fur et à mesure aux visiteurs qui ne sauront où donner de la tête.

Car ces activités s'ajouteront aux activités habituelles à la Pointe-du-Moulin. Toutes les fins de semaine, le conteur Robert Payant, bien connu dans la région, régale le public de ses innombrables contes et légendes traditionnels. Portant tricorne et costume d'époque, il s'emploie, intarissable, à «jouer l'intermédiaire entre le curé et le diable».

Les enfants peuvent chasser la grenouille au filet dans le ruisseau et essayer des costumes d'époque. Les plus artistiques ont l'occasion de participer à la création d'une toile collective. Au centre d'interprétation, chacun prendra plaisir à plonger la main dans des bacs remplis de sarrasin, de seigle, de gaudriole, d'avoine et d'orge.

À la maison du meunier, Marianne Fluet, la soeur de la meunière, raconte la vie d'antan tout en faisant cuire le pain dans son four de briques. D'appétissantes miches de pain blanc, qu'elle vend trois sols (ou trois dollars, pour les modernes). «Du pain de riche», explique-t-elle en vieux «françois», car les censitaires avaient plutôt «l'habituance du pain noir».

S'étendant sur trois hectares — la moitié de la superficie du Stade olympique —, le site offre une vue imprenable sur les blancs voiliers qui sillonnent le lac Saint-Louis par beau temps. À l'horizon, on distingue les contours du mont Royal et les gratte-ciel du centre-ville. On peut apporter sa glacière et même son barbecue portatif pour pique-niquer en famille dans un agréable décor boisé.

Pour se dégourdir et voir le site d'un autre angle, on peut aussi louer, à l'heure ou à la demi-journée, une embarcation au club de kayak voisin. En semaine, il est préférable de téléphoner à l'avance, car le club reçoit parfois des groupes scolaires.

À noter que, la fin de semaine du 12 et 13 août, le parc de la Pointe-du-Moulin accueillera exceptionnellement les campeurs pour une nuit d'observation des Perséides, guidée par un animateur du Planétarium. Autour d'un feu de joie, petits et grands se feront raconter légendes et contes mystérieux. De jour, outre le programme habituel, il y aura des jeux de volley-ball et de badminton. On conseille de réserver.

***

Parc historique de la Pointe-du-Moulin

2500, boul. Don-Quichotte

Notre-Dame-de-l'Île-Perrot

(514) 453-5936

www.pointedumoulin.com
3 commentaires
  • Jean Lapointe - Abonné 21 juillet 2006 07 h 23

    La fondation de Ville-Marie.

    Je ne savais pas que c'était Jacques Cartier qui avait fondé Ville-Marie. Moi j'avais toujours cru que c'était Paul Chomedey de Maisonneuve en 1642. Pas vous?

  • Léon Robichaud - Abonné 21 juillet 2006 11 h 43

    Erreur de fondateur

    Bonjour,

    Bien qu'il s'agisse d'un article dans la section Voyage et non dans une section Histoire et patrimoine, une vérification rapide aurait été fort utile. L'auteure de l'article aurait alors appris que Jacques Cartier n'a pas fondé Montréal en 1642.

    Quelqu'un semble avoir confondu la visite de Jacques Cartier sur le site en 1535 et la fondation de Ville-Marie par Paul Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance en 1642.

    Léon Robichaud

  • Pierre Lincourt - Abonné 21 juillet 2006 12 h 54

    Maisonneuve et Jacques Cartier

    Bonjour,
    L'article est complet et intéressant, mais il y a une erreur concernant le fondateur de Montréal : il aurait fallu écrire Maisonneuve .
    Pierre Lincourt