Le mont Ernest-Laforce - Apprécier un peu plus la Gaspésie

Le meilleur rapport effort-récompense pour s'imprégner des sommets du Parc national de la Gaspésie se trouve au poste d'observation du mont Ernest-Laforce, à 820 mètres d'altitude, au coeur du secteur McGerrigle. Bien entendu, atteindre le point culminant d'Ernest-Laforce ne procure pas le prestige de l'ascension des monts Albert (1154 m), Jacques-Cartier (1268 m) ou Xalibu (1140 m), mais cela vaut néanmoins le détour.

De la cime du mont Ernest-Laforce, le visiteur a probablement la meilleure vue d'ensemble des plus hautes montagnes québécoises et il est ainsi en mesure d'apprécier, à juste titre, l'un des slogans promotionnels du parc de la Gaspésie, «Une mer de montagnes». De fait, la pointe Est de la chaîne des Appalaches située dans le massif gaspésien compte 25 des 40 plus hauts sommets du Québec parmi les monts Chic-Chocs et McGerrigle.

Le panorama qu'offre le belvédère d'Ernest-Laforce permet de faire un tour complet sur cet horizon tout à fait singulier. L'observation du mont Albert y est particulièrement intéressante puisqu'on distingue nettement les sommets nord et sud et les immenses crevasses qui donnent à cette montagne ses caractéristiques propres. L'air pur des sommets et le vent qui fouette le visage rappellent clairement que le visiteur reste bien fragile devant les forces de la nature.

Les changements de végétation tout au long de la montée démontrent également la rigueur du climat en altitude. Selon les flancs des montagnes observées, le randonneur y reconnaîtra successivement des sapinières à bouleaux jaunes, à bouleaux blancs, à épinettes noires, et sur les sommets, une toundra alpine.

Le long de la boucle (4,5 km) du sentier qui mène au mont Ernest-Laforce, le visiteur constatera rapidement (en regardant où mettre les pieds) que les jeunes ramifications de bouleaux représentent un mets de prédilection pour l'élan d'Amérique. L'orignal et le cerf de Virginie abondent d'ailleurs dans le parc de la Gaspésie tandis qu'une colonie de caribous habite principalement le mont Jacques-Cartier.

Mais qui est donc Ernest Laforce? À quelques mètres du sommet, une plaque de bronze donne la réponse: «Nommé ainsi en hommage à J. Ernest Laforce (1879-1977), journaliste et colonisateur qui a collaboré, entre 1900 et 1940, à la fondation de plus de deux cents paroisses rurales. Animé de la foi qui transporte les montagnes, il a remué mer et monde pour établir les familles canadiennes-françaises à la campagne.»

Ernest Laforce s'établit à Causapscal, dans la vallée de la Matapédia, en 1900. Après avoir oeuvré comme colon, journaliste, correspondant parlementaire et agent du gouvernement fédéral, il devient sous-ministre de la colonisation lors du premier mandat du gouvernement de Maurice Duplessis, de 1936 à 1939. Il accède à la présidence de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal pour un mandat en 1935-36 et collabore à différentes revues, dont L'Action nationale.

Il finira ses jours à Montréal et s'éteindra à l'âge de 98 ans. Outre le mont Ernest-Laforce, un parc-coin-de-rue porte son nom à Montréal, à l'intersection de l'avenue Viger et de la rue Berri, dans l'arrondissement Ville-Marie.

Les caractéristiques de l'ascension du mont Ernest-Laforce: dénivelé moyen de 150 mètres ; sentier d'accès de quatre kilomètres et demi ; boucle d'environ deux heures pour aller et revenir du sommet, accessible de la mi-mai au début de novembre ; niveau de difficulté considéré comme intermédiaire et ne nécessitant aucun équipement particulier, sinon un coupe-vent pour la crête de la montagne.

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